Liberman s’attend à un week-end calme à Gaza
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Liberman s’attend à un week-end calme à Gaza

Le ministre de la Défense israélien a appelé le Hamas au calme avant qu'Israël n'accepte de réviser les mesures prises dans l'enclave côtière

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'adresse aux habitants de la périphérie de Gaza au kibboutz Kerem Shalom, le 26 octobre 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/ ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'adresse aux habitants de la périphérie de Gaza au kibboutz Kerem Shalom, le 26 octobre 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/ ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a expliqué vendredi qu’il avait « l’espoir » que la bande de Gaza reste calme au cours du prochain week-end, sans affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens, suite à des semaines de tensions accrues et à deux flambées de violence qui ont menacé de faire éclater une guerre entre Israël et le groupe terroriste du Hamas.

« J’ai l’espoir et je m’attends à ce que ce vendredi se passe plus calmement – c’est ce que nous devons espérer », a dit le ministre de la Défense.

Liberman a tenu ces propos au kibboutz Kerem Shalom, à proximité de la frontière avec Gaza, où il a rencontré les chefs des gouvernements locaux pour évoquer la situation sécuritaire actuellement tendue dans l’enclave.

Le ministre de la Défense a aussi brièvement évoqué la crise diplomatique en cours entre Israël et la Jordanie, qui a annoncé qu’Amman ne renouvellerait pas la location d’un périmètre de territoire le long de la frontière placé sous son contrôle mais qu’elle permettait à Israël d’exploiter.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’adresse aux habitants de la périphérie de Gaza au kibboutz Kerem Shalom, le 26 octobre 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/ Defense Ministry)

Liberman a minimisé la gravité de la crise, disant que la Jordanie se conformait encore au traité de paix passé en 1994 avec Israël.

« Nous parlerons avec eux. Nous devons parler avec eux, nous devons négocier mais je ne constate aucun changement dans notre relation avec les Jordaniens à l’heure actuelle », a-t-il dit.

La fin des affrontements à Gaza ?

Les importantes émeutes et les affrontements d’ampleur hebdomadaires entre les Palestiniens et les soldats israéliens sont devenus une habitude le long de la clôture de sécurité de la bande depuis le 30 mars dans le cadre d’une initiative mise en oeuvre par le Hamas et connue sous le nom de « marche du retour ».

Ce mouvement de protestation a lieu tous les vendredis. Des fumées massives et épaisses sont régulièrement envoyées sur les communautés israéliennes avoisinantes, c’est le résultat des pneus brûlés par les Palestiniens le long de la frontière. Les manifestants lancent également des dispositifs incendiaires transportés par des ballons vers le territoire pour y mettre le feu.

Les forces de sécurité israéliennes inspectent un bâtiment qui a été touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza dans la ville de Beer Sheva dans le sud d’Israël, le 17 octobre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis le 30 mars, de larges échauffourées ont également éclaté. La semaine dernière, une roquette lancée depuis la bande de Gaza a touché une habitation dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, entraînant des dégâts significatifs mais pas de blessés, la famille qui y habitait ayant réussi à rejoindre à temps un abri antiaérien.

Ces dernières semaines, la situation le long de la frontière est devenue plus précaire, alors que des négociations indirectes entre Israël et le Hamas – par l’intermédiaire de l’Egypte et des Nations unies – ont atteint un tournant critique.

Israël a demandé la fin de toutes les violences – affrontements sur la frontière et attaques incendiaires quotidiennes qui ont abîmé de larges territoires dans le sud – en échange de certaines incitations économiques et d’un allègement du blocus de l’enclave côtière.

Le journal arabe Al-Hayat basé à Londres a fait savoir vendredi que l’ONU et l’Egypte avaient négocié un accord, sous les termes duquel les Palestiniens pourront continuer leurs manifestations hebdomadaires le long de la frontière avec Israël mais sans commettre d’actes de violences, comme les tentatives d’ouverture de brèches dans la frontière, le lancer de ballons incendiaires ou les jets d’explosifs sur les soldats israéliens stationnés dans la zone.

Des émeutiers palestiniens brandissent un drapeau près du littoral au nord de la bande de Gaza le 22 octobre 2018. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Selon les informations transmises, Israël aurait juré en retour d’élargir la zone maritime de pêche autorisée au large de la côte de Gaza, de permettre l’approvisionnement en carburant au sein de l’enclave côtière et d’augmenter les heures d’approvisionnement en électricité. L’Etat juif permettra également aux Nations unies de réaliser des projets d’infrastructures à Gaza.

Liberman a semblé confirmer qu’une partie de ces informations étaient correctes. Il n’en a néanmoins pas commenté tous les aspects.

« Hier et aujourd’hui, des camions de carburant qataris sont entrés dans Gaza mais un vendredi calme sur un week-end n’est pas un changement », a-t-il dit.

Le ministre de la Défense a réclamé un mois de calme à Gaza avant que des changements plus significatifs puissent avoir lieu.

« Afin de vraiment percevoir une tendance, nous devons attendre de voir ce qui va arriver jusqu’à la fin novembre et là, nous pourrons tirer des conclusions d’une manière ou d’une autre », a-t-il dit.

Liberman a expliqué que la capacité du groupe terroriste du Hamas, à la tête de Gaza, à contrôler les niveaux de violence le long de la clôture – comme cela a été observé la semaine dernière avec des rassemblements relativement calmes, après qu’une trêve a été trouvée à l’issue d’une flambée des tensions – est la preuve que ces manifestations ne sont pas une initiative populaire mais bien une tactique coordonnée.

Les soldats prennent position durant des affrontements avec les manifestants palestiniens de l’autre côté de la frontière de Gaza, le 19 octobre 2018 à Nahal Oz (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Il n’y a pas de ‘manifestation populaire’. Il y a plutôt une violence organisée qu’ils contrôlent », a dit le ministre de la Défense.

« Quand ils veulent élever le niveau de violence, ils l’élèvent. Quand ils veulent l’abaisser, ils l’abaissent. Personne ne vient à pied à la clôture, il y a des transports qui sont organisés par le Hamas », a-t-il commenté.

Environ 156 Palestiniens ont été tués et des milliers d’autres blessés lors d’affrontements avec les soldats de l’armée israélienne. Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a reconnu que des douzaines de morts appartenaient à ses rangs. Du côté israélien, un soldat a été tué par balles par un tireur isolé palestinien sur la frontière.

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