Liberman ne siégera pas dans un gouvernement religieux ou trop de gauche
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Liberman ne siégera pas dans un gouvernement religieux ou trop de gauche

Le dirigeant de Yisrael Beytenu n'a pas exclu qu'il recommanderait Netanyahu ou Gantz au poste de Premier ministre après les élections

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Flash90)
Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Flash90)

Le numéro un de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a fait savoir jeudi qu’il forcerait une coalition entre le Likud et Kakhol lavan à l’issue du scrutin de septembre, ajoutant qu’il ne siégerait pas dans un gouvernement religieux ou exclusivement de gauche.

Interrogé par la radio de l’armée, Avidgor Liberman a déclaré que son objectif était de créer un « gouvernement stable, vaste qui sera en mesure de fonctionner pendant quatre ans. Pour l’instant, nous ne participerons qu’à un gouvernement élargi, composé des deux plus grands partis et de Yisrael Beytenu ».

Il a indiqué que sa position allait à l’encontre de celle de Benny Gantz, n°1 de Kakhol lavan, et du Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

« Il est clair que Gantz comme Netanyahu préfèrent un gouvernement étroit avec les ultra-orthodoxes. Tout ce que j’ai vu le mois dernier — la flatterie des ultra-orthodoxes par Gantz et ses collègues — indique la direction qu’ils souhaitent suivre. Je pense qu’un tel gouvernement n’est pas adapté aux besoins actuels d’Israël, alors j’espère que nous aurons suffisamment de voix aux élections pour imposer cela. »

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman (à gauche) s’entretient avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la session de l’assemblée plénière du Parlement israélien, alors que la Knesset vote sur la loi de gouvernance, qui, entre autres, relève le seuil électoral. 11 mars 2014. (Miriam Alster/FLASH90)

Liberman n’a pas souhaité préciser quel chef de parti il préférait voir diriger le gouvernement. « Je n’exclus personne, ni Gantz ni Netanyahu ».

« Si [Netanyahu] est candidat à la fonction de Premier ministre, je le soutiendrais s’il obtient le plus de voix », a indiqué Liberman. « Avant que nous recommandions [une personne comme Premier ministre], nous exigeons que les deux partis s’engagent à former un gouvernement élargi. »

Samedi, le député russophone a fait savoir qu’après les prochaines élections, il imposerait une coalition « d’urgence » avec les partis Likud et Kakhol lavan pour empêcher les partis ultra-orthodoxes d’accéder au pouvoir.

« Nous imposerons un gouvernement avec les partis Likud et Kakhol lavan – ce sera un gouvernement d’urgence, un gouvernement libéral-national. Nous ferons tout pour bloquer les ultra-orthodoxes, pour ne pas les laisser entrer au gouvernement », a-t-il ainsi déclaré à la Treizième chaîne.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Benny Gantz avec l’ancien ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, lors d’un meeting de la Knesset en 2013. (Crédit : FLASH90)

Liberman, qui a pu utiliser les cinq sièges obtenus par son parti aux élections d’avril pour empêcher le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former une coalition après le scrutin, vise à redevenir un faiseur ou un briseur de rois après les élections de septembre. Son appel en faveur d’un gouvernement d’urgence impliquant à la fois le Likud et Kakhol lavan équivaut à revendiquer un gouvernement sans Netanyahu – bien qu’il ne l’a pas précisé dans l’interview de samedi – puisque Kakhol lavan, sous la direction de Benny Gantz, a déclaré qu’il ne siégerait pas dans une coalition avec le chef du Likud, qui risque une mise en examen dans trois affaires pénales.

La Knesset a voté sa dissolution et convoqué de nouvelles élections pour le 17 septembre, après que Netanyahu ne soit pas parvenu à un compromis entre Yisrael Beytenu, parti laïc de droite, et les ultra-orthodoxes dans la foulée des élections du 9 avril. Netanyahu n’a donc pas été en mesure de former une coalition majoritaire.

Des premiers sondages ont suggéré que Liberman pourrait sortir renforcé de l’impasse gouvernementale, et porter les cinq sièges de son parti à la Knesset à huit ou neuf aux élections de septembre.

Liberman avait déclaré à plusieurs reprises qu’il soutenait Netanyahu comme Premier ministre, mais ne rejoindrait le gouvernement que s’il s’engageait à adopter, sans modification, la version du ministère de la Défense d’un projet de loi réglementant l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée. Cette version du projet de loi se heurte à l’opposition des partis ultra-orthodoxes, qui veulent en assouplir les termes.

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