Rechercher
Le Mossad mène une guerre de l’ombre

L’Iran aurait été touché par un virus informatique plus violent que Stuxnet

Selon un reportage israélien, des réseaux stratégiques ont été attaqués à Téhéran, quelques heures après qu'Israël a admis avoir informé le Danemark au sujet d’un complot iranien

Dans cette photo d'archives du 3 février 2007, un technicien iranien travaille à l'installation de conversion d'uranium située à l'extérieur de la ville d'Ispahan à 410 km au sud de Téhéran. (Crédit : AP Photo / Vahid Salemi, Fichier)
Dans cette photo d'archives du 3 février 2007, un technicien iranien travaille à l'installation de conversion d'uranium située à l'extérieur de la ville d'Ispahan à 410 km au sud de Téhéran. (Crédit : AP Photo / Vahid Salemi, Fichier)

Des infrastructures et des réseaux stratégiques iraniens ont été attaqués ces derniers jours par un virus informatique similaire à Stuxnet mais “plus violent, plus avancé et plus sophistiqué”. Les responsables israéliens refusent de discuter de leur rôle éventuel dans l’opération, selon un reportage de la télévision israélienne.

Cette information arrive quelques heures après qu’Israël a déclaré que son agence de renseignement a déjoué un complot d’assassinat iranien au Danemark, et deux jours après que l’Iran a reconnu que le téléphone portable du président Hassan Rouhani a été mis sur écoute. Cela fait également suite à une série de succès des services de renseignements israéliens contre l’Iran, notamment l’extraction de Téhéran en janvier par le Mossad du contenu d’une vaste archive documentant le programme d’armement nucléaire iranien, ainsi que l’exposé du premier ministre Benjamin Netanyahu à l’ONU en septembre sur les armes nucléaires et missiles iraniens en Iran, en Syrie et au Liban.

« Vous souvenez-vous de Stuxnet, le virus qui est entré dans les ordinateurs de l’industrie nucléaire iranienne? », mentionne le journal télévisé de Hadashot. L’Iran « a admis ces derniers jours qu’il était de nouveau confronté à une attaque similaire, provoquée par un virus plus violent, plus avancé et plus sophistiqué qu’auparavant, qui a touché l’infrastructure et les réseaux stratégiques ».

Les Iraniens, ajoute le reportage télévisé, « ne reconnaissent pas, bien sûr, les dégâts causés ».

Dimanche, Gholamreza Jalali, responsable de l’agence de défense civile iranienne, a déclaré que Téhéran avait neutralisé une nouvelle version de Stuxnet, a rapporté l’agence Reuters. « Nous avons récemment découvert une nouvelle génération de Stuxnet, composée de plusieurs composants… qui a essayé d’entrer dans nos systèmes », a déclaré Jalali.

Le virus Stuxnet a été découvert il y a environ huit ans et aurait été développé conjointement par les services de renseignements américains et israéliens. Il a pénétré dans le programme nucléaire irlandais iranien en prenant le contrôle et en sabotant une partie de son processus d’enrichissement en accélérant ses centrifugeuses.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, prononce un discours sur les archives iraniennes extraites du Mossad, documentant le programme nucléaire iranien, au ministère de la Défense à Tel Aviv le 30 avril 2018. (Crédit : AFP / Jack Guez)

Netanyahu est catégorique sur le fait que le régime iranien reste déterminé à mettre en place un arsenal d’armes nucléaires et s’est farouchement opposé à l’accord de 2015 conclu entre les puissances du P5 + 1 et l’Iran. Le président américain Donald Trump, avec qui Netanyahu est allié, s’est retiré de l’accord en mai.

Se référant à Stuxnet, le reportage télévisé a déclaré que « dans le passé, les Etats-Unis et Israël auraient collaboré dans le cadre d’opérations ». En essayant d’établir si Israël avait un rôle dans la dernière cyber-attaque, le reportage télévisé ajoute : « Nous avons essayé de clarifier les choses. Ils refusent de commenter. »

Yossi Cohen, le chef du Mossad, lors d’une réunion du comité au parlement israélien le 8 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le reportage télévisé a noté que « récemment en coulisses, le Mossad », dirigé par son directeur, Yossi Cohen, « a mené une véritable guerre dans l’ombre ».

Sans attribuer la responsabilité au Mossad, le reportage mentionne la mise sur écoute du téléphone de Rouhani, notant que les Iraniens “ont dû le remplacer par un modèle crypté, car ils comprennent qu’il est sur écoute depuis des jours et des semaines”.

Dimanche, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé à une intensification des efforts pour contrer « l’infiltration de l’ennemi », selon Reuters.

L’ayatollah Ali Khamenei (à droite) dirigeant les prières de l’Aïd el-Fitr à la grande mosquée de l’Imam Khomeini dans la capitale Téhéran le 15 juin 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Site Web du Guide suprême iranien / Autorisation)

Dans un discours aux responsables de la cyber-défense, Khamenei a déclaré : « Face aux pratiques complexes de l’ennemi, notre défense civile devrait… lutter contre l’infiltration par une action scientifique, précise et à jour », indique le reportage citant la télévision iranienne.

Mercredi, des responsables israéliens ont déclaré que le Mossad a fourni à son homologue danois des informations concernant un complot présumé de Téhéran visant à assassiner trois opposants iraniens vivant dans le pays scandinave. Selon les responsables, le Mossad a donné au Danemark des informations sur une opération visant à tuer trois Iraniens soupçonnés d’appartenir au Mouvement de lutte arabe pour la libération d’Ahvaz.

Les renseignements qui auraient été fournis par le Mossad ont conduit à l’arrestation d’un ressortissant norvégien d’origine iranienne plus tôt ce mois-ci. Le Danemark a rappelé mardi son ambassadeur en Iran à la suite de cet incident.

« Ce que l’Iran cache, Israël le trouvera », a déclaré Netanyahu dans son discours de septembre aux Nations Unies.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...