L’organisme de casheroute indépendante accuse le rabbinat d’intimider ses clients
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L’organisme de casheroute indépendante accuse le rabbinat d’intimider ses clients

Hashagach Pratit s'en est pris à l'instance gouvernementale qui certifie la nourriture casher, et critique les amendes infligées aux restaurateurs qui font appel à sa supervision

Hanoch Steimeker, propriétaire de Hodu Hakatna, à Beer Sheva. (Crédit : Hashgacha Pratit)
Hanoch Steimeker, propriétaire de Hodu Hakatna, à Beer Sheva. (Crédit : Hashgacha Pratit)

L’organisation qui propose une certification de casheroute pour les restaurants qui ne souhaitent pas solliciter le rabbinat ultra-orthodoxe de l’État a indiqué que le rabbinat inflige des amendes injustifiées à ses clients en vue de les intimider.

Dans un communiqué publié dimanche, l’organisation Hashgacha Pratit a cité l’exemple de Hodu Haktana (Little India), un restaurant de Beer Sheva, qui a fait l’objet de sept amendes en un mois, dont cinq en une seule journée, pour un total de 8 000 shekels. Hodu Haktana avait obtenu la certification du rabbinat mais a sollicité les services de Hashgacha Pratit.

Le rabbinat est habilité à sanctionner les établissements qui utilisent le label casher sans avoir une certification émise par le rabbinat.

Le rabbi Aaron Leibowitz, membre du conseil municipal de Jérusalem qui a fondé l’organisme Hashgacha Pratit, a accusé le rabbinat de faire pression sur les restaurants qui optent pour une certification indépendante. Bien que la loi interdise aux restaurants d’afficher un label de casheroute, ils peuvent indiquer à leurs clients qu’ils font appel à une certification indépendante.

« Il y a une obsession maladive qui détruit chaque vestige d’une administration digne au sein du Grand-Rabbinat », a déclaré Leibowitz. « C’est précisément la raison pour laquelle le rabbinat a perdu la confiance du public. »

« Ce ne sont pas des amendes, et il faut cesser de leur donner ce nom », a-t-il ajouté. « C’est de l’extorsion. Il semblerait que le Grand-Rabbinat soit prêt à tout pour garder la mainmise sur le pouvoir. »

L’organisme Hashgacha Pratit a été conçu pour être une alternative plus abordable que le rabbinat, géré par le gouvernement, que beaucoup jugent corrompu et inefficace.

La loi interdisant la fraude en casheroute stipule que « le propriétaire d’un établissement de restauration ne peut pas présenter son établissement comme casher tant qu’il n’a pas obtenu de certificat de casheroute », et seul un rabbin local ou gouvernemental est habilité à délivrer un tel certificat.

Cependant, en septembre, la Cour suprême a statué que les restaurateurs israéliens sont autorisés à informer leur clientèle qu’ils servent de la nourriture casher même s’ils ne détiennent pas de certificat émis par le rabbinat.

« Le rabbinat a décidé d’attaquer le restaurant », a déclaré Hanoch Stamker, propriétaire de Hodu Haktana à Hadashot News.

« Le crime ? Avoir utilisé le mot ‘casher’ il y a plus de trois mois. »

Bien qu’il ait souligné avoir retiré le panneau de certification à deux endroits de son restaurant, le site de Hodu Haktana indique qu’il est casher.

Un porte-parole de Hashgacha Pratit déclaré au Times of Israel que depuis la décision de justice de septembre, 11 des 40 restaurants qui font appel à leurs services ont reçu des amendes ou des avertissements. Et pourtant, si le restaurant conteste l’amende au tribunal, comme ils en ont le droit, le rabbinat se rétracte systématiquement et les annule. Le rabbinat a défendu ces amendes auprès de Hadashot News, indiquant que Hodu Haktana était un récidiviste dans cette affaire.

« Ce commerce a des antécédents en fraude à la casheroute et a déjà induit le public en erreur, et en dépit des amendes qu’il a reçues dans le passé, il continue à se présenter comme casher sur son site, ce qui explique les amendes supplémentaires », a expliqué le rabbinat.

« L’incident sera étudié par le département juridique du rabbinat, et s’il s’avère que la loi n’a pas été appliquée correctement, l’affaire sera réglée comme il se doit. »

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