Londres et Vienne s’opposent à la condamnation d’Israël par un Conseil de l’ONU
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Londres et Vienne s’opposent à la condamnation d’Israël par un Conseil de l’ONU

Le chef de la diplomatie britannique estime que l'attitude du Conseil envers Israël nuit à sa crédibilité ; l'Autriche votera contre une résolution sur la violence à Gaza

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Conseil des droits de l'homme lors d'un dialogue interactif avec la Commission d'enquête indépendante sur la guerre Israël-Hamas de 2014 dans la bande de Gaza, le 29 juin 2015 à Genève, Suisse. (Crédit : ONU)
Le Conseil des droits de l'homme lors d'un dialogue interactif avec la Commission d'enquête indépendante sur la guerre Israël-Hamas de 2014 dans la bande de Gaza, le 29 juin 2015 à Genève, Suisse. (Crédit : ONU)

Le Royaume-Uni a fait savoir jeudi qu’il s’opposerait à toutes les propositions du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU dans le cadre d’un ordre du jour exclusivement consacré au traitement des Palestiniens par Israël.

Cette annonce survient alors que le chancelier autrichien Sebastian Kurz venait de déclarer que son pays voterait contre une résolution clé dénonçant sévèrement Israël, qui doit faire l’objet d’un vote cette semaine.

Le secrétaire aux Affaires étrangères britannique Jeremy Hunt estime que le point 7 de l’ordre du jour du Conseil « nuit à la crédibilité du plus grand forum du monde pour les droits humains » et « constitue un obstacle à la paix au Moyen-Orient. »

Le point 7 étant un point permanent de l’ordre du jour, toute session du Conseil basé à Genève doit se pencher sur Israël.

Celui doit s’exprimer vendredi sur quatre résolutions condamnant l’État juif pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés.

« Il y a deux ans, le Royaume-Uni avait indiqué qu’à moins que la situation ne change, nous voterions contre tous les textes proposés dans le cadre du Point 7, » Hunt a écrit une tribune publiée jeudi dans l’hebdomadaire britannique Jewish Chronicle.

« Tristement, nos préoccupations n’ont pas été prises en compte. J’ai donc décidé que nous ferions précisément ce que nous avions dit : la Grande-Bretagne s’opposera à toute résolution du point n°7. Vendredi, nous voterons contre les quatre textes proposés. »

Jeremy Hunt, le chef de la diplomatie britannique, à New York, le 27 septembre 2018 (Crédit : AFP)

« Selon n’importe quel critère d’équité ou de proportion, élever ce différend au-dessus des autres ne peut pas être sensé ; en effet, il est illusoire de supposer que la conduite d’Israël mérite un examen particulier », a déclaré Hunt. Nous continuerons à réclamer l’abolition du point 7. »

Cette position ne signifie pas que le Royaume-Uni ne critiquera pas le pays quand cela sera justifié, a-t-il souligné.

« Rien de tout cela ne signifie que nous nous retiendrons d’exprimer notre inquiétude à l’égard des actions d’Israël, » a précisé Hunt. « A l’avenir, la Grande-Bretagne continuera de soutenir la surveillance d’Israël et des Territoires palestiniens occupés au CDH, tant que cela est justifié et ne relève pas du point 7. »

Marie van der Zyl, la présidente du Board of Deputies of British Jews, a applaudi Hunt et appelé d’autres pays à suivre la voie.

« Tous les défenseurs des droits humains devraient applaudir cette décision, qui pourrait conduire l’ONU à cesser d’être discréditée pour son parti pris manifeste et retrouver la confiance placée en elle pour son rôle d’arbitre des droits humains universels que nous voulons tous la voir assumer, » a-t-elle fait savoir dans un communiqué. « Nous appelons tous les autres pays qui soutiennent naturellement le développement des droits humains à suivre la position morale du Royaume-Uni. »

Jeudi également, l’ambassadeur autrichien en Israël Martin Weiss a tweeté que son pays votera contre la « Résolution de responsabilité  » au CDH de l’ONU — consacrée à la riposte israélienne aux manifestations violentes à la frontière avec la bande de Gaza. »

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a déclaré à un rassemblement du groupe de défense juif AJC Jewish à Bruxelles, que « cette résolution est politiquement partiale à l’égard d’Israël, » a écrit Weiss.

Lundi dernier, dans le cadre du point 7, le CDH de l’ONU a discuté de sept rapports sur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés par Israël, plus que de tout autre pays.

Le Conseil des droits de l’Homme examinait lundi les conclusions d’une enquête sur les violences à la frontière avec Gaza.

Dans ce rapport, présenté le mois dernier aux médias, la Commission d’enquête indépendante de l’ONU a accusé l’armée d’avoir intentionnellement tiré sur des enfants, des journalistes, du personnel de santé et d’autres civils au cours des manifestations de Palestiniens dans la bande de Gaza entre le 30 mars et le 31 décembre 2018. Les enquêteurs ont affirmé que les manifestations étaient essentiellement de « nature civile » et non des « activités terroristes » du Hamas comme dénoncé par l’État hébreu.

Israël a dénoncé ce rapport – pour le moins – « partial » et rejeté ses conclusions.

Des émeutiers palestiniens brûlent des pneus lors d’une manifestation à proximité de la frontière le long de la frontière avec Israël, à l’est de la bande de Gaza, le 22 février 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Depuis mars dernier, la frontière de Gaza a été le théâtre d’affrontements hebdomadaires de grande ampleur le vendredi, de manifestations plus réduites le long de la frontière nord de Gaza le mardi, mais aussi de quelques épisodes de violence entre l’armée israélienne et des organisations terroristes palestinienne.

Israël accuse le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza, qui cherche à détruire l’Etat juif, d’orchestrer les manifestations. Il accuse le groupe terroriste du Hamas d’utiliser ces rassemblements comme couverture pour mener des actions violentes. Le groupe qui a promis la destruction de l’État juif a pris le contrôle de l’enclave au détriment de l’Autorité palestinienne en 2007.

En juin l’année dernière,  les Etats-Unis avaient annoncé leur départ de l’organe onusien, leur envoyé avait évoqué une « partialité chronique à l’égard d’Israël. »

Israël n’a jamais été un Etat membre du Conseil des droits de l’homme onusien, dont les 47 membres sont élus par l’Assemblé générale de l’ONU.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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