Liberman : le Hamas utilise la crise de l’électricité pour détourner l’attention de ses échecs
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Liberman : le Hamas utilise la crise de l’électricité pour détourner l’attention de ses échecs

Le ministre de la Défense a expliqué qu'Israël n'était pas “partie prenante” dans la querelle avec l'AP sur l'approvisionnement en électricité, affirmant que les 10 années de gouvernance du Hamas dans la bande ont été “une décennie de souffrance”

Avigdor Liberman, ministre de la Défense et président du parti Yisrael Beytenu, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 20 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Avigdor Liberman, ministre de la Défense et président du parti Yisrael Beytenu, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 20 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a expliqué jeudi que la crise en cours sur l’approvisionnement électrique de la bande de Gaza pouvait être résolue, et que les dirigeants de l’enclave palestinienne du Hamas utilisaient la situation pour détourner l’attention des Gazaouis de leurs échecs de gouvernance.

Il a aussi indiqué que si les groupes terroristes de la bande acceptaient un désarmement, Israël aiderait à réhabiliter Gaza après une décennie de domination du Hamas et trois guerres depuis 2008.

Dans une interview accordée au site arabophone Al-Monsk, dirigé par l’administration civile du ministère de la Défense, le ministre a déclaré qu’Israël n’était pas « partie prenante » dans la prise de bec entre le Hamas et l’Autorité palestinienne (AP) du président Mahmoud Abbas, qui ne cesse de s’aggraver. Abbas a récemment demandé à l’Etat juif de réduire sa fourniture en électricité à Gaza, ostensiblement en raison de factures impayées.

Abbas cherche également à faire plus pression sur le Hamas, son adversaire radical, qui a pris le contrôle de Gaza lors d’un coup d’état sanglant, arrachant la zone aux loyalistes de l’AP lors d’un conflit qui suivi des élections parlementaires remportées de manière éclatante par le mouvement terroriste islamiste l’année précédente.

Le cabinet de sécurité israélien a décidé dimanche soir qu’il accéderait à la requête et réduirait de 45 à 60 minutes son temps quotidien d’approvisionnement électrique sur demande d’Abbas. Les habitants de Gaza reçoivent actuellement seulement trois à quatre heures d’électricité par jour, livrée par la propre centrale du territoire et d’autres en Israël et en Egypte.

Liberman a dit jeudi qu’Israël était « un simple fournisseur d’électricité et que le pays est prêt à fournir de l’électricité » si les Palestiniens règlent leurs factures. « C’est une crise palestinienne [interne]. Ceux qui doivent payer l’électricité, ce sont les leaders du Hamas, de l’Autorité palestinienne – nous ne sommes en aucun cas partie prenante dans cette affaire », a-t-il ajouté.

Il a aussi âprement critiqué la gouvernance du Hamas au sein de l’enclave palestinienne, la décrivant comme « une décennie de souffrance » et accusant le groupe terroriste de prélever environ 100 millions de shekels en impôts mensuels aux Gazaouis, et de les utiliser pour « construire son infrastructure terroriste, des tunnels et des roquettes », au lieu de les investir dans l’éducation et dans les soins médicaux.

Il a vivement recommandé aux résidents de Gaza de regarder la situation dans la Cisjordanie dirigée par l’AP et de comparer leurs conditions de vie.

Des partisans gazaouis du Hamas pendant une manifestation contre le président de l'Autorité palestinienne Mahmmud Abbas, au centre, et son Premier ministre Rami Hamdallah à Khan Yunis, le 14 avril 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Des partisans gazaouis du Hamas pendant une manifestation contre le président de l’Autorité palestinienne Mahmmud Abbas, au centre, et son Premier ministre Rami Hamdallah à Khan Yunis, le 14 avril 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Liberman a aussi accusé le Hamas d’utiliser la crise de l’approvisionnement en électricité pour orienter la « rage » des habitants de Gaza vers une autre cible.

Le Hamas « tente de détourner l’attention de ses échecs et de la rediriger vers Israël », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Israël est prêt à construire « des zones industrielles, à créer des emplois et à être partenaire dans la création de centrales électriques. Mais la condition de base reste le désarmement. »

« S’il y a désarmement, alors il y aura réhabilitation », a-t-il ajouté.

Au début de la semaine, Liberman a bloqué une initiative prise par le cabinet pour construire une île artificielle au large de Gaza, qui permettrait l’afflux des produits dans le territoire.

Cette île qui, selon la proposition, s’étendrait sur 534 hectares pour un coût d’environ cinq milliards de dollars, inclurait des infrastructures qui fourniraient à Gaza les services essentiels qui lui manquent actuellement – des usines de désalinisation pour l’eau potable et une centrale électrique, un port de marchandises et une zone de stockage de conteneurs. Le ministre des Transports, Yisrael Katz, avait affirmé que ce projet aiderait l’économie palestinienne à s’ouvrir au monde extérieur, ajoutant qu’un pont connecterait l’île à Gaza, une portion faisant office de pont tournant et qu’un aéroport pourrait également avoir été envisagé dans un deuxième temps.

Des responsables informés du déroulement de la réunion du cabinet de dimanche ont indiqué que de nombreux ministres avaient fait part de leur soutien au projet lancé par Katz, qui cherche à faciliter la situation dans l’enclave tout en maintenant un contrôle pour assurer la sécurité du pays.

Ainsi, un point essentiel pour Katz est qu’est Israël assurerait le contrôle de la sécurité autour de l’île et dans le port, alors que les menaces de roquettes et de tunnels qui pourraient être utilisés pour commettre des attentats depuis Gaza restent une inquiétude majeure. Sur l’île elle-même, Katz envisage la présence d’une force de police internationale.

Des sources informées ont indiqué que le ministre de l’Education Naftali Bennett, la ministre de la Justice Ayelet Shaked, le ministre des Finances Moshe Kahlon, le ministre de l’Energie Yuval Steinitz et le ministre du Logement Yoav Galant avaient soutenu la proposition.

Toutefois, Liberman a fait part de son opposition pour des raisons sécuritaires, affirmant qu’il ne pensait pas que le transfert des produits via l’île pourrait être contrôlé correctement pour garantir qu’aucune arme ne pénètre à Gaza. Il aurait également indiqué que la réhabilitation de Gaza pourrait s’effectuer en parallèle de sa démilitarisation.

Aucune décision n’a été prise lors de la réunion du cabinet.

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