L’idée de rendre le Golan est dépassée
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Analyse

L’idée de rendre le Golan est dépassée

La guerre civile syrienne a changé les règles concernant la renonciation au plateau stratégique, et Israël y investit plus que jamais

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le gouvernement pendant la réunion hebdodmadaire du cabinet, qui a eu leu sur le plateau du Golan le 17 avril 2016. (Crédit : Effi Sharir/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le gouvernement pendant la réunion hebdodmadaire du cabinet, qui a eu leu sur le plateau du Golan le 17 avril 2016. (Crédit : Effi Sharir/Pool)

JERUSALEM (JTA) – Pendant les cinq années de la guerre civile syrienne, Israël s’est efforcé de rester neutre, ne soutenant ni le gouvernement du président Bashar el-Assad ni les rebelles, et certainement pas l’Etat islamique. Mais sur un sujet, les politiciens israéliens ont volontiers pris parti : Israël garde le plateau du Golan.

Face à des informations sur un appel international à Israël pour quitter le territoire dans le cadre d’un règlement de la crise syrienne, le gouvernement israélien s’est réuni dimanche sur le Golan. La réunion sans précédent avait pour but de démontrer que les 21 000 citoyens Israéliens du plateau, ainsi que ses 20 000 Druzes, n’allaient nulle part.

« Le plateau du Golan restera toujours entre les mains d’Israël », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion à Katzrin, la ville du Golan située à 180 kilomètres de Jérusalem. « Israël ne descendra jamais du plateau du Golan. »

Il n’y a pas si longtemps, le plateau, qu’Israël a conquis à la Syrie pendant la guerre des Six Jours de 1967, était encore négociable. Israël a annexé les bandes montagneuses de terrain au Nord-Est en 1981, une action que la communauté internationale n’a jamais reconnue. Mais jusqu’à ce que la guerre civile syrienne débute en 2011, les rumeurs de retour à la Syrie dans le cadre d’un accord de paix israélo-syrien étaient fréquentes.

Israël a déjà signé des traités avec l’Egypte en 1979 et avec la Jordanie en 1994. Alors qu’Israël et les Palestiniens se rapprochaient d’un accord final dans les années 1990, les Israéliens se demandaient si la paix avec la Syrie, leur dernier adversaire arabe important, était aussi dans l’air.

Le Premier ministre Yitzhak Rabin avait alors déclaré en 1994 pendant une réunion du gouvernement qu’il serait d’accord pour accepter un retrait par étapes du plateau du Golan en échange de la paix et d’une normalisation complète. Mais ces discussions, ainsi que les suivantes en 2000, et à nouveau en 2008, ne sont allées nulle part en raison des fossés persistants entre les positions des deux parties.

Comme avec les négociations palestiniennes, les Israéliens qui sont opposés au retrait du plateau ont mis en place une vigoureuse campagne de protestation publique, affirmant que le Golan était un atout stratégique essentiel qu’Israël ne pouvait pas céder. Pendant des années, des autocollants avec le slogan « la nation avec le Golan » ont inondé les voitures, les lampadaires et les lieux publics. En 2008, un sondage a montré que 59 % des Israéliens ne voulaient pas rendre le Golan, tandis que seulement 25 % acceptaient un retrait.

Alors que la guerre en Syrie n’a fait que se complexifier, les opposants au retrait du Golan affirment leur revendication. Certains à droite ont tracé un lien entre le retour du Golan et le retrait de Cisjordanie, les considérant tous deux comme également insensés.

S’exprimant en juin dernier pendant la conférence d’Herzliya, le premier rassemblement sécuritaire d’Israël, le président du parti pro-implantation HaBayit HaYehudi Naftali Bennett a appelé Israël à quintupler la population juive dans le Golan, pour atteindre les 100 000 personnes en cinq ans.

« A qui devrions-nous rendre le Golan, à Al-Nosra ? A Al-Qaïda ? », avait-il demandé pendant la conférence, faisant référence aux groupes terroristes actifs en Syrie. « Pourquoi ne reconnaissent-ils toujours pas le Golan ? Quel est leur raisonnement ? Si nous avions écouté le monde, nous aurions rendu le Golan, et l’Etat islamique se trouverait au lac de Tibériade. »

Alors qu’une hausse de la population semble improbable, le gouvernement d’Israël a voté dimanche l’allocation de financements supplémentaires au Golan pour y montrer sa continuité. D’ici 2018, Israël dépensera 2,3 millions de dollars en plus pour la culture, l’efficacité énergétique et la préservation de sites historiques dans la région.

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