L’opposition réclame le rappel de l’envoyé israélien à l’ONU pour corruption présumée
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L’opposition réclame le rappel de l’envoyé israélien à l’ONU pour corruption présumée

Un reportage diffusé à la télévision accuse Danny Danon de corruption systématique. Une information démentie par l'intéressé

Le leader de l'Union sioniste Avi Gabbay à la tête d'une réunion de sa faction à la Knesset, le 30 octobre 2017 (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de l'Union sioniste Avi Gabbay à la tête d'une réunion de sa faction à la Knesset, le 30 octobre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La chef du parti travailliste Avi Gabbay a demandé le rappel de l’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon après la diffusion d’un reportage lundi selon lequel il s’était rendu coupable de corruption politique dans le but de faire avancer sa carrière personnelle.

Danon a démenti avec véhémence ces accusations sur la chaîne Hadashot. Gabbay a indiqué toutefois que ces dernières n’étaient « qu’une brique de plus dans le mur de corruption qui entoure le Likud ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait actuellement l’objet de deux enquêtes pour corruption présumée. « Pour ces corruptions, pour la honte qu’elles infligent, la population renverra [ces gens] dans l’opposition », a prédit Gabbay.

Le parti du Meretz de gauche a indiqué qu’il déposerait une requête auprès du Procureur général demandant l’ouverture d’une enquête sur Danon.

Karine Elharrar (Yesh Atid) a pour sa part demandé l’ouverture immédiate d’une « enquête criminelle », disant que si ces allégations sont vraies, c’est un exemple de « corruption politique pure ».

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU Danny Danon au Conseil de sécurité de l’ONU le 25 juillet 2017 (Crédit : l’ONU / Manuel Elias via la mission d’Israël à l’ONU)

Le reportage diffusé indiquait que Danon, un membre éminent du parti du Likud, avait pris le contrôle d’un département de l’Organisation sioniste mondiale (WZO) consacré à la promotion du sionisme et avait nommé ses amis et leurs proches à des postes grassement rémunérés sur fonds publics en échange de leur soutien lors des primaires du Likud.

Danon, ancien député du parti, avait remporté la présidence du Likud mondial, un poste qu’il a occupé jusqu’en 2015 et qui, selon le reportage télévisé, lui avait octroyé une forte influence sur les nominations et les budgets au sein des institutions nationales. Le Likud mondial est l’un des syndicats mondiaux opérant sous les auspices de l’Organisation sioniste mondiale.

Il y a six ans, Danon avait nommé l’un de ses proches, Yaakov Hagoel, à la tête d’une division de la WZO appelée ‘Faire le sionisme’ – une petite section de 30 employés.

Le chef du département local de l’Organisation sioniste Yaakov Hagoel durant un événement organisé par le Conseil sioniste d’Israël et l’Organisation sioniste mondiale à la Yeshiva Porat Yosef dans la Vieille ville de Jérusalem, le vendredi 7 février 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash 90)

En 2011, le Fonds National Juif (JNF/KKL), ne donnait pas d’argent au groupe ‘Faire le sionisme’. En 2015, la contribution apportée par le JNF à cette division s’élevait à 15 117 500 shekels et le nombre d’employés s’élevait à 190.

La chaîne Hadashot a affirmé que, en utilisant la couverture de cette division, Danon et Hagoel avaient embauché les services d’employés du Likud pour faire avancer la carrière de Danon. Le titre officiel du groupe était le « projet Eshkolot », qui devait oeuvrer en faveur de la promotion du sionisme en Israël. A la place, a affirmé le reportage, il est devenu un mécanisme permettant de rémunérer à hauteur de milliers de shekels par mois des employés du Likud qui étaient loyaux envers Danon.

Sur la base d’interviews, de documents informatiques et de courriels, Hadashot a clamé que Danon avait trié sur le volet les employés à ce projet, qui gagnaient des milliers de shekels mensuels pour, dans certains cas, quelques heures seulement de travail.

Hadashot a déclaré que les preuves que la chaîne avait réunies soulignaient un système de corruption systématique, non envers un parti ou un groupe, mais bien pour faire avancer la carrière d’un seul politique.

En réponse au reportage, Danon a déclaré qu’il n’avait pas eu le temps suffisant lui permettant de réfuter toutes les accusations. Il a insisté sur le fait qu’il n’avait rien fait de répréhensible et que le reportage était une entreprise de diffamation à son encontre. Il a souligné les résultats remportés dans la promotion du sionisme alors qu’il se trouvait dans le passé en Israël et aujourd’hui en tant qu’ambassadeur aux Nations unies.

La WZO a pour sa part déclaré que toutes ces accusations étaient fausses et sans fondement. Elle a fait savoir qu’en tant qu’organisation, elle avait été vantée par tout le spectre politique et que parmi ses employés, il y avait des membres du parti Travailliste, du Meretz, de HaBayit HaYehudi et de toutes les autres formations politiques.

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