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L’opposition présentera mercredi un texte de loi sur la dissolution de la Knesset

Elle retirera sa proposition si elle constate qu'elle ne pourra pas réunir une majorité ; cette tentative pourrait être un moyen de pousser Orbach de Yamina à quitter la coalition

Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu s'exprime devant la Knesset, le 9 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu s'exprime devant la Knesset, le 9 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’opposition aurait décidé de présenter mercredi une proposition de loi sur la dissolution de la Knesset – ce qui provoquerait de nouvelles élections et le retour des Israéliens aux urnes – pour un vote préliminaire devant le Parlement. Mais elle pourrait également s’abstenir de présenter la législation si une majorité n’est pas garantie.

S’il est adopté lors du vote préliminaire – il nécessite l’obtention d’une majorité simple à ce stade – alors le texte devra être approuvé lors de trois lectures supplémentaires à la Knesset, forte de 120 membres, avec le soutien d’au moins 61 législateurs.

Un projet de loi de dissolution du Parlement est l’un des trois moyens dont dispose l’opposition pour renverser le gouvernement. Les deux autres sont l’adoption, par une majorité de 61 députés, d’une motion de censure et l’incapacité pour un gouvernement à faire approuver un budget à l’échéance fixée.

Le Likud est réticent à présenter le texte au vote s’il n’a pas la certitude qu’il sera adopté, un tel échec signifiant qu’une mesure similaire ne pourra plus être présentée pendant une période de six mois devant les députés.

Des informations laissent donc entendre que l’opposition pourrait retirer sa proposition si elle constate qu’elle n’a pas la majorité.

Ayman Odeh — leader de l’alliance à majorité arabe de la Liste arabe unie, qui siège dans l’opposition mais qui n’appartient pas au bloc de droite dirigé par Benjamin Netanyahu — a indiqué samedi que si sa formation voterait en faveur d’une législation prévoyant la dissolution de la Knesset, il ne voulait pas que le leader de l’opposition redevienne Premier ministre.

De droite à gauche : Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Likud avait songé à présenter une telle législation après le départ de Ghaida Rinawie Zoabi, députée du parti Meretz, de la coalition, le mois dernier, mais son retour rapide au sein de l’alliance au pouvoir avait compromis les chances d’adoption du texte.

Le Likud avait aussi prévu de présenter le projet de loi de dissolution du parlement au mois de mai, le retirant après la réintégration du parti Raam dans les rangs de la coalition – une réintégration qui avait fait disparaître toute perspective d’obtenir une majorité simple pour l’approbation de la loi en lecture préliminaire.

Les médias israéliens ont indiqué, lundi, que le texte serait présenté cette semaine pour exercer de plus fortes pressions sur Nir Orbach, député Yamina, et le déterminer à soutenir la dissolution du parlement.

Le député de Yamina Nir Orbach lors d’une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Orbach avait annoncé en date du 13 juin sa décision de quitter la coalition, laissant l’alliance politique déjà en difficulté en minorité à la Knesset – avec deux sièges de moins que l’opposition. Orbach avait indiqué qu’il ne voterait pas en faveur du renversement du gouvernement mais qu’il chercherait à construire un gouvernement d’alternance « à l’esprit patriotique » à partir des législateurs qui siègent actuellement au parlement.

Le Likud s’efforce néanmoins de convaincre Orbach de déserter totalement la coalition et de rejoindre ses rangs, même si le député de Yamina a depuis démenti de nombreuses rumeurs laissant entendre qu’il serait en cours de négociations avec le parti d’opposition.

La chaîne Kan a fait savoir, dimanche, qu’Orbach ne s’était nullement engagé à soutenir le projet de loi présenté par l’opposition et qu’il tentait encore de former un nouveau gouvernement sans obliger pour cela les Israéliens à retourner aux urnes.

De son côté, le journal Makor Rishon, proche du mouvement nationaliste-religieux, a annoncé que le Premier ministre Naftali Bennett avait demandé à Orbach de démissionner de la Knesset, lui offrant en échange un poste à haute responsabilité hors du Parlement.

Une telle initiative permettrait à une personnalité plus favorable à la coalition de prendre la place d’Orbach sur les bancs du parlement.

Des informations ont noté que si Orbach avait été furieux de cette suggestion, il ne l’avait pas pour autant rejetée tout de go.

Selon d’autres informations qui ont été transmises, jeudi, par la chaîne Kan, Bennett aurait évoqué la possibilité d’établir un nouveau gouvernement avec le parti du Likud de Netanyahu avec l’un de ses conseillers politiques à Tel Aviv. Le parti Yamina a rejeté cette affirmation.

Un gouvernement d’alternance pourrait être établi avec les députés de la Knesset actuelle, sans nouvelles élections, si un candidat parvenait à rassembler le soutien d’au moins 61 députés.

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