Liberman: Des forces pro-Iran créent des « bases terroristes » dans le Golan
Rechercher

Liberman: Des forces pro-Iran créent des « bases terroristes » dans le Golan

Lors de sa visite à la frontière nord, le ministre de la Défense a prévenu que les troupes du régime Assad qui entrent dans la zone démilitarisée "mettent leur vie en danger"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, observe avec ses jumelles au sommet d'une colline surplombant la frontière syrienne, alors que le général de brigade Amit Fisher lui fait un exposé sur l'évolution de la situation dans la région, le 10 juillet 2018. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, observe avec ses jumelles au sommet d'une colline surplombant la frontière syrienne, alors que le général de brigade Amit Fisher lui fait un exposé sur l'évolution de la situation dans la région, le 10 juillet 2018. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré mardi qu’Israël a constaté des tentatives d’organisations terroristes soutenues par l’Iran pour établir des infrastructures dans le sud-ouest de la Syrie, sous le couvert de la nouvelle offensive du dictateur Bashar el-Assad contre deux provinces tenues par les rebelles dans la région.

« Nous observons les efforts des individus associés à l’axe [dirigé par l’Iran], avec la permission du régime, pour créer une infrastructure terroriste ici sur le plateau du Golan syrien », a déclaré M. Liberman lors de sa visite de la frontière avec la Syrie.

« Nous considérons que cela est inacceptable et nous agirons avec force contre toutes les infrastructures terroristes que nous voyons et identifions dans la région », a-t-il déclaré.

Liberman n’a pas précisé la nature de « l’infrastructure terroriste », mais a rappelé qu’Israël tenait également la Syrie pour responsable de la situation.

« Je ne veux pas en dire plus que ce que j’ai dit. Nous assistons à des préparatifs, à un effort des forces liées à l’axe [dirigé par l’Iran] pour mettre en place une infrastructure terroriste, et nous sommes déterminés à empêcher cela. Point final, a-t-il précisé. « Tout le monde en assumera la responsabilité, tout le monde en paiera le prix, y compris le régime. »

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman entend un compte rendu du chef du Commandement Nord de Tsahal, le général de division Yoel Strick, sur l’évolution de la situation dans le sud de la Syrie, le 10 juillet 2018. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Lors d’une brève conférence de presse après une visite à la frontière et des réunions avec les commandants régionaux de Tsahal, le ministre de la Défense a également mis en garde les forces d’Assad contre l’entrée dans la zone démilitarisée le long de la frontière avec Israël, indiquant que ceux qui le feraient seraient attaqués.

« Concernant l’entrée des forces syriennes dans la zone tampon – chaque soldat syrien qui se trouve dans la zone-tampon met sa vie en danger », a-t-il déclaré.

M. Liberman a ajouté qu’Israël était prêt à prendre des mesures non seulement contre les organisations terroristes, mais aussi contre le régime d’Assad, qui « est responsable et assumera cette responsabilité et paiera un lourd tribut pour avoir coopéré avec les membres de l’axe ».

Faire sortir l’Iran de Syrie

Israël a depuis longtemps déclaré qu’il ne permettra pas à l’Iran d’établir une présence militaire permanente en Syrie et est prêt à prendre des mesures militaires pour empêcher cela.

Militairement, Israël a tenté de contrer le prétendu retranchement iranien par des frappes aériennes et d’autres interventions. Sur le plan diplomatique, Jérusalem a tenté de faire partir la République islamique de Syrie en faisant appel aux deux principaux intermédiaires de la région : La Russie et les États-Unis.

Bien que la Russie ne semble pas avoir accepté la demande d’Israël de chasser complètement l’Iran de Syrie, elle a accepté de contraindre les forces et les mandataires de la République islamique de quitter les zones les plus proches de la frontière avec Israël. Selon certains rapports, les forces pro-iraniennes seraient tenues de rester à 40 kilomètres de la frontière ; d’autres indiquent que la distance serait fixée à 80 kilomètres.

Mardi, Liberman a réaffirmé l’opposition d’Israël à toute présence militaire iranienne en Syrie.

« Le fait même de la présence iranienne en Syrie est, à notre avis, inacceptable. Nous ne sommes pas prêts à accepter la présence iranienne dans aucune partie de la Syrie et, comme je suis sûr que vous l’avez entendu plus d’une fois, nous agirons contre la présence iranienne en Syrie », a-t-il précisé.

« En ce qui concerne un retrait à 40 ou 80 kilomètres, cela ne fait aucune différence. En conséquence, dès que nous constatons une présence iranienne, nous agissons, et c’est ainsi que cela va continuer », a ajouté M. Liberman.

La Tiyas, ou T-4, une base aérienne, à proximité de la ville syrienne de Palmyre, qu’Israël prétend être utilisée par l’Iran et sa Force al-Qods (Capture d’écran / Wikimapia)

Dimanche soir, les médias syriens ont rapporté qu’Israël avait lancé une attaque aérienne sur la base aérienne T-4 en Syrie centrale. L’armée israélienne n’a pas voulu confirmer la frappe, s’en tenant à sa politique générale de ne pas commenter les opérations présumées à l’étranger.

Les responsables de la défense israélienne ont déclaré que la base T-4, également connue sous le nom de base aérienne de Tiyas, est utilisée par les forces iraniennes en Syrie. L’armée israélienne a effectué des frappes aériennes sur l’installation, qui est située entre les villes de Homs et Palmyra, à plusieurs reprises, notamment le 10 février en réponse à un drone qui, selon Israël, a été lancé dans l’espace aérien israélien à partir de la base.

Les conséquences de l’offensive d’Assad

Le 19 juin, l’armée d’Assad, aidée par l’armée russe et les milices chiites soutenues par l’Iran, a lancé une nouvelle offensive contre deux provinces du sud de la Syrie, Deraa et Qouneitra, qui a fait plus de 150 morts et déplacé plus de 300 000 civils, selon les estimations locales et les chiffres des Nations Unies.

Près de 200 000 personnes déplacées ont fui vers la frontière israélienne, s’installant dans des camps qui manquent de tentes, de nourriture et de commodités de base. Des dizaines de milliers d’autres ont afflué vers la frontière jordanienne.

Des Syriens conduisent un véhicule transportant leurs effets personnels alors qu’ils rentrent chez eux dans les villes et villages situés à la périphérie est de Daraa, le 7 juillet 2018. (AFP Photo/Mohamad Abazeed)

Israël et la Jordanie ont déclaré explicitement qu’ils ne laisseront pas entrer de réfugiés dans leur pays.

Liberman a réitéré cette position mardi, mais a ajouté qu’Israël était « prêt à fournir toute forme d’aide humanitaire ».

Dans le cadre d’un projet de l’armée connu sous le nom d’“Opération Bon Voisin”, Israël a fourni des tonnes de nourriture, de lait en poudre, d’équipement médical, de carburant, de vêtements et de tentes au sud de la Syrie depuis le début de l’offensive d’Assad.

Des tracteurs chargent de l’aide humanitaire provenant de l’armée israélienne qui sera envoyée aux réfugiés syriens dans les campements en tente dans le sud-ouest de la Syrie, le 28 juin 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Le ministre de la Défense a déclaré qu’il espérait que cette action se poursuivrait même si Assad se battait contre le contrôle du sud-ouest du pays par les forces rebelles, comme il est censé le faire.

Liberman a ajouté qu’Israël ne rejetait pas d’emblée la possibilité d’une certaine normalisation avec le régime d’Assad sous la forme de l’ouverture du point de passage de Quneitra entre les deux pays.

« Je crois que nous en sommes loin, mais je ne rejette rien », a-t-il précisé.

Pression sur le Hamas

En ce qui concerne le sud, le ministre de la Défense a également évoqué la décision prise lundi de fermer le point de passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, excepté pour les convois d’aide humanitaire, en réponse à un flot quasi continu de cerfs-volants et ballons incendiaires et explosifs qui ont été envoyés en Israël depuis trois mois et demi depuis l’enclave côtière. Ces engins incendiaires ont brûlé des milliers d’hectares de terre dans le sud d’Israël et ont causé des millions de shekels de dégâts.

Illustration. Les agents du ministère de la Défense surveillent le transfert de fournitures et de marchandises dans la bande de Gaza par le point de passage de Kerem Shalom le 19 juillet 2014. (Armée israélienne)

Lorsque la mesure a été annoncée, M. Liberman a déclaré qu’elle visait à faire pression sur l’organisation terroriste Hamas au pouvoir à Gaza pour forcer les Palestiniens à cesser d’envoyer des cerfs-volants et des ballons en Israël. Lorsqu’on lui a demandé si la fermeture avait déjà donné des résultats, le ministre de la Défense a répondu qu’il était trop tôt pour le dire.

« Cette décision a été prise hier, et elle n’est mise en œuvre qu’aujourd’hui. J’espère que le message sera reçu par les dirigeants du Hamas et que nous verrons la fin immédiate des tentatives d’incendie criminel, des ballons et des autres provocations que nous avons connues, et pas seulement au cours des trois derniers mois », a-t-il conclu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...