Liberman, niant un accord avec Gantz, sera « dans l’opposition ou la coalition »
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Liberman, niant un accord avec Gantz, sera « dans l’opposition ou la coalition »

Le chef de Yisrael Beytenu dit qu'il ne parlera ni au leader de Kakhol lavan ni à Netanyahu avant de rencontrer Rivlin

Photo composite du leader de Kakhol lavan Benny Gantz, à droite, au bureau de vote de   Rosh Haayin, le 17 septembre 21019, et du leader de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, à gauche, au kibboutz Nahal Oz, le 12 septembre 2019 (Crédit : Jack Guez/Menahem Kahana, AFP)
Photo composite du leader de Kakhol lavan Benny Gantz, à droite, au bureau de vote de Rosh Haayin, le 17 septembre 21019, et du leader de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, à gauche, au kibboutz Nahal Oz, le 12 septembre 2019 (Crédit : Jack Guez/Menahem Kahana, AFP)

Le chef de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a nié vendredi avoir passé un accord avec le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, disant que son parti serait satisfait d’intégrer la coalition comme l’opposition.

Evoquant une information transmise par la Treizième chaîne qui avait clamé que Gantz ferait entrer Yisrael Beytenu dans toute coalition qu’il serait amené à former, Liberman a écrit sur Facebook qu’un tel accord « n’existe pas », ajoutant que « nous serons bien, que nous siégions dans la coalition ou dans l’opposition ».

Liberman a également déclaré qu’il n’avait parlé ni au Premier ministre Benjamin Netanyahu ni à Gantz, et qu’il n’avait pas l’intention de le faire avant d’avoir rencontré, dimanche, le président Reuven Rivlin, auquel il dira qui il a choisi de recommander pour la mise en place d’un gouvernement.

Liberman a également indiqué qu’Ayman Odeh, leader de l’alliance des partis arabes, devait attribuer à Netanyahu le succès remporté par sa formation, disant en plaisantant que le député arabe devrait lui envoyer un bouquet de fleurs, avant le début du Shabbat juif, en signe de gratitude.

Liberman a estimé que l’essor de la Liste arabe unie à la Knesset – elle a gagné 13 sièges en totalité – résultait de la tactique d’épouvantail utilisée par Netanyahu et de la fureur qui avait suivi l’idée de placer des caméras hors et à l’intérieur des bureaux de vote.

La participation électorale parmi les Arabes israéliens s’est élevée de manière significative mardi, en comparaison avec les dernières élections nationales du 9 avril. Le député de la Liste arabe unie Ahmed Tibi a également attribué mercredi la participation plus forte que d’habitude aux tentatives livrées par le Premier ministre de supprimer le vote minoritaire et de diaboliser la communauté.

Le leader de Yisrael Beytenu a conclu son message en disant qu’il se réjouissait de la récente baisse des injures de la part des formations ultra-orthodoxes, notant qu’il n’était plus qualifié de « Hitler » par les leaders religieux.

Liberman n’a néanmoins montré aucun signe de faiblesse concernant ses positionnements fermement laïcs sur les questions de religion et d’Etat, disant que « nous avons atteint un carrefour qui exige une décision entre les deux approches. Pas un compromis, mais une décision ».

Jeudi, des informations avaient indiqué que Liberman avait expliqué à ses conseillers qu’il se préparait à recommander Gantz plutôt que Netanyahu au poste de prochain Premier ministre.

Les propos de Liberman, qui ont été tenus à huis-clos, selon un reportage de la Douzième chaîne qui n’a pas fait savoir quelle était l’origine de ses sources, accroîtraient significativement les chances de Gantz qui cherche l’appui de Rivlin pour former un nouveau gouvernement et déchoir Netanyahu.

Le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’une cérémonie de commémoration de feu le président Shimon Peres au mont Herzl de Jérusalem, le 19 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette information a toutefois été démentie par le législateur d’Yisrael Beytenu Yevgeni Suba jeudi dans la soirée.

« Nous ne recommandons personne à ce stade – ni Gantz, ni Netanyahu », a-t-il clamé, notant que Gantz n’avait pas exclus de siéger dans une coalition qui comprendrait les ultra-orthodoxes – un fait qui, selon Suba, est absolument essentiel pour Liberman.

Selon les résultats électoraux presque définitifs, c’est Liberman qui a la clé de la formation du nouveau gouvernement suite à une impasse politique entre le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan.

Liberman a juré de faire avancer un gouvernement d’unité « libéral, nationaliste et large » constitué du Likud et de Kakhol lavan et son soutien pour Gantz pourrait avoir un poids supplémentaire auprès de Rivlin lors des consultations de ce dernier avec les chefs des partis concernant la personnalité qu’il chargera de constituer un gouvernement.

Le soutien de Liberman pourrait donner à Gantz les mandats nécessaires pour former un gouvernement minoritaire comprenant Kakhol lavan, Yisrael Beytenu, le parti Travailliste-Gesher et le Camp démocratique, avec le soutien de la majorité à la Knesset basé sur le soutien tacite, depuis l’extérieur de la coalition, de la Liste arabe unie. Mais Liberman pourrait ne pas être prêt à rejoindre une coalition sur cette base.

Le président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a voté le 17 septembre 2019. (Crédit : autorisation d’Yisrael Beytenu)

Yisrael Beytenu se réunira dimanche pour une réunion de faction afin de décider des prochaines étapes à suivre.

Jeudi dans la journée, les leaders de tous les partis du bloc religieux de droite ont signé un document jurant de recommander Netanyahu au poste de prochain Premier ministre et d’entrer dans une coalition sous une seule unité.

Le Premier ministre a alors appelé Gantz à rejoindre un gouvernement incluant ces partis, le pressant d’abandonner sa demande d’un gouvernement d’unité « laïc » avec le Likud.

Gantz et les autres responsables de Kakhol lavan ont rejeté cette offre, insistant sur le fait que Gantz devait être Premier ministre dans la prochaine coalition et non Netanyahu, et que cette coalition devrait s’engager à émettre des politiques libérales sur les questions religieuses.

Liberman a appelé de manière répétée à la formation d’un gouvernement d’unité qui ne comprendrait que le Likud, Kakhol lavan et son propre parti. Après les élections de cette semaine, Liberman a dit à Netanyahu et à Gantz de ne pas entrer en contact pour demander son soutien s’ils ne prévoyaient pas de former un tel gouvernement.

Dans un publication diffusée jeudi sur Facebook, Liberman a âprement critiqué Netanyahu, l’accusant de « tromper » l’opinion publique en proposant un gouvernement d’unité, mais en le conditionnant à l’inclusion des formations ultra-orthodoxes et de la droite religieuse.

« Alors que les résultats commencent à se clarifier, Netanyahu travaille à plein temps sur son nouveau tour qui, par magie, entraînera Israël vers de nouvelles élections dans l’espoir d’obtenir une majorité de 61 sièges pour son gouvernement rêvé », a dit Liberman. « Former un ‘bloc halakhique’ de 55-56 députés du Likud, des partis haredi et messianiques et appeler Banny Gantz à rejoindre un gouvernement d’unité avec ce bloc n’est rien d’autre qu’un mensonge et une mauvaise représentation ayant pour objectif de poser les fondations pour un troisième scrutin ».

« Netanyahu, qui refuse d’accepter la décision du public et d’admettre sa défaite, se raccroche aux branches pour tenter de créer l’impression que le Likud a prétendument gagné les élections et appelé à un gouvernement d’unité et que ce sont Gantz et Liberman qui ont empêché ça. En réalité, il continue à tenter de persuader les députés des autres formations de le rejoindre, lui et le bloc ‘halakhique’ qu’il a formé », a-t-il continué.

« Je recommande une fois encore au Premier ministre de mettre un terme aux jeux, ruses et coups politiques. Asseyons-nous – vous, moi et Gantz – et formons un large gouvernement d’unité pour l’avenir d’Israël ».

Alors que presque tous les votes ont été comptés, le bloc orthodoxe/de droite dirigé par Netanyahu a remporté 55 sièges, le bloc centriste/de gauche dirigé par Gantz en a gagné 44 et Yisrael Beytenu se retrouve en position d’arbitrage avec huit sièges. La Liste arabe unie, qui n’a pas fait savoir si elle soutiendrait activement Gantz, a engrangé 13 fauteuils.

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