Malgré une dure bataille, Netanyahu fait approuver l’accord turc
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Malgré une dure bataille, Netanyahu fait approuver l’accord turc

Le cabinet de sécurité vote l’accord de réconciliation ; Bennett, Shaked et Liberman se sont prononcés contre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence de presse annonçant les détails de l'accord de réconciliation entre Israël et la Turquie, à Rome, le 27 juin 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence de presse annonçant les détails de l'accord de réconciliation entre Israël et la Turquie, à Rome, le 27 juin 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a remporté une bataille plus dure que prévue pour emporter l’approbation du cabinet pour la nouvelle réconciliation d’Israël avec la Turquie, qui a été voté par sept voix contre trois mercredi. Le vote du cabinet de sécurité n’était pas contraignant.

Les deux ministres du parti HaBayit HaYehudi, le ministre de l’Education Naftali Bennett et la ministre de la Justice Ayelet Shaked, ont voté contre l’accord, qui a été annoncé lundi et signé par des responsables à Jérusalem et Ankara mardi. Bennett avait déclaré mardi qu’il soutenait la réconciliation avec la Turquie, « mais pas à n’importe quel prix ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a également voté contre l’accord.

Aux côtés de Netanyahu au sein du cabinet de sécurité composé de dix membres, les ministres de l’Intérieur Aryeh Deri (Shas), du Logement Yoav Galant (Koulanou) et de l’Energie Yuval Steinitz (Likud) ont soutenu l’accord.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan (à droite) et le ministre des Transports et des Renseignements Yisrael Katz, à Tel Aviv, le 31 décembre 2014 (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan (à droite) et le ministre des Transports et des Renseignements Yisrael Katz, à Tel Aviv, le 31 décembre 2014 (Crédit : Flash90)

Encore indécis mardi, deux collègues du Likud de Netanyahu, les ministres de la Sécurité publique Gilad Erdan et des Transports Yisrael Katz, et le ministre Koulanou des Finances, Moshe Kahlon, qui avait déclaré mardi qu’il se prononcerait sur les mérites de l’accord quand il l’aurait lu en entier, se sont finalement prononcés en faveur de la réconciliation.

Netanyahu avait donné aux ministres le texte intégral de l’accord mardi après-midi, et étendu le temps alloué au débat sur l’accord au cabinet mercredi de 90 minutes à plusieurs heures.

Des détracteurs comme Bennett ont estimé que l’accord était une capitulation devant le Hamas, en cela qu’il ne fournit pas de garanties au retour en Israël de deux citoyens israéliens qui seraient détenus dans la bande de Gaza, ni à la restitution des corps de deux soldats israéliens, entre les mains du Hamas depuis l’opération Bordure protectrice de l’été 2014. L’accord stipule également qu’Israël devra payer 20 millions de dollars de dédommagement aux victimes turques du raid de 2010 contre le Mavi Marmara.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont tenu une conférence de presse commune dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 28 juin 2016. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash 90)
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont tenu une conférence de presse commune dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 28 juin 2016. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash 90)

Netanyahu a promis mardi à plusieurs reprises de faire tout ce qui était possible pour les Israéliens à Gaza, et a même demandé l’intervention de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU en visite en Israël. Mais il a également souligné que la Turquie s’était engagée dans l’accord à essayer d’aider à ce sujet, et que l’accord mettait fin à des années d’inimitié israélo-turque, protégeait les soldats israéliens d’actions judiciaires pour l’affaire du Mavi Marmara, maintenait en place le blocus de la bande de Gaza, et ouvrait la possibilité d’une importante coopération économique entre les deux pays.

Parallèlement, les familles des soldats israéliens et des civils détenus dans la bande de Gaza ont déclaré mardi, après s’être entretenues avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, que le cabinet devrait rejeter l’accord.

Les soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite) (Crédit : Flash90)
Les soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite) (Crédit : Flash90)

Ban et Netanyahu ont rencontré à Jérusalem des proches des deux soldats israéliens tombés au combat dont les restes sont détenus dans Gaza, dirigée par le Hamas, et la famille de deux Israéliens qui seraient prisonniers du groupe terroriste palestinien.

Les familles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, tués en action pendant la guerre de Gaza en 2014, ont fait pression pour que le retour de leurs corps soient compris dans un accord de rapprochement d’Israël avec la Turquie.

Les parents des soldats israéliens décédés Oron Shaul et Hadar Goldin ont protesté devant la résidence de Jérusalem du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 27 juin 2016 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Les parents des soldats israéliens décédés Oron Shaul et Hadar Goldin ont protesté devant la résidence de Jérusalem du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 27 juin 2016 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Zahava Shaul, la mère d’Oron, et Ilan Mengistu, dont le frère Avraham serait retenu en otage dans la bande de Gaza depuis qu’il y est entré en septembre 2014, ont continué à faire pression sur les membres cabinet de sécurité pour qu’ils votent contre l’accord mercredi.

« Nous sommes entrés plein d’espoir et sommes sortis déçus. Ne signez pas l’accord avec la Turquie », a-t-elle demandé aux ministres israéliens.

Précédemment, Netanyahu avait demandé à Ban d’utiliser sa position au sein de la communauté internationale pour aider à la libération des prisonniers présumés et des corps des soldats.

Avraham Mengistu, 28 ans, détenu par le Hamas dans la bande de Gaza depuis 2014. (Crédit : Facebook)
Avraham Mengistu, 28 ans, détenu par le Hamas dans la bande de Gaza depuis 2014. (Crédit : Facebook)

« Je veux vous remercier, M. le Secrétaire, pour avoir accepté de rencontrer les familles Goldin, Shaul et Mengistu », a déclaré Netanyahu pendant la conférence de presse commune précédant leur réunion dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem.

Parlant du Hamas comme d’une organisation terroriste avec des « objectifs de génocide », Netanyahu a déclaré que le groupe « retient cruellement et illégalement les restes de nos soldats, et nos citoyens. Je vous demande d’utiliser votre position pour aider à ramener ces soldats et ces citoyens à la maison. »

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