L’Iran n’attaquerait pas les Etats-Unis, craignant d’aider à faire réélire Trump
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L’Iran n’attaquerait pas les Etats-Unis, craignant d’aider à faire réélire Trump

Citant des informations transmises par les renseignements, le "New York Times" avance que Khamenei craindrait qu'une confrontation directe n'aide le président dans sa campagne

Le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, s'adresse à la nation dans un discours télévisé marquant l'anniversaire de la mort en 1989 de l'Ayatollah Ruhollah Khomeini, le leader de la révolution islamique de 1979, à Téhéran, Iran, le 3 juin 2020. (Bureau du Guide suprême iranien via AP)
Le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, s'adresse à la nation dans un discours télévisé marquant l'anniversaire de la mort en 1989 de l'Ayatollah Ruhollah Khomeini, le leader de la révolution islamique de 1979, à Téhéran, Iran, le 3 juin 2020. (Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Des informations émanant des services des renseignements américains indiquent que l’Iran a évité toute action militaire forte contre les Etats-Unis – malgré une campagne intense de pressions de la part de Washington, qui a compris un durcissement des sanctions prises à l’encontre de la République islamique et des attaques présumées contre des installations – parce que le pays estimerait que cette retenue aidera à empêcher la réélection du président Donald Trump au mois de novembre, selon un article paru dans le New York Times.

Le journal a cité plusieurs responsables américains et alliés des Etats-Unis ayant connaissance de ces informations émanant des renseignements. Il a expliqué que le chef suprême iranien, Ali Khamenei, espérait l’arrivée au mois de janvier d’une administration moins hostile à la Maison Blanche, et qu’il croyait qu’un conflit significatif entre les deux pays renforcerait les chances de Trump lors du scrutin.

Selon l’article, les Iraniens ont la conviction qu’une explosion qui avait eu lieu au mois de juillet et qui avait entraîné des dégâts dans l’un de ses sites nucléaires, à Natanz – et que les médias étrangers avaient attribué à Israël et aux Etats-Unis – avait eu pour objectif de provoquer une réponse susceptible de justifier des frappes militaires sur la république islamique.

Le journal a aussi déclaré que si Khamenei avait exclu toute action militaire sérieuse, il avait néanmoins autorisé des cyberattaques et des tentatives de piratage contre des cibles américaines. La semaine dernière, Microsoft a fait savoir que des hackers iraniens s’en étaient pris aux comptes personnels de proches de Trump et de son équipe de campagne pour tenter d’influencer les élections présidentielles de 2020, précisant que ses outils de sécurité avaient stoppé la majorité de ces tentatives.

WASHINGTON, DC – Le président américain Donald Trump s’exprime lors de la cérémonie de signature des Accords d’Abraham à la Maison Blanche, à Washington, le 15 septembre 2020. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Samedi, le dirigeant des Gardiens de la révolution iraniens a annoncé que Téhéran se vengerait de la mort du général Qassem Soleimani, l’un de ses plus hauts commandants tué par les Etats-Unis au mois de janvier, en ne s’en prenant qu’aux personnes directement impliquées – des représailles, selon lui, « honorables ».

Selon le site des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami aurait déclaré : « Monsieur Trump ! Notre vengeance pour le martyre de notre grand général est manifeste, elle est sérieuse et réelle. »

De son côté, Trump a averti, cette semaine, que Washington répondrait durement à toute tentative de l’Iran de se venger de la mort de Soleimani, écrivant sur Twitter que « si on nous frappe, quelle que soit la manière, quelle que soit la forme… nous frapperons mille fois plus fort ».

Cette mise en garde de l’occupant du Bureau ovale est venue répondre à une information qui avait laissé entendre que l’Iran comptait assassiner l’ambassadrice américaine en Afrique du sud en riposte au meurtre de Soleimani, tué à l’aéroport de Bagdad.

Salami a ultérieurement rejeté toute intention d’assassiner l’ambassadrice Lana Marks, établissant toutefois clairement que la mort du général entraînerait des représailles.

« Pensez-vous que nous allons frapper une ambassadrice en échange de notre frère martyr ? », a demandé le général. « Nous nous en prendrons à ceux qui ont tenu des rôles directs et indirects. Vous devez savoir que tous ceux qui ont tenu un rôle dans cet assassinat seront frappés, et c’est un message sérieux. Nous vous le prouverons en pratique. »

Le commandant principal des Gardiens de la révolution, le général Qassem Soleimani (au centre) assiste à une réunion avec le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei (hors cadre) et les commandants des Gardiens de la révolution à Téhéran, en Iran, le 18 septembre 2016. (Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Au mois de janvier, l’Iran avait lancé une attaque au missile balistique visant des soldats américains en Irak en réponse à la frappe au drone meurtrière.

Trump a renforcé les pressions économiques exercées sur l’Iran par différentes sanctions depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire conclu par l’Iran avec les puissances mondiales.

De son côté, Téhéran a continué à élargir son stock d’uranium enrichi et a demandé avec forces aux autres nations de tenter de diminuer les préjudices entraînés par les sanctions américaines, insistant sur le fait que la République islamique ne cherchait pas à développer une arme nucléaire.

Samedi soir, les Etats-Unis ont déclaré, de manière unilatérale, que les sanctions adoptées par les Nations unies contre l’Iran étaient à nouveau mises en vigueur, promettant de punir ceux qui les violeraient. Toutefois, l’administration de Washington est presque seule dans ce dossier : la Chine, la Russie et les alliés européens des Américains ont tous pris leurs distances avec cette déclaration.

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