Mandelblit fustige les attaques contre les médias, vise indirectement Netanyahu
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Mandelblit fustige les attaques contre les médias, vise indirectement Netanyahu

Le procureur général, qui supervise les enquêtes sur le Premier ministre, a déclaré que la liberté de presse, comme les organes chargés de faire appliquer la loi, sont menacés

Le procureur général Avichai Mandelblit durant une conférence organisée par Hadashot News à Jérusalem le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit durant une conférence organisée par Hadashot News à Jérusalem le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a fustigé les attaques contre les médias lundi, comparant leur rôle à celui de l’application de la loi, qui selon lui, est également menacé, dans un contexte d’enquêtes dont fait l’objet le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

S’exprimant durant une conférence organisée par la chaîne télévisée Hadashot, Mandelblit a déclaré que « la liberté de presse est un élément fondamental d’une société démocratique, et il est capital de la protéger et de la maintenir ».

Il a ajouté que le rôle des médias était comparable à celui de la police et des organes chargés de faire appliquer la loi.

« On peut dire qu’il y a une comparaison entre le monde des médias et le monde de l’application de la loi », a-t-il dit. « Dans ces deux univers, il est évident que l’indépendance des organes constitutifs est plus important que tout. »

« La nécessite d’un média indépendant s’impose quand ce dernier traite de questions d’ordre sociétal et gouvernemental sensibles et les révèle », a-t-il ajouté. « Alors, l’indépendance des médias est mise à l’épreuve et au défi. De la même manière, certains tentent de remettre en question l’indépendance du système d’application de la loi, ou même de le détruire. »

Netanyahu fait actuellement l’objet d’une enquête pour corruption dans trois affaires distinctes, et ses proches députés s’en sont pris aux médias et à la police, ont proposé des lois limitant leurs pouvoir d’enquêter sur des personnages publics ou de rapporter des faits liés à ces enquêtes dans la presse.

La Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à Vilnius, en Lituanie, le 23 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Petras Malukas)

Dans le cadre des affaires 1000 et 2000, la police a déjà recommandé que le Premier ministre soit mis en examen.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu un million de shekels en avantage en échange de faveurs. L’affaire 2000 porte sur un accord de quid-pro-quo illégal entre Netanyahu et Arnon Mozes, l’éditeur du quotidien Yediot Aharonoth, visant à affaiblir un journal concurrent, le quotidien Israel Hayom, financé par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture médiatique favorable.

Le Premier ministre est aussi suspecté dans l’enquête Bezeq, aussi connue comme l’Affaire 4000. Netanyahu, qui a aussi servi en tant que ministre des Communications pendant plusieurs années après ses deux premiers mandats de Premier ministre, est soupçonné d’avoir pris des décisions politiques en faveur de l’actionnaire principal de Bezeq, Shaul Elovith, en échange d’un couverture médiatique favorable des Netanyahu dans le site d’information Walla, que détient Elovitch.

Dans son discours, Mandelblit a déclaré que les enquêteurs s’apprêtaient à conclure les enquêtes dans les plus brefs délais, sans pour autant compromettre leur professionnalisme et en dépit des pressions politiques exercées par la droite et la gauche.

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