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L’Iran aurait fait passer des armes via l’aide humanitaire lors du séisme en Syrie

Citant un document secret et un responsable militaire israélien, le Washington Post affirme que les mandataires iraniens en Irak et Al-Qods font passer des armes à la frontière

Des membres du groupe paramilitaire soutenu par l'Iran Asaib Ahl al-Haq participent à la marche de la Journée mondiale d’Al-Quds à Baghdad, en Irak, le 1er juillet 2016. Illustration (Crédit: Hadi Mizban/AP)
Des membres du groupe paramilitaire soutenu par l'Iran Asaib Ahl al-Haq participent à la marche de la Journée mondiale d’Al-Quds à Baghdad, en Irak, le 1er juillet 2016. Illustration (Crédit: Hadi Mizban/AP)

L’Iran et des groupes mandataires alliés ont introduit clandestinement en Syrie, des armes dissimulées dans des cargaisons d’aide humanitaire envoyées à la suite du tremblement de terre dévastateur survenu au début de l’année, a révélé dimanche le Washington Post.

Le quotidien cite un document classifié des services de renseignement américains qui a été partagé sur la plateforme de messagerie en ligne Discord, sur laquelle d’autres documents confidentiels du gouvernement américain ont récemment circulé. Un suspect accusé d’avoir fait fuiter les dossiers a été inculpé le mois dernier.

Selon le document, une grande partie des armes – notamment des armes légères, des munitions et des drones – ont été acheminées d’Irak par des convois organisés par les milices soutenues par l’Iran dans ce pays, ainsi que par la Force Al-Qods, l’unité du Corps des gardiens de la révolution islamique chargée des opérations à l’étranger.

Le document des services de renseignement indique que l’Iran n’a pas attendu pour profiter du tremblement de terre du 7 février, qui a couté la vie à des dizaines de milliers de personnes en Syrie et dans la Turquie voisine, puisqu’un jour plus tard, une milice irakienne non spécifiée « aurait orchestré le transfert de fusils, de munitions et de 30 [drones] cachés dans des convois d’aide pour soutenir de futures attaques contre les forces américaines en Syrie ».

On lit plus loin que quelques jours plus tard, un officier de la Force Al-Qods aurait dit à un autre paramilitaire irakien de cacher des armes « en plein coeur de l’aide humanitaire légitime. » Un autre officier iranien a été cité comme ayant une liste de « centaines » de véhicules de transport qui ont traversé la Syrie depuis l’Irak depuis le tremblement de terre.

Le « chef d’état-major » des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, complice de ces activités de contrebande, semblerait être Abdul-Aziz al-Mohammadawi, qui fait l’objet de sanctions américaines, précise le quotidien. Les FMP, qui regroupent des milices soutenues par l’Iran, nient avoir utilisé les livraisons d’aide pour acheminer des armes vers la Syrie, elles ou de groupes affiliés.

Des sauveteurs fouillent les décombres d’un bâtiment effondré à la recherche de victimes et de survivants à la suite d’un tremblement de terre meurtrier qui a secoué la Syrie à l’aube du 6 février 2023, dans le quartier de Salaheddine, à Alep. (Crédit : AFP)

Le bureau du Premier ministre irakien Mohammed Shiaa al-Sudani n’a pas souhaité faire de commentaires, mais un haut responsable a qualifié de « fausses » les allégations de contrebande contenues dans le document américain, affirmant que nul prétexte n’était nécessaire pour expédier des armes à la Syrie.

« Les frontières sont en réalité grandes ouvertes ; nous souffrons encore de la présence de clandestins qui se faufilent à travers la frontière syrienne », a déclaré le responsable irakien. « Ce qui signifie que si ces documents sont corrects, le passage est possible à tout moment. Pourquoi attendre un convoi d’aide pour se justifier ? »

Le journal a déclaré qu’un responsable militaire israélien anonyme a confirmé l’implication de la Force Al-Qods, sans donner plus de détails.

L’article explique également comment les livraisons d’aide compliqueraient le ciblage par Israël des livraisons d’armes destinées aux mandataires iraniens. Il prédit toutefois que les forces israéliennes continueront « très probablement » à s’efforcer de les intercepter, mais qu’elles auront besoin d’une « confirmation plus stricte de la part des services de renseignement avant de s’attaquer à des cargaisons d’aide présumées ».

Les États-Unis ont déployé environ 900 soldats dans des postes à travers le nord-est de la Syrie pour maintenir la pression sur ce qui reste de l’État islamique, ainsi que pour soutenir les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes, qui contrôlent la majeure partie du nord-est. Elle maintient également la garnison d’al-Tanf dans le sud de la Syrie, qui a été ciblée par des attaques de drones iraniens présumés.

Des soldats américains patrouillent dans la campagne de Rumaylan (Rmeilan) dans la province de Hasakeh au nord-est de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie, le 13 avril 2023. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)

En mars, un sous-traitant de l’armée américaine a été tué par une frappe de drone en Syrie, poussant les États-Unis à mener une attaque de représailles contre les forces liées à l’Iran dans le pays.

L’article publié par le Washington Post fait suite à un article similaire de Reuters le mois dernier, selon laquelle l’Iran aurait acheminé des armes et du matériel militaire en Syrie à bord de vols d’aide humanitaire, au lendemain du tremblement de terre qui a récemment frappé le pays.

Quelques jours après le tremblement de terre, le site d’information saoudien Elaph a cité un responsable militaire israélien affirmant que si l’Iran expédiait des armes à ses mandataires régionaux sous couvert d’aide humanitaire à la Syrie à la suite de l’important tremblement de terre survenu dans ce pays, Tsahal n’hésiterait pas à frapper.

Plusieurs frappes aériennes contre des cargaisons présumées d’armes iraniennes déguisées en produits apparemment inoffensifs ont été attribuées à Israël ces derniers temps.

Des employés déchargent l’aide humanitaire envoyée par avion par l’Iran à l’aéroport d’Alep, dans le nord de la Syrie, après un séisme dévastateur, le 8 février 2023. (Crédit : AFP)

Israël est soupçonné d’avoir mené des centaines de frappes sur des cibles à l’intérieur des parties de la Syrie contrôlées par le gouvernement au cours des dernières années, y compris des attaques sur les aéroports de Damas et d’Alep, mais le gouvernement reconnaît rarement ces opérations et n’en parle pas.

Israël a néanmoins admis qu’il visait des bases de groupes alliés à l’Iran, tels que le Hezbollah libanais, qui a envoyé des milliers de combattants pour soutenir les forces du président syrien Bashar Assad.

L’expansion de l’Iran en Syrie est considérée par Israël comme une menace permanente à sa sécurité nationale et il a mené des frappes sur un large éventail de cibles pour tenter de limiter les forces iraniennes dans la région. L’État juif considère l’Iran comme son plus grand ennemi, citant la rhétorique hostile du pays, son soutien à des groupes terroristes comme le Hezbollah et son programme nucléaire présumé. L’Iran nie les allégations occidentales selon lesquelles il cherche à se doter d’une bombe nucléaire.

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