Liberman rouvrirait Kerem Shalom ; 4 ballons incendiaires atterrissent en Israël
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Liberman rouvrirait Kerem Shalom ; 4 ballons incendiaires atterrissent en Israël

Le ministre de la Défense a rencontré des responsables pour discuter de la possibilité de lever les restrictions vers Gaza et d'agrandir la zone de pêche si le calme persiste

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un ballon suspect dans la cour d'une maison de la ville de Sderot le 24 juin 2018. (Police d'Israël)
Un ballon suspect dans la cour d'une maison de la ville de Sderot le 24 juin 2018. (Police d'Israël)

Quatre ballons incendiaires lancés depuis la bande de Gaza ont atterri aux abords d’une communauté du sud d’Israël mardi, alors que des responsables de la Défense doivent décider s’ils assouplissent les restrictions appliquées sur l’enclave côtière après une accalmie de quelques jours.

Israël rouvrira totalement mercredi le seul terminal de transit des marchandises vers la bande de Gaza, fermé à divers degrés depuis le 9 juillet, si le calme persiste, a indiqué mardi le ministre de la Défense.

« Il a été décidé que si le calme régnant à la frontière avec Gaza est maintenu jusqu’à demain (mercredi) matin, le terminal de Kerem Shalom rouvrira à 09H00 (06H00 GMT) » et la zone de pêche au large de Gaza sera de nouveau étendue après avoir été restreinte, a déclaré Avigdor Lieberman dans un communiqué.

Selon un porte-parole du gouvernement local, les quatre ballons étaient lestés de dispositifs incendiaires, mais n’ont pas déclenché de feux à leur arrivée en dehors du kibboutz Erez, dans la région de Shaar HaNeguev.

La tentative d’incendie survient alors que le ministre de la Défense Avigdor Liberman a rencontré des responsables de la sécurité pour discuter de la réouverture du point de passage de Kerem Shalom vers Gaza, d’agrandir la zone de pêche autorisée, entre autres démarches, à la lumière de la diminution récente des violences à Gaza, selon un responsable lundi soir.

Sous couvert d’anonymat, il a expliqué que la levée de ces restrictions dépendait de la fin des attaques incendiaires le long de la frontière sud d’Israël, et de la fin des affrontements transfrontaliers. Près de 2 800 hectares de terres ont été calcinés par les cerfs-volants et les ballons incendiaires, causant des dégâts évalués à plusieurs millions de shekels, selon les autorités israéliennes.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, au centre, s’entretient avec le chef de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, à droite, et d’autres officiers supérieurs lors d’une visite à la division de Gaza le 13 août 2018 (Shahar Levi / ministère de la Défense)

Pour le moment, on ne sait pas si ces dernières attaques incendiaires auraient un impact sur la décision que doit prendre Liberman. Le bureau du ministre n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

Israël a fermé le point de passage de Kerem Shalom le 9 juillet et n’autorisait que les livraisons de nourriture et d’équipement médical, après des semaines de violences à la frontière. L’importation de fioul et de carburant vers la bande de Gaza a été ponctuellement autorisée, en fonction de l’intensité des attaques menées depuis la bande de Gaza.

Cette semaine, les autorités israéliennes ont noté une baisse significative des attaques incendiaires depuis l’enclave.

Dimanche soir, un porte-parole des sapeurs-pompiers israéliens a déclaré que la journée de dimanche était la première journée en plusieurs mois sans feux causés par des ballons incendiaires lancés depuis Gaza en direction des communautés israéliens situés aux abords de l’enclave côtière.

Cependant, il a semblé plus tard qu’au moins un feu a été causé par des dispositifs incendiaires.

Les sapeurs pompiers ont fait savoir qu’un incendie s’est déclenché lundi en territoire israélien, causé par un ballon incendiaire. Cependant, une source proche des services de sécurité a contesté le fait que le feu soit intentionnel.

Les hauts-responsables israéliens insistent sur le fait que le pays n’a pas conclu le cessez-le-feu annoncé jeudi soir par le Hamas, et qui est entré en vigueur à minuit. Le Hamas, un groupe terroriste palestinien qui cherche à détruire Israël, affirme que cet accord a été négocié par l’Egypte, entre autres acteurs régionaux.

Des hommes israéliens se tiennent à côté d’une voiture qui a été endommagée après qu’une roquette tirée par des terroristes de la bande de Gaza soit tombée dans la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, le 9 août 2018. (AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Cette apparente trêve est survenue après deux jours de violences. Il s’agissait du plus important échange de tirs entre Israël et le groupe terroriste de Gaza depuis l’Opération Bordure protectrice en 2014. Le Hamas a tiré plus de 150 roquettes et obus de mortiers en direction du territoire israélien, et l’armée israélienne a riposté avec plus ou moins autant de frappes aériennes sur des postes du Hamas à Gaza.

De hauts responsables israéliens ont déclaré que « le calme sera accueilli par le calme », ​​ce qui implique que le pays ne cherche pas à intensifier la violence, mais qu’il ne s’est pas engagé ouvertement à mettre fin aux hostilités. Au lieu de cela, les responsables militaires espèrent que le groupe terroriste aura compris les dommages qu’Israël peut causer à ses infrastructures.

En dépit de l’apparente trêve dans les tirs de roquettes, la violence s’est poursuivie à la frontière et des tanks israéliens ont frappé deux postes du Hamas dans la bande de Gaza vendredi après qu’une grenade a été lancée en direction des troupes, pendant de multiples émeutes simultanées, à plusieurs endroits le long de la frontières.

Un Palestinien utilise un lance-pierres lors d’affrontements le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, dans la ville de Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 10 août 2018. (AFP Photo / Said Khatib)

Près de 9 000 Palestiniens ont pris part vendredi aux émeutes frontalières hebdomadaires. Certains émeutiers se sont approché de la barrière de sécurité et lancé des bombes artisanales, des cocktails Molotov et des pierres en direction des soldats israéliens. Ils ont brûlé des pneus pour créer des écrans de fumée. Plusieurs personnes ont tenté de s’infiltrer à travers la clôture.

Le ministère de la Santé à Gaza a déclaré que trois Palestiniens ont été tués durant les violences de vendredi.

Depuis le mois de mars, des émeutes quasi-hebdomadaires se déroulent le long de la frontière entre Israël et Gaza, orchestrées par les dirigeants du Hamas. Elles ont conduit à une escalade impliquant des tirs de roquettes sur Israël et des frappes aériennes en représailles.

Les affrontements hebdomadaires à la frontières ont exposé les forces de sécurité israéliennes à des tirs, des grenades, des cocktails Molotov, et des tentatives d’infiltration, dont certaines ont été déjouées. Le mois dernier, un soldat israélien a été tué par un sniper. Selon le ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas, plus de 150 Palestiniens ont été tués dans ces violences. Le Hamas a admis que plusieurs dizaines de ses membres figuraient parmi les victimes.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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