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L’UE annonce une nouvelle étude sur les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne

Le Parlement européen a menacé de "mesures" si tous les manuels n’étaient pas révisés pour répondre pleinement aux normes de l'UNESCO

Des écoliers palestiniens reçoivent de nouveaux manuels dans leur classe lors de la rentrée de cette année dans l’une des écoles de l’UNRWA à Beyrouth au Liban, le 3 septembre 2018. (Crédit : Hussein Malla/AP)
Des écoliers palestiniens reçoivent de nouveaux manuels dans leur classe lors de la rentrée de cette année dans l’une des écoles de l’UNRWA à Beyrouth au Liban, le 3 septembre 2018. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Le mois dernier, le commissaire européen Oliver Varhelyi a annoncé que l’Union européenne (UE) financerait une deuxième étude au sujet des manuels scolaires palestiniens et que, si ceux-ci n’étaient pas exempts d’antisémitisme, d’incitation à la haine et à la violence, l’UE prendrait « les mesures appropriées si nécessaire ».

L’annonce faisait suite à la rencontre entre la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh à Ramallah le 14 juin, lors de laquelle elle avait promis la reprise de l’aide à l’AP, qui avait été gelée en raison des incitations à la haine présentes dans les manuels palestiniens.

Dans des propos rapportés par l’ONG IMPACT-se, le commissaire Oliver Varhelyi, dont le département supervise l’aide à l’AP, a déclaré devant le Parlement européen que l’argent des contribuables européens ne devrait pas être utilisé pour financer l’antisémitisme et l’incitation à la haine.

« Ce qui commence par l’incitation à la haine et à la violence, devient terreur et empêche la coexistence », a-t-il dit. « L’incitation non seulement empoisonne le cerveau des enfants, mais cimente également l’opinion de beaucoup selon laquelle il n’y a aucune perspective de solution pacifique à un conflit. »

Olivér Várhelyi, le commissaire à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage, lors d’une réunion de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, mai 2020. (Twitter)

Exprimant sa consternation face à la décision des États membres de l’UE de plutôt forcer la commission à reprendre le financement de l’AP après un gel de 14 mois, il a ajouté que « malheureusement, l’antisémitisme est en hausse en Europe et dans le monde. Ce qui est encore plus troublant, c’est que même les engagements fondamentaux de l’UE pour cette lutte semblent s’affaiblir, voire disparaître. On n’aurait peut-être jamais imaginé que la lutte contre l’antisémitisme serait négociable en Europe, ou pire encore, serait prise en charge par d’autres considérations lorsque certaines décisions sont prises. Se dresser contre l’antisémitisme ne devrait jamais devenir une question ».

Marcus Sheff, PDG d’IMPACT-se, a déclaré le mois dernier « qu’il est clair que M. Varhelyi, dont le département supervise l’aide à l’Autorité palestinienne, ne se laissera pas rouler par les États membres de l’UE. La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a acquiescé face aux États membres, mais la question de l’enseignement palestinien de la haine ne disparaîtra pas simplement parce qu’elle le souhaite. La Commission s’est engagée à lier son aide à l’éradication de l’incitation dans les manuels de l’Autorité palestinienne, tout comme le Parlement ».

Déjà, ces dernières années et à plusieurs reprises, le Parlement européen avait adopté des résolutions contre les « discours de haine et à la violence » enseignés dans les manuels et les écoles gérées par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

À nouveau en mai dernier, le Parlement européen a adopté une résolution « déplorant » que l’AP ait créé et enseigné de nouveaux contenus violents et haineux, « pires que les éditions précédentes », « en abusant de l’aide de l’UE pour la troisième année consécutive », selon IMPACT-se.

La résolution a ainsi insisté pour que l’AP « modifie rapidement le programme ». Les parlementaires ont également réitéré les résolutions adoptées précédemment, notamment en insistant sur le fait que le financement de l’UE à l’Autorité palestinienne « devait être subordonné » à la réforme du programme scolaire afin de respecter pleinement les normes de l’UNESCO en matière de paix et de tolérance.

Oliver Varhelyi a ajouté « qu’il ne suffit pas d’en parler. Nous devons agir. Et nous devons agir maintenant. L’UE ne peut être un acteur crédible ni en Europe, ni au Moyen-Orient et au-delà, si nous ne respectons pas ces engagements fondamentaux. Pour moi, il ne peut y avoir aucun compromis et aucune question sur ces principes fondamentaux. Ce doit être non négociable. Et l’argent des contribuables européens ne devrait pas être utilisé pour financer une telle activité », a-t-il déclaré.

« Vous pouvez compter sur mon dévouement personnel et mon engagement ferme à respecter ces principes. Nous travaillons dur pour traduire cet engagement politique en actions concrètes sur le terrain. Pour avoir un impact et obtenir de vrais résultats », a conclu Várhelyi.

La députée européenne Anna-Michelle Asimakopoulou, du parti le plus important et le plus influent du Parlement européen, s’est déclarée « extrêmement déçue » par la décision des États membres de reprendre le financement après le gel.

« La tolérance zéro ne peut pas être qu’un slogan. Cela doit se refléter dans nos actions. C’est une occasion manquée d’effectuer des changements indispensables en ce qui concerne le contenu des manuels palestiniens », a-t-elle déclaré.

L’eurodéputé suédois Charlie Weimers a lui déclaré que « si l’UE s’est engagée à lutter contre l’antisémitisme, alors pourquoi verser à nouveau de l’argent à l’AP ? L’étude financée par l’UE a noté que le programme de l’Autorité palestinienne contenait un antisémitisme et un soutien au terrorisme ! Le Parlement européen a également appelé à conditionner le financement jusqu’à ce que les programmes soient conformes aux normes de l’UNESCO. »

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