L’Irak, riche en pétrole, ravagé par une succession de guerres
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L’Irak, riche en pétrole, ravagé par une succession de guerres

Le pays a organisé samedi ses premières élections législatives depuis la victoire sur le groupe jihadiste Etat islamique

Une photo prise le 17 aopût 2015 montre une vue générale de la ville de Sinjar, dans le nord de l'Irak, à l'ouest de Mossoul (Crédit : SAFIN HAMED/AFP PHOTO)
Une photo prise le 17 aopût 2015 montre une vue générale de la ville de Sinjar, dans le nord de l'Irak, à l'ouest de Mossoul (Crédit : SAFIN HAMED/AFP PHOTO)

L’Irak, qui a organisé samedi ses premières élections législatives depuis la victoire sur le groupe jihadiste Etat islamique (EI), est un pays riche en pétrole mais ravagé depuis les années 1980 par des conflits à répétition.

Berceau des civilisations

L’ancienne Mésopotamie, plaine alluviale qui signifie « le pays entre les fleuves », le Tigre et l’Euphrate, est située pour l’essentiel en Irak actuel, et dans une moindre proportion en Syrie, en Turquie et au Koweït.

Elle est le berceau des civilisations de Sumer, d’Akkad, de Babylone et d’Assyrie, auxquelles l’humanité doit l’écriture, la loi écrite et les premières villes.

Les jardins suspendus de Babylone, capitale de l’ancienne Mésopotamie (4500 à 2500 avant l’ère commune), sont considérés comme l’une des sept merveilles du monde. La ville antique d’Ur, où naquit Abraham selon la Bible, est l’un des plus vieux sites archéologiques d’Irak.

Pétrole et reconstruction

L’Irak est le deuxième plus important producteur de l’Opep, avec 153 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole. Il tire 99 % de ses revenus du secteur pétrolier.

Mais près de huit millions d’Irakiens vivent avec moins de 2,2 dollars par jour, selon l’ONU.

Ravagé par les guerres, l’Irak estime avoir besoin de 88 milliards de dollars pour la reconstruction des maisons et infrastructures rendues hors d’usage. Mais il n’a récolté qu’un tiers de cette somme lors d’une récente conférence internationale.

Succession de guerres

Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, dans les années 1980. (Crédit : Domaine public/Wikimedia Commons)

Sous mandat britannique depuis 1920, l’Irak devient indépendant en 1932. La monarchie est abolie en 1958 lors d’un coup d’Etat militaire et la République instaurée.

Saddam Hussein, l’un des hommes forts depuis la prise du pouvoir par le parti Baas en 1968, s’empare officiellement en 1979 de la direction du pays.

Guerre avec l’Iran (1980-1988) puis guerre du Golfe (1991) menée par une coalition internationale après l’occupation du Koweït par l’Irak en 1990. En 2003, l’invasion par les Etats-Unis met fin au régime de Saddam Hussein.

Le pays, tout juste sorti de près d’un quart de siècle de dictature, va s’enfoncer dans la violence.

Les affrontements communautaires, principalement entre chiites et sunnites, puis les attaques jihadistes ont fait des dizaines de milliers de morts.

Pouvoir chiite

L’Irak est majoritairement chiite (60 %) avec une importante minorité sunnite (32-37 %). Selon les derniers chiffres officiels, il y a 38 millions d’habitants en Irak.

La Constitution accorde le pouvoir au Premier ministre, un poste qui revient de fait aux chiites, qui dominent les institutions politiques et militaires, chapeautées sous Saddam Hussein par la minorité sunnite.

Les Kurdes, majoritairement sunnites, représentent 15 à 20% de la population, vivant dans le Nord. Un référendum d’indépendance organisé en 2017 par les Kurdes s’est terminé en échec malgré la victoire du oui.

Des Kurdes irakiens libèrent des colombes durant une manifestation à l’aéroport d’Irbil, dans la capitale de la région autonome kurde en Irak, après que le gouvernement central a ordonné l’arrêt pour une période indéterminée de tous les vols étrangers vers et depuis le Kurdistan irakien, le 29 septembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Safin Hamed)

La communauté chrétienne d’Irak, jadis estimée à un million de personnes, ne compte plus que 350 000 membres.

Entre Iran et Arabie saoudite

L’Irak est frontalier des deux grandes puissances rivales du Moyen-Orient, le royaume saoudien sunnite et l’Iran chiite, ainsi que de la Turquie, de la Syrie, pays en guerre, du Koweït et de la Jordanie.

Les relations entre l’Irak et l’Iran se sont nettement améliorées depuis la chute de Saddam Hussein et l’émergence, à Bagdad, d’un gouvernement central dominé par la communauté chiite.

Téhéran a parrainé de nombreux groupes armés irakiens, dont un nombre important domine le Hachd al-Chaabi qui ont joué un rôle majeur dans l’offensive contre l’EI.

Depuis 2017, les relations entre Ryad et Bagdad se sont considérablement améliorées après une longue brouille.

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