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« Little Bird », série bouleversante sur la rafle d’enfants autochtones au Canada

Des milliers d'enfants ont été arrachés à leurs parents pour être placés ou adoptés par des Canadiens, en Europe ou aux Etats-Unis, entre les années 1960 et 1980

Darla Contois, à gauche, dans le rôle d'Esther Rosenblum et Lisa Edelstein dans le rôle de Golda Rosenblum dans "Little Bird". (Crédit : Steve Ackerman via JTA)
Darla Contois, à gauche, dans le rôle d'Esther Rosenblum et Lisa Edelstein dans le rôle de Golda Rosenblum dans "Little Bird". (Crédit : Steve Ackerman via JTA)

Des milliers d’enfants autochtones arrachés à leurs parents pour être placés ou adoptés, entre les années 1960 et 1980 : c’est ce chapitre méconnu de l’histoire du Canada qu’explore « Little Bird », série bouleversante sur les conséquences d’un « génocide culturel ».

Récompensée du prix du public au festival Séries Mania l’année dernière, cette fiction en six épisodes, diffusée jeudi sur Arte, suit la quête d’identité d’Esther Rosenblum, une Amérindienne élevée dans une famille juive qui entreprend, dans les années 1980, de retrouver sa famille d’origine.

Née Bezhig Little Bird, l’étudiante en droit va découvrir l’ampleur du mensonge et l’injustice du système dont elle a été victime, enlevée des bras de sa mère, séparée de sa fratrie et de sa communauté, alors qu’elle n’avait que 5 ans.

Un sort partagé par 20 000 enfants, placés ou adoptés par des Canadiens, en Europe ou aux Etats-Unis, entre les années 1960 et 1980, lors de ce qui est appelé la « rafle des années 60 ».

En 2021, la découverte de plus d’un millier de tombes non identifiées d’enfants près des sites d’anciens pensionnats pour autochtones a ébranlé le Canada, dont la politique d’assimilation forcée est considérée depuis 2015 comme un « génocide culturel ».

Mais la question de la « rafle » reste « encore largement un non-dit », déclare auprès de l’AFP la co-créatrice de la série Jennifer Podemski, Anichinabée par sa mère.

L’autre co-créatrice, Hannah Moscovitch, n’en avait, elle, jamais entendu parler avant de lire les « deux pages » du projet de série. « Mon coeur battait à tout rompre à la fin parce que c’est si dévastateur de découvrir que votre nation a commis un génocide dont vous n’aviez pas idée, contre des enfants », s’émeut-elle.

Même quand ils sont confrontés à ces faits, « les gens pensent qu’il s’agit de quelque chose du passé » et ils « n’ont pas conscience de l’impact que cela a aujourd’hui sur les familles », ajoute Jennifer Podemski.

D’où la force de « Little Bird », ancrée dans une période plus récente et portée par une équipe directement concernée par son sujet, à l’instar de l’actrice principale Darla Contois, dont le père fait partie des victimes de la rafle.

Darla Contois, à gauche, dans le rôle d’Esther Rosenblum et Lisa Edelstein dans le rôle de Golda Rosenblum dans « Little Bird ». (Crédit : Steve Ackerman via JTA)

Les créatrices ont également travaillé avec deux « survivantes » des événements : Raven Sinclair, professeure spécialiste du sujet, et Nakuset, adoptée par une famille.

Le Canada, qui n’a adhéré qu’en 2021 à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, a accordé ces dernières années des milliards de dollars aux descendants des premiers habitants du pays pour les « préjudices » subis pendant plus d’un siècle.

Sans enrayer la pauvreté et les discriminations toujours subies par leurs communautés, qui représentent 5 % de la population.

« Le nombre d’enfants autochtones placés n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui », est-il ainsi rappelé à la fin de chaque épisode de « Little Bird », nommée 19 fois à l’occasion des prix Ecrans canadiens, qui récompenseront fin mai les meilleures œuvres audiovisuelles du pays.

« Le racisme systémique n’a pas disparu, il est si profondément incarné et enraciné dans les structures censées prendre soin de nous », considère Jennifer Podemski, alors que, ces dernières années, des mères autochtones jugées à risque étaient encore séparées de leur bébé dès la naissance en vertu d’un système controversé de signalements, officiellement abandonné par les provinces canadiennes entre 2019 et 2023.

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