L’Italie veut redevenir un partenaire majeur de Téhéran
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L’Italie veut redevenir un partenaire majeur de Téhéran

Le président du conseil italien, accompagné de 250 hommes d'affaires et politiques, a été reçu par Rouhani à Téhéran

Le Premier ministre italien Matteo Renzi (à droite) et le président iranien Hassan Rouhani pendant une conférence de presse commune au Capitole, à Rome, le 25 janvier 2016. (Crédit : Tiziana Fabi/AFP)
Le Premier ministre italien Matteo Renzi (à droite) et le président iranien Hassan Rouhani pendant une conférence de presse commune au Capitole, à Rome, le 25 janvier 2016. (Crédit : Tiziana Fabi/AFP)

Le président du Conseil italien Matteo Renzi a entamé mardi une visite à Téhéran, la première d’un dirigeant occidental de ce rang depuis l’accord nucléaire de 2015, pour affirmer la volonté de l’Italie de redevenir un partenaire majeur de l’Iran.

Renzi, accompagné d’une importante délégation de 250 personnes, hommes d’affaires et politiques, a été reçu avec les honneurs dus à son rang par le président Hassan Rouhani lors d’une cérémonie à l’ancien palais impérial de Sadabad, dans le nord de Téhéran.

Il a salué « l’amitié traditionnelle » entre l’Italie et l’Iran, après la signature de sept protocoles d’accord dans les domaines du tourisme, des énergies renouvelables, des chemins de fer et des infrastructures aéroportuaires.

Un accord pour la construction de deux lignes ferroviaires à grande vitesse entre Téhéran et Hamedan (nord-ouest) et Qom et Arak (nord) a en outre été signé par les dirigeants de Ferrovie dello stato italiane (FS, société italienne des chemins de fer) et ceux de la compagnie nationale iranienne RAI, a annoncé FS à Rome. L’accord prévoit la formation du personnel iranien.

« L’Italie a une place particulière auprès des Iraniens et ses sociétés, son industrie, y sont appréciées », a pour sa part affirmé le président Rouhani.

Il a dit avoir apprécié que « durant la période des sanctions, sa position était plus modérée » que celle d’autres pays de l’Union européenne (UE). « L’Italie est à l’avant-garde parmi les pays de l’UE pour développer ses relations avec l’Iran », selon lui.

La venue à Téhéran de Matteo Renzi intervient après la visite fin janvier à Rome du président Rouhani.

Le président français François Hollande (à droite) et le président iranien Hassan Rouhani le 28 janvier 2016 au palais présidentiel à l'Elysée à Paris (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE DE SAKUTIN)
Le président français François Hollande (à droite) et le président iranien Hassan Rouhani le 28 janvier 2016 au palais présidentiel à l’Elysée à Paris (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE DE SAKUTIN)

Il s’agissait alors de son premier déplacement dans un pays de l’UE depuis la conclusion en juillet 2015 de l’accord entre l’Iran et les grandes puissances sur son programme nucléaire, suivi mi-janvier de la levée de la plupart des sanctions internationales pesant contre Téhéran depuis près de 10 ans. Le président Rouhani s’était ensuite rendu à Paris.

L’Italie veut redevenir premier

Avant l’imposition des sanctions, l’Italie, qui ne faisait pas partie des pays ayant négocié l’accord nucléaire, était le premier partenaire économique et commercial de l’Iran, pays de 79 millions d’habitants riche en pétrole, gaz et minerais. Rome entend bien retrouver cette place alors que le marché iranien est convoité par de nombreux autres pays européens, mais aussi par la Russie, la Chine et le Japon notamment.

Les échanges entre l’Italie et l’Iran s’élevaient alors à sept milliards d’euros par an, mais se sont effondrés à 1,6 milliard depuis.

Fin janvier, Iraniens et Italiens avaient signé à Rome des contrats commerciaux d’une valeur totale évaluée à 17 milliards d’euros, en particulier dans les domaines de l’exploitation pétrolière, de la construction navale et des transports.

« C’est seulement le début », avait déclaré Renzi lors de la cérémonie de signature de ces contrats, en insistant également sur les perspectives d’échanges culturels et universitaires entre l’Iran et l’Italie, « deux superpuissances de la beauté et de la culture ».

Le pape François (2e à froite) posant avec le président iranien Hassan Rouhani (3e à droite) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à droite) le 26 janvier 2016, au Vatican (Crédit : AFP / POOL / ANDREW MEDICHINI)
Le pape François (2e à froite) posant avec le président iranien Hassan Rouhani (3e à droite) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à droite) le 26 janvier 2016, au Vatican (Crédit : AFP / POOL / ANDREW MEDICHINI)

La visite avait cependant été marquée par une polémique après la décision de poser des paravents devant les statues antiques dénudées du musée du Capitole lors de la visite du président iranien, plusieurs partis d’opposition dénonçant « un acte de soumission ».

La détente avec l’Iran inquiète également les opposants à la peine de mort, un sujet sur lequel l’Italie est d’ordinaire en pointe, alors que selon l’ONU, la République islamique a exécuté au moins 700 condamnés en 2015.

Avant Renzi, de nombreux ministres européens sont venus en Iran depuis la conclusion de l’accord nucléaire ainsi que le président autrichien Heinz Fischer et le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Il achèvera sa visite mercredi après s’être rendu à Ispahan, une des villes historiques d’Iran et l’une de ses principales destinations touristiques.

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