Mandelblit : pas de « poursuites » contre Netanyahu, aucun accord avec sa femme
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Mandelblit : pas de « poursuites » contre Netanyahu, aucun accord avec sa femme

Le procureur général a déclaré aux députés que les enquêtes pour corruption contre le Premier ministre sont complexes et qu'il ne cédera pas à la pression

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Nissan Slomiansky, chef de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice
 et le procureur général lors d'une réunion à la Knesset, le 25 juin 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Nissan Slomiansky, chef de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice et le procureur général lors d'une réunion à la Knesset, le 25 juin 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur général a défendu les enquêtes pour corruption dont fait l’objet le Premier ministre Benjamin Netanyahu mercredi, démentant le fait qu’il pourrait y avoir des « poursuites », et a affirmé aux députés qu’il n’était pas certain que les enquêtes conduiraient à une mise en examen, mêmes si la police a recommandé une inculpation.

Convoqué par la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice pour discuter des affaires qui impliquent le Premier ministre et son épouse, Mandelblit a expliqué pourquoi les enquêtes étaient si longues, et a indiqué que c’était, en partie, dû aux témoignages de Nir Hefetz, ancien conseiller de Netanyahu devenu témoin de l’accusation.

« Beaucoup de choses se sont passées depuis que nous avons ouvert l’enquête », a-t-il dit. « Les affaires sont à un stade avancé. »

Il a expliqué qu’il était trop tôt pour dire si le Premier ministre sera mis en examen dans le cadre de ces affaires.

« A tous ceux qui font pression pour savoir s’il y aura mise en examen, je n’ai [qu’une chose] à dire : « attendez ». Les suspects aussi ont des droits », a déclaré Mandelblit. « Et à tous ceux qui disent qu’il y aura mise en examen, faites attention à vos mots. »

Netanyahu lui-même s’en est pris aux enquêteurs, les accusant de faire part d’un complot visant à le faire tomber, notamment en encourageant les faux témoignages contre lui, et en faisant illégalement pression sur les témoins.

Répondant aux critiques des sympathisants de Netanyahu, comme à celles de ses détracteurs, qui déplorent la longue durée des enquêtes, Mandelblit a souligné que les enquêtes de cette complexité prennent du temps.

« Il y a quatre mois, la police a donné ses recommandations dans le cadre de l’affaire 1000 et 2000 », a-t-il dit. « Ces données ont été transférées à l’accusation, qui a commencé à se pencher dessus… Il y a une mauvaise compréhension du fonctionnement des choses. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara, à Jérusalem, le 16 mai 2018. (Yonatan Sindel/ Flash90)

L’affaire 1000, la première des quatre enquêtes dont Netanyahu fait l’objet, en tant que suspect ou que personne d’intérêt, a été ouverte en janvier 2017.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et son épouse sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires. L’affaire 2000 concerne un accord de contrepartie illicite présumé entre Netanyahu et l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth Arnon Mozes.

Le procureur général, qui est responsable de mettre en accusation les employés de la fonction publique, a déclaré que les recommandations de la police sur la mise en examen de Netanyahu pour corruption dans les deux affaires ne conduiront « absolument pas » nécessairement à une inculpation.

La police enquête également sur une autre affaire, dite l’affaire 4000, concernant des soupçons selon lesquels Netanyahu a avancé des décisions réglementaires au profit de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, en échange d’une couverture flatteuse des Netanyahu par le site d’information Walla, propriété d’Elovitch.

Mandelblit a expliqué que les enquêtes dans cette affaire ont déclenché la réouverture d’affaires précédentes.

L’ancien conseiller en communication du Premier ministre Nir Hefetz arrive pour une audience de renvoi dans l’affaire 4000 au tribunal de district de Tel Aviv, le 22 février 2018. (Flash90)

« Nous devons examiner généralement toutes les affaires. Elles sont liées et nous devons ratisser large », a-t-il dit. « Il y a également des témoins en commun, et afin de comprendre les preuves, il faut les regarder comme une seule pièce. »

Il a également défendu l’usage de témoins de l’accusation dans les enquêtes, une méthode qui, selon Netanyahu, consiste à « faire pression » sur ses anciens proches et à « leur dire de mentir ».

« Afin de faire la lumière sur la vérité et les intérêts publics dans ces affaies, les témoins de l’accusation sont importants », a déclaré Mandelblit. « Je suis conscient des tentatives de délégitimation avec des objectifs politiques et hors propos. Chaque tentative de ce genre est une tentative d’empêcher de parvenir à la vérité. Notre mission est de garantir un état de droit, et dans une enquête, nous utilisons tous les outils. »

L’affaire 3000 porte sur des soupçons selon lesquels des fonctionnaires de l’État ont été soudoyés pour influencer une décision concernant l’achat de quatre patrouilleurs et de trois sous-marins de la classe Dolphin pour un coût total de 2 milliards d’euros auprès de ThyssenKrupp, malgré l’opposition du ministère de la Défense à l’accord.

Mandelblit a souligné que le Premier ministre, qui n’a pas été interrogé sous contrôle judiciaire, n’est pas suspect dans cette affaire..

« Les évènements parlent d’eux-mêmes. « Quiconque a été interrogé sous contrôle judiciaire est un suspect. Ceux qui n’ont pas été interrogés sous contrôle judiciaire ne sont pas suspects. »

Le procureur général a également parlé des allégations, la semaine dernière, qui indiquaient qu’en dépit de sa mise en examen pour usage abusif de fonds publics, à hauteur de 100 000 dollars entre 2010 et 2013, les avocats de l’épouse du Premier ministre tentaient toujours d’éviter d’aller au procès.

« Je n’ai connaissance d’aucun contact ni discussion sur un quelconque accord après la mise en examen », a déclaré Mandelblit. « Nous avons demandé une mise en examen, parce que selon nous, il y a de grandes chances qu’elle soit inculpée. Tout cela sera décidé au tribunal. »

Le couple Netayahu a nié toute malversation dans ces affaires.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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