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L’Utah enquête sur une cidrerie et un bar de Salt Lake City « Interdits aux sionistes »

Le ministère des services de boissons alcoolisées cherche comment "répondre à la discrimination" dans les établissements licenciés, mais à reste à savoir si "sioniste" est une catégorie protégée

Des messages sur les réseaux sociaux de Six Sailor Cider et du Weathered Waves Bar à Salt Lake City, dans l'Utah, dont un dans lequel l'entreprise dit "bannir tous les sionistes pour toujours de ses établissements", publiés le 4 mars 2024. (Crédit : Captures d'écran via Instagram et Pinterest via JTA)
Des messages sur les réseaux sociaux de Six Sailor Cider et du Weathered Waves Bar à Salt Lake City, dans l'Utah, dont un dans lequel l'entreprise dit "bannir tous les sionistes pour toujours de ses établissements", publiés le 4 mars 2024. (Crédit : Captures d'écran via Instagram et Pinterest via JTA)

JTA – Les autorités de l’Utah enquêtent sur une cidrerie et un bar de Salt Lake City après qu’ils ont affiché « No Zionists Allowed » (« Interdit aux sionistes »).

Michael Valentine, propriétaire de Six Sailor Cider et Weathered Waves Bar, a également ciblé un rabbin du mouvement Habad Loubavitch local et un exploitant de camion de nourriture casher qui ont publiquement critiqué la position du propriétaire de l’entreprise.

« Comme beaucoup, nous sommes horrifiés par le génocide en cours à Gaza et sommes encore plus horrifiés de voir tant d’Américains ignorer et rationaliser le nettoyage ethnique », ont annoncé les entreprises dans une publication Instagram lundi intitulée « Interdit aux sionistes ».

« C’est pourquoi nous sommes heureux d’annoncer que nous bannissons à jamais tous les sionistes de nos établissements. »

Le food truck Yalla Kosher, dans l’Utah. (Crédit : Capture d’écran Facebook/ Yalla Kosher)

Dans un communiqué, un porte-parole du Département des services de boissons alcoolisées de l’Utah a déclaré à la JTA qu’il avait contacté le bureau du procureur général de l’Utah « afin qu’ils puissent mener une enquête pour savoir si l’entreprise viole les lois sur la discrimination ».

Le département a également indiqué qu’il examinait ses propres options « pour répondre à la discrimination » dans ses établissements licenciés. Il n’est pas certain que les « sionistes » soient considérés comme une catégorie protégée par les lois sur la discrimination. Le bar a affirmé qu’il n’interdisait pas les Juifs, une distinction que de nombreux groupes juifs balaient du revers de la main, arguant que les fanatiques utilisent depuis longtemps le terme « sioniste » pour remplacer le terme « Juif » et mettant en avant des enquêtes montrant qu’une majorité de Juifs américains exprimaient une affinité pour Israël.

Le conflit en Utah survient alors que le Conseil municipal local a adopté de nouvelles restrictions sur les opinions publiques, réduisant le temps qui leur est alloué, en grande partie en réponse à l’activisme anti-Israël qui a occupé le devant de la scène lors d’une récente délibération du conseil au sujet d’une résolution de cessez-le-feu. Des espaces progressistes et des activistes à travers l’Amérique du Nord ont ciblé des entreprises et des établissements appartenant à des Juifs ou à des Israéliens pour protester contre la guerre à Gaza.

Dans sa publication Instagram, Six Sailor Cider écrit que « le sionisme est une incitation à la haine. C’est de la suprématie blanche et ça n’a rien à voir avec la belle foi juive. Nous nous tenons à jamais fermement aux côtés de la population de Gaza et de l’humanité ».

Le message se termine ainsi : « Nous rêvons d’une Palestine libre et prospère. Cessez-le-feu maintenant. »

Selon le Salt Lake Tribune, les commerces venaient d’obtenir une licence de vente d’alcool la semaine précédente. Valentine, ancien candidat indépendant à la mairie, a indiqué au journal qu’il avait écrit le message et qu’il ne pensait pas qu’il était antisémite. Il n’a pas répondu à la demande de commentaire de la JTA.

Le rabbin Avremi Zippel, dont le food truck Yalla Kosher est situé à environ 15 minutes en voiture du bar, n’a pas été nommé dans le message initial. Mais il a déclaré que des Juifs et des sympathisants de toute la communauté l’avient poussé à faire une déclaration à ce sujet. En conséquence, il a publié une réponse sur le compte Instagram de Yalla Kosher.

« Il a été porté à notre attention qu’un commerce local a officiellement pris la position qu’il ne servirait pas les personnes ayant un certain système de croyance », peut-on lire dans le message de Yalla. « C’est à eux de décider. (Probablement illégal, mais ce n’est pas notre problème). »

« Valeurs mises à part, nous pensons que vous préféreriez notre shawarma à un cidre qui sympathise avec la violence sexuelle », continue le message – une référence aux viols et aux agressions sexuelles perpétrés par les terroristes du Hamas lors du massacre du 7 octobre, au cours duquel ils ont brutalement assassiné 1 200 personnes, pour la plupart des civils, dans le sud d’Israël et en ont enlevé 253 autres, les emmenant de force dans la bande de Gaza au cours d’une orgie de violence, de tortures et de mutilations.

Sur son propre compte, Valentine a nommé Zippel : « Si votre entreprise est pour tout le monde, l’est-elle aussi pour les Palestiniens ? Condamnez-vous le génocide à Gaza ? »

Il a ajouté que son commerce était toujours ouvert aux « Juifs antisionistes » et a dit au rabbin : « Vous n’avez aucun fondement moral pour diffuser des discours de haine lors des réunions du Conseil municipal. »

« Il s’agissait d’une affaire qui, dès le départ, avait un angle très précis et direct », a déclaré Zippel, rabbin Habad de l’Utah, à la JTA.

Ce n’est pas la première fois que Zippel se fait l’avocat d’une cause locale. Il avait récemment pris la parole lors d’une séance publique du Conseil municipal pour s’opposer à une résolution de cessez-le-feu soutenue par des partisans de la cause palestinienne ; la mesure a finalement été rejetée, le Conseil municipal soutenant à la place une résolution plus large « en faveur de la paix ».

Lors de cette réunion, Zippel a déclaré qu’il s’était également attiré les foudres de Valentine, qui est également cinéaste et militant pro-palestinien de premier plan au niveau local. Après que Zippel a posté qu’il s’était exprimé « au milieu d’une mer de masques et de keffiehs [les foulards traditionnels palestiniens utilisés pour signifier son soutien aux Palestiniens] et de personnes appelant ouvertement à mon anéantissement », Valentine l’a accusé de « rhétorique anti-palestinienne, anti-arabe et anti-musulmane » et a écrit : « Il est étonnant qu’un rabbin fasse des remarques aussi ouvertes et dédaigneuses sur une race, une religion et une culture entières. Cela en dit long sur la suprématie blanche qui régnait dans cette salle hier soir. »

Les deux hommes ont chacun un passé traumatisant. Zippel a déclaré avoir survécu à des abus sexuels dans son enfance et a écrit des mémoires sur ses expériences tout en se battant pour poursuivre son agresseur en justice. Valentine est un ancien sans-abri, qui a fait de la question des SDF l’un des thèmes centraux de sa campagne électorale ratée de 2023 ; il s’est également enchaîné à un cinéma local pour protester contre sa démolition programmée.

Zippel a déclaré qu’il ne prenait pas l’attention de Valentine au sérieux. « Ce n’est ni une personne bien ni une personne sérieuse », a déclaré le rabbin. « Je n’ai pas l’intention de m’approcher à moins de 100 mètres du magasin », ajoutant qu’il avait reçu une vague de soutien de la part de ses clients et de ses alliés depuis la publication de son message.

L’incident de Salt Lake City survient alors que d’autres personnes et institutions manifestement juives ont également été la cible de protestations aux États-Unis. La semaine dernière, des activistes anti-Israël, dont certains étaient Juifs, ont dressé un piquet de grève devant une synagogue de Miami Beach où l’avocat pro-Israël Alan Dershowitz donnait une conférence, et des synagogues ayant accueilli une société immobilière annonçant des investissements en Israël et en Cisjordanie ont été le théâtre d’altercations parfois violentes ces derniers jours, tant aux États-Unis qu’au Canada.

Un syndicat d’étudiants de l’Université de Vancouver a failli organiser un vote pour forcer un centre Hillel à quitter le campus, tandis que la star juive du reggae, Matisyahu, a également été la cible de protestations lors de sa tournée américaine actuelle, ce qui a conduit à l’annulation de plusieurs concerts.

Zippel a déclaré à la JTA que certains de ses partisans avaient déposé des plaintes pour violation des droits civils contre Valentine et son entreprise, alléguant que le fait de refuser de servir des sionistes s’apparentait à de la discrimination. Mais le rabbin lui-même en a fini avec la lutte contre le propriétaire de la cidrerie.

Quant à savoir pourquoi il s’est impliqué dans cette affaire, Zippel a répondu : « Je pense qu’il est important pour les habitants de cette ville et pour les gens du monde entier de voir le contraste frappant dans l’approche et le comportement entre notre établissement et le leur. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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