Litzman restera ministre de la Santé dans un gouvernement d’unité
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Litzman restera ministre de la Santé dans un gouvernement d’unité

Hossen LeYisrael aura plutôt le ministère de la Justice, selon des informations : des médecins avaient demandé le remplacement de Litzman par un professionnel face à la pandémie

De gauche à droite, Moshe Yaalon, Yair Lapid et le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 28 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
De gauche à droite, Moshe Yaalon, Yair Lapid et le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 28 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministère de la Santé Yaakov Litzman restera à la tête de son ministère dans le cadre d’un gouvernement d’unité actuellement négocié entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le leader de Hossen LeYisrael Benny Gantz, ont fait savoir dimanche des médias en hébreu.

Netanyahu et Gantz ont passé la nuit à discuter des termes d’un accord portant sur un gouvernement d’unité, qu’ils espèrent conclure en fin de journée. Un communiqué conjoint des deux hommes a laissé entendre qu’ils avaient trouvé des « accords et réalisé des progrès significatifs » au cours de ces pourparlers qui ont eu lieu à la résidence du Premier ministre de Jérusalem, sans pour autant donner de détails. D’autres négociations auront lieu dimanche, en fin de journée, avec pour objectif de mettre en place un accord signé, selon le même communiqué.

Dans le cadre des entretiens entre les deux partis, le parti de Gantz avait réclamé le ministère de la Santé s’il devait renoncer au ministère de la Justice, selon la Douzième chaîne.

Il aurait par ailleurs cherché à faire nommer un non-politicien au poste de ministre de la Santé – comme le professeur Gabi Barbash ou le directeur-général du centre médical de Sheba, Yitshak Kreiss.

Le professeur Yitshak Kreiss, directeur-général du centre médical de Sheba (Autorisation)

Mais Litzman a vivement refusé l’offre de devenir, à la place, ministre du Logement.

Gantz serait ensuite revenu sur sa demande et il obtiendra, à la place, la tête du ministère de la Justice pour son parti. Sont pressentis pour cette fonction Avi Nissenkorn ou Chili Tropper, deux noms auquel le Likud se serait opposé avant de céder contre le maintien de Litzman à son poste.

Litzman conservera son travail même si un groupe de hauts-responsables médicaux, issu des hôpitaux majeurs, a écrit une lettre à Netanyahu et Gantz, demandant la nomination dans l’urgence d’un médecin à la fonction de ministre de la Santé.

Les médecins ont écrit dans leur courrier que la pandémie de coronavirus « a exposé et s’est saisi du système de soins à son point le plus bas d’un point de vue organisationnel et opérationnel, ce dont tout le monde avait conscience ».

Ils ont exposé les problèmes inhérents au système et notamment les écarts de plus en plus marqués entre la qualité des services médicaux offerts dans le centre du pays et les soins divulgués dans le nord et dans le sud de l’Etat juif.

« A cette période… Ce serait une bonne chose qu’un professionnel soit nommé à la tête du ministère de la Santé – un médecin doté d’une riche expérience dans le système de santé israélien », ont-ils écrit. « La santé doit être placée avant tout le reste, et clairement avant la politique ».

De plus, les médias en hébreu ont fait savoir que Gantz et Netanyahu avaient convenu que Yuli Edelstein ne serait pas réélu à son poste de président de la Knesset après sa démission, la semaine dernière, alors qu’il voulait se soustraire à la mise en oeuvre d’un jugement de la Cour suprême avec lequel il était en désaccord. Gantz a fait savoir, jeudi, qu’Edelstein avait « craché au visage » des magistrats. Ce rôle reviendra à un autre membre du Likud.

Egalement dans les pourparlers de coalition, la Douzième chaîne a indiqué que le portefeuille de l’Immigration et de l’intégration reviendrait probablement à la députée Pnina Tamano-Shata qui, dimanche, a annoncé qu’elle quittait le parti Yesh Atid de Yair Lapid, au sein de l’alliance Kakhol lavan, pour rejoindre Hossen LeYisrael, la formation de Gantz.

L’alliance Kakhol lavan s’est effondrée lorsque Gantz avait décidé de rejoindre un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu.

C’est un coup porté à Gadi Yevarkan, ex-législateur de Kakhol lavan qui était parti pour le Likud avant les élections du 2 mars et auquel le poste avait été promis.

La députée issu des rangs de Hossen LeYisrael, Omer Yankelevich, devrait devenir ministre des Affaires de Jérusalem – devenant la toute première ministre ultra-orthodoxe.

Gadeer Mreeh, de Hossen LeYisrael, a rejoint Yesh Atid de Yair Lapid.

Les deux députés de droite du parti Telem de Moshe Yaalon, qui faisait auparavant partie de l’alliance Kakhol lavan, Zvi Hauser et Yoaz Hendel ont également quitté leur parti pour former un nouveau parti baptisé Derech Eretz. Ils devraient rejoindre Gantz et entrer dans une coalition dirigée par Netanyahu.

Les membres de la Knesset Yoaz Hendel et Zvi Hauser de Kakhol lavan, le 29 avril 2019, avant l’ouverture de la session de la Knesset après les élections. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

Ces pourparlers d’unité surviennent après l’élection de Gantz, jeudi, à la tête de la Knesset – ce qui a entraîné la dissolution de l’alliance Kakhol lavan qui avait fait campagne, au cours des trois élections de l’année passée, sur la promesse de ne pas rejoindre un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu en raison de ses trois mises en examen pour corruption.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (Crédit : Oded Balilty et JACK GUEZ / AFP)

Les membres de Hossen LeYisrael ont estimé pour leur part que la seule alternative à un ralliement à un gouvernement dirigé par Netanyahu était un quatrième scrutin et qu’un gouvernement était désespérément nécessaire dans un contexte de pandémie de coronavirus.

Selon l’accord actuellement esquissé, Gantz devrait établir un partenariat avec Netanyahu au sein d’une coalition, occupant dans un premier temps le poste de ministre des Affaires étrangères ou de la Défense avant de prendre la tête du gouvernement au mois de septembre 2021 – une rotation des pouvoirs dont doutent de nombreux analystes à l’heure actuelle (Ashkenazi, pour sa part, devrait prendre le poste à la Défense ou aux Affaires étrangères qui ne serait pas choisi par Gantz).

Toutefois, il a été rapporté dimanche que le parti de Gantz réfléchirait à la possibilité de renoncer au ministère des Affaires étrangères – de haut-rang mais dont l’influence est relativement médiocre – en échange d’autres portefeuilles.

Dans le cadre des négociations, Netanyahu cherche à obtenir une loi qui permettrait à un Premier ministre mis en examen de continuer à servir afin de garantir qu’il pourra se maintenir à sa fonction une fois que l’accord de rotation à la tête du gouvernement rentrera en vigueur. Actuellement, les ministres doivent démissionner s’ils sont impliqués dans une affaire pénale, mais la loi ne se réfère pas explicitement à un Premier ministre.

Suite à l’élection de Gantz, jeudi, au poste de président de la Knesset, les factions Yesh Atid et Telem, qui constituaient l’alliance Kakhol lavan aux côtés du parti de Gantz, avaient rempli une demande officielle de dissolution – laissant Gantz et sa formation Hossein LeYisrael rejoindre le bloc du Likud, placé sous la direction de Netanyahu.

De gauche à droite, Moshe Yaalon, Yair Lapid et le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 28 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, et Moshe Yaalon, à la tête de Telem, avaient catégoriquement rejeté l’entrée dans un gouvernement d’unité avec le Likud tant que celui-ci serait placé sous l’autorité de Netanyahu. Les ex-partenaires de Gantz ont âprement critiqué l’ex-chef d’Etat-major, Lapid le fustigeant au cours d’une conférence de presse donnée aux côtés de Yaalon, jeudi, pour être entré en « rampant » dans une coalition « d’extrémistes et d’escrocs ».

Lapid a expliqué que l’ex-chef de l’armée avait trahi les électeurs de Kakhol lavan, volé leurs votes et qu’il les avait offerts en cadeau à Netanyahu. Malgré ses affirmations, a-t-il clamé, Gantz n’entrait pas dans un gouvernement d’unité mais il avait simplement « rendu les armes » devant Netanyahu.

Gantz a déclaré être « en paix » avec sa décision car « ce que j’ai fait est ce dont ma nation a besoin ».

Gantz avait obtenu le mandat de la formation du gouvernement au début du mois après trois scrutins qui s’étaient avérés non-concluants, mais il semblait ne pas avoir de possibilité réelle de forger une coalition stable. Lui et Netanyahu – qui est à la tête de l’Etat juif depuis plus d’une décennie et qui a été mis en examen pour corruption – avaient tous les deux vanté la nécessité de former un gouvernement d’unité nationale en urgence au vu de la crise du coronavirus, mais aucun d’entre eux n’avait entrepris de démarche significative avant un entretien téléphonique qui avait eu lieu mercredi entre les deux hommes.

Le parti Kakhol lavan avait été fondé en 2019, formé de trois mouvements : Yesh Atid, de Yair Lapid, qui avait fourni la majorité des infrastructures après avoir pris part à plusieurs élections, Hossen LeYisrael de Gantz et Telem de Yaalon, qui étaient de nouveaux venus sur la scène politique israélienne.

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