Liberté de la presse : RSF dénonce des “situations extrêmement graves“ en Amérique latine
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Liberté de la presse : RSF dénonce des “situations extrêmement graves“ en Amérique latine

La Turquie est la “plus grande prison du monde aujourd'hui pour les journalistes“, selon l'oNG qui a prévenu que la Chine tentait “d'imposer un nouvel ordre mondial des médias“

Christophe Deloire, à droite, directeur de Reporters Sans Frontières, avec le directeur pour l'Amérique latine de l'ONG, Emmanuel Colombié, pendant une conférence de presse à Bogota, le 1er septembre 2017. (Crédit : Raul Arboleda/AFP)
Christophe Deloire, à droite, directeur de Reporters Sans Frontières, avec le directeur pour l'Amérique latine de l'ONG, Emmanuel Colombié, pendant une conférence de presse à Bogota, le 1er septembre 2017. (Crédit : Raul Arboleda/AFP)

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé vendredi des « situations extrêmement graves » en Amérique latine, en particulier au Mexique, au Venezuela et en Colombie, sur fond de « dégradation rapide, profonde de la liberté de la presse » dans le monde.

« L’Amérique latine est un continent particulièrement affectée par les violences contre les journalistes », a déclaré à l’AFP Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, en marge d’une conférence de presse à Bogota à la veille d’une réunion des correspondants latino-américains de cette ONG basée à Paris et représentée dans 130 pays.

Il a dénoncé « des situations extrêmement graves dans des pays comme le Mexique » où plus de 100 journalistes ont été assassinés depuis 2000, et condamné les « violences institutionnelles, avec permis de tabasser les journalistes, érigées en politique d’Etat » par le régime du président Nicolas Maduro au Venezuela.

Concernant le Venezuela, Emmanuel Colombié, directeur du bureau de RSF pour l’Amérique latine, a cité « plus de 550 agressions quotidiennes contre les journalistes depuis le 1er avril », « 35 journalistes arrêtés » en couvrant des manifestations, et « plus de 50 chaines de télévision et de radio, nationales et internationales suspendues arbitrairement depuis le début de l’année ».

Il a souligné que la Colombie, qui a signé en novembre un accord de paix avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), avait progressé de cinq places au classement de la liberté de la presse établi par RSF, mais qu’elle reste seulement 129e sur 180 pays.

Rappelant qu’il y a eu 58 meurtres de journalistes entre 2000 et 2015, Deloire a dénoncé le fait qu’ « il y a encore des trous noirs de l’information, des journalistes qui sont menacés de manière extrêmement violente » dans de nombreuses régions. Il a en outre jugé « essentiel que les clauses des accords de paix qui portent sur les médias soient appliquées au plus vite » afin de garantir un plus grand pluralisme de l’information.

« Il y a à l’échelle mondiale une dégradation rapide, profonde de la liberté de la presse […] y compris dans des démocraties qui sont en train de basculer dans une répression très forte », a par ailleurs déclaré Christophe Deloire lors de la conférence de presse.

Il a notamment qualifié la Turquie de « plus grande prison du monde aujourd’hui pour les journalistes avec plus de 100 » d’entre eux en détention et en outre averti que la Chine « ne se contente pas de réprimer la liberté de la presse dans son pays […] mais essaie d’imposer un nouvel ordre mondial des médias. »

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