Malgré les appels à la réforme les importations d’animaux vivants sont en hausse
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Malgré les appels à la réforme les importations d’animaux vivants sont en hausse

Un groupe de droits des animaux accuse le ministère de l'Agriculture d’ignorer l'appel du contrôleur de l'État à importer plus de viande réfrigérée et réduire la souffrance animale

Cargaison de veaux transportés vivants d'Australie à Eilat pour l’engraissement avant abattage, décembre 2019. (Israel Against Live Shipments)
Cargaison de veaux transportés vivants d'Australie à Eilat pour l’engraissement avant abattage, décembre 2019. (Israel Against Live Shipments)

Le nombre d’animaux vivants importés en Israël pour l’engraissement et l’abattage a augmenté de 51 pourcents au cours du premier trimestre de cette année, par rapport à la même période l’année dernière, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture (en hébreu).

Entre janvier et mars 2021, 207 214 veaux et agneaux sont arrivés dans les ports du pays (dont 13 400 à destination de l’Autorité palestinienne), contre 136 983 au premier trimestre 2020.

L’année dernière, un total de 601 741 animaux sont arrivés en Israël par cargaison d’animaux vivants, contre un record historique de 691 327 en 2019.

De nombreux rapports révèlent la cruauté que subissent ces animaux à bord des navires de marchandises, qui ressemblent à d’énormes parkings à plusieurs étages transportant entre 1 000 et 20 000 bovins, ou jusqu’à 100 000 moutons, ou une combinaison des deux.

Bovin couché dans des excréments sur un navire de transport d’animaux vivants en provenance d’Australie. (Autorisation : Dr Lynn Simpson)

Une fois en Israël, les animaux sont chargés dans des camions pour des trajets qui peuvent durer des heures jusqu’aux abattoirs ou aux installations d’engraissement avant abattage. Ils sont traités aux antibiotiques contre les infections favorisées par la surpopulation.

Au mois de mai l’an dernier, le contrôleur de l’État a critiqué le ministère de l’Agriculture pour l’absence d’enquêtes sur les problèmes liés au transport d’animaux vivants et l’absence de sanction pour les armateurs et les importateurs qui enfreignent les règles de façon récurrente. En outre, le rapport trouve très insuffisant la surveillance, le traitement et le développement de nouveaux projets pour limiter la propagation des maladies qui peuvent infecter le bétail et se transmettre aux humains.

Le rapport indique : « Compte tenu des dommages causés au bien-être animal lors de ces transports, il est nécessaire que le ministère continue de donner la priorité à l’importation de viande réfrigérée de l’étranger, au lieu d’importer du bétail, une mesure qui répond à ceux qui souhaitent consommer de la viande fraîche sans causer plus de souffrances aux animaux lors des transports maritimes. »

Le ministère de l’Économie a progressivement augmenté les contingents d’importations affranchies de droits de douane de viande réfrigérée. L’année dernière, des permis ont été accordés pour en importer plus de 21 000 tonnes – 17 500 tonnes dans le cadre des contingents d’importations affranchies de droits de douane et le reste dans le cadre d’accords bilatéraux.

Des moutons sont expédiés pour engraissement et abattage dans des navires à plusieurs étages. (Capture d’écran YouTube)

Mais cela ne constitue qu’une fraction de la viande consommée.

Israël est le quatrième consommateur de bœuf et de veau de l’OCDE, après le Brésil, les États-Unis et l’Argentine, avec une consommation annuelle de bœuf par habitant en 2018 s’élevant à 20,5 kilogrammes et totalisant 137 000 tonnes.

Environ les trois quarts des industries du transport, de l’engraissement et de l’abattage sont contrôlés par seulement deux puissantes entreprises, Tnouva et Dabbach.

Le volume des transports d’animaux vivants a fortement augmenté après 1999, après que le ministère des Finances a aboli les droits de douane sur les jeunes veaux importés pour l’engraissement et que les droits sur les veaux déjà engraissés ont été supprimés par une décision du gouvernement en 2014, apparemment pour aider à réduire les prix et le coût de la vie. (Les droits sur les importations d’agneaux sont relativement faibles).

Malgré cela, le prix du bœuf a augmenté de 6 % entre 2013 et fin 2018, selon une analyse du département de recherche de la Knesset réalisée (en hébreu) en juillet 2020.

Des gens font griller de la viande pour la fête annuelle du barbecue de Yom HaAtsmaout au parc Sacher de Jérusalem en 2009. (Deborah Sinai / Flash 90)

Les importations de veaux vivants ont plus que doublé entre 2014 et 2019, passant de 98 247 têtes à 229 122, tout comme le nombre de pays qui fournissent les animaux en question.

En novembre 2018, un mois avant la dissolution de la Knesset qui a déclenché quatre élections non-concluantes, la Knesset avait donné son feu vert à un projet de loi en lecture préliminaire pour réduire progressivement le nombre de bêtes importées en Israël et pour les arrêter complètement dans les trois ans, passant entièrement à l’importation de viande réfrigérée.

Le projet de loi, proposé par le député du Likud Miki Zohar, a été adopté sans opposition. Mais l’impasse politique l’a empêché de progresser.

Commentant les chiffres du premier trimestre de cette année, l’organisation de défense des animaux Animals Now a déclaré dans un communiqué : « L’augmentation vertigineuse du nombre de transports d’animaux vivants prouve que le ministre de l’Agriculture méprise le contrôleur de l’État et le public israélien. Alors que 86 % des Israéliens soutiennent la législation pour arrêter les cargaisons d’animaux vivants, le ministère de l’Agriculture profite de la situation politique. »

« En 2021, les transports d’animaux vivants auraient déjà dû appartenir au passé. »

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