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L’Irano-britannique Zaghari-Ratcliffe aurait « récupéré son passeport »

La députée travailliste de la circonscription de Londres de la détenue a soulevé des espoirs quant à son retour au Royaume-Uni

Photo non datée fournie par la famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, binationale irano-britannique détenue en Iran. (Crédit : Famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe via AP, Archives)
Photo non datée fournie par la famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, binationale irano-britannique détenue en Iran. (Crédit : Famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe via AP, Archives)

L’Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, retenue en Iran depuis 2016, a récupéré son passeport britannique, a annoncé mardi la députée de sa circonscription à Londres, soulevant des espoirs quant à son retour au Royaume-Uni.

« Je suis très heureuse d’annoncer que Nazanin Zaghari-Ratcliffe a récupéré son passeport britannique », a déclaré sur Twitter Tulip Siddiq, députée travailliste de la circonscription d’Hampstead et Kilburn (nord de Londres).

Nazanin Zaghari-Ratcliffe « est toujours dans la maison de sa famille à Téhéran » selon la députée.

« J’ai cru comprendre qu’il y a actuellement une équipe de négociation britannique à Téhéran », a ajouté Mme Siddiq.

Selon son employeur, la Fondation Thomson Reuters, son avocat Hojjat Kermani a déclaré, lorsqu’on lui a demandé si Mme Zaghari-Ratcliffe serait libérée: « J’espère que nous aurons bientôt de bonnes nouvelles ».

Contacté par l’AFP, le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu dans l’immédiat.

Cheffe de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l’agence de presse du même nom, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait été arrêtée en 2016 à Téhéran, où elle venait rendre visite à sa famille. Elle avait été accusée de complot pour renverser la République islamique, ce qu’elle nie farouchement, et condamnée à cinq ans de prison.

Après avoir purgé sa peine, elle a été de nouveau condamnée fin avril à un an de prison pour avoir participé à un rassemblement devant l’ambassade d’Iran à Londres en 2009.

En octobre 2021, Mme Zaghari-Ratcliffe a perdu son appel, faisant craindre à ses proches un retour imminent en prison, d’où elle avait été autorisée à sortir avec un bracelet électronique en mars 2020, à cause de la pandémie de Covid-19.

Pour ses soutiens, elle est prise en otage dans un conflit entre Londres et Téhéran à cause d’une vieille dette de 400 millions de livres (467 millions d’euros), que Londres refuse de régler depuis l’éviction du chah d’Iran en 1979.

Nazanin Zaghari-Ratcliffe et son mari Richard Ratcliffe en 2011. (CC BY-SA, Wikimedia)

Son mari et père de leur petite fille, Richard Ratcliffe, avait fait une grève de la faim pendant 21 jours à l’automne 2021 pour alerter sur son sort.

D’autres Irano-Britanniques sont détenus en Iran, dont Anoosheh Ashoori, un ingénieur à la retraite arrêté en août 2017 alors qu’il rendait visite à sa mère et condamné à 10 ans de prison pour espionnage en faveur d’Israël, selon sa famille. Le militant des droits des travailleurs Mehran Raoof a pour sa part été arrêté en octobre 2020 et maintenu en isolement cellulaire prolongé, selon Amnesty International.

Dans un communiqué envoyé à l’AFP, Sacha Deshmukh, à la tête d’Amnesty International au Royaume-Uni, a exprimé son « espoir » pour les « détenus et leurs famille qui souffrent depuis des années » tout en soulignant la nécessité d’être « prudents ».

« Il est clair depuis longtemps que les autorités iraniennes ciblent les ressortissants étrangers avec de fausses accusations liées à la sécurité nationale pour exercer une pression diplomatique », a-t-il déclaré, ajoutant: « Dans le passé, nous avons eu faux espoirs sur faux espoirs sur d’éventuelles avancées, il est donc juste d’être prudent pour le moment ».

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