Israël en guerre - Jour 191

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Manuel Valls à Kfar Azza : les horreurs commises par le Hamas rappellent le Bataclan

La délégation de parlementaires français en visite a assuré que Paris soutiendrait Israël aussi longtemps que nécessaire pour renverser le Hamas

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le colonel Golan Vach (à droite) s'adresse à des parlementaires français à Kfar Aza, le 16 octobre 2023 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
Le colonel Golan Vach (à droite) s'adresse à des parlementaires français à Kfar Aza, le 16 octobre 2023 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Un groupe de parlementaires français, sur les lieux de l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre dernier à Kfar Aza, dans le sud du pays, a déclaré que France est confrontée à la même menace terroriste qu’Israël.

« C’est le djihadisme islamiste qui nous attaque en France et en Europe », a déclaré l’ancien Premier ministre français Manuel Valls au Times of Israël. « C’est pourquoi nous devons être aux côtés d’Israël ici, témoigner et dire ce qui s’est passé. »

« Pour nous, Français, les images effroyables de la fête près du kibboutz Reim, où 260 personnes ont été massacrées, nous rappellent les horreurs du Bataclan », a déclaré le député Benjamin Haddad, proche allié du président français Emmanuel Macron. « C’est la même menace à laquelle nous sommes confrontés, alors nous sommes ici pour écouter et faire preuve de notre solidarité. »

Les attentats de novembre 2015 à Paris, qui ont fait 130 morts, ont été les pires atrocités commises en temps de paix sur le sol français. Quatre-vingt-dix victimes assistaient à un concert au Bataclan, assassinés lors d’une série d’attaques coordonnées.

Le déplacement de ces 10 politiciens français en Israël est le fruit du travail d’ELNET, organisation qui œuvre à développer les relations entre Israël et l’Europe.

Ils se sont rendus sur la base Shura, où le rabbinat militaire de Tsahal s’efforce d’identifier les centaines de soldats et civils tués dans les attaques du Hamas. Les rabbins de l’armée ont ouvert les conteneurs réfrigérés contenant les corps pour permettre à la délégation de constater l’ampleur de l’assaut.

Un soldat israélien dans Kfar Aza, le 16 octobre 2023 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Ils ont reçu des masques pour ne pas sentir l’odeur méphitique qui s’est répandue dans la base à l’ouverture des conteneurs.

« Depuis la Shoah, aucun autre pays n’a enduré pareille épreuve », a dit au groupe le colonel Haim Weissberg, aumônier principal de Tsahal.

Les parlementaires ont essuyé des tirs de roquettes du Hamas en route vers la zone frontalière avec Gaza. Alors qu’ils attendaient à un poste de contrôle de Tsahal près de Nahal Oz, les soldats les ont conduits précipitamment vers un abri en béton au bord de la route où ils se sont entassés aux côtés d’ouvriers thaïlandais.

Objets personnels appartenant à un spectateur en fuite, sur le trottoir, près de la salle de spectacle du Bataclan, dans le 11e arrondissement de Paris, le 14 novembre 2015, après une série d’attaques qui ont entraîné la mort d’au moins 120 personnes. (Crédit : AFP/Kenzo Tribouillard)

Dans Kfar Aza, où une centaine de membres du kibboutz ont été tués, le groupe est passé à côté d’une jeep accidentée et des restes d’un parapente ayant appartenu à des terroristes.

Le colonel Golan Vach, commandant de l’unité nationale de sauvetage de Tsahal, a expliqué aux députés comment s’étaient déroulées les recherches au sein de la communauté après l’attaque. Les députés sont entrés dans de petits appartements couverts de sang, les murs noircis par la suie et criblés d’impacts de balles.

Vach leur a dit avoir trouvé des cadavres d’habitants du kibboutz, nus et ligotés, et avoir lui-même transporté les corps de bébés décapités.

« J’essaie de comprendre quel genre de créatures est capable de s’en prendre à des femmes et des enfants », a-t-il déclaré à l’intérieur d’une pièce incendiée. « À Beeri, je suis tombée sur une scène effroyable – une mère qui avait essayé de protéger son bébé, avant d’être abattue d’une balle dans le dos, et son bébé, décapité. »

Voitures incendiées à Kfar Aza, le 16 octobre 2023 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

« J’ai porté le bébé dans mes mains. Je suis désolé, profondément désolé, mais je n’ai pas pris de photo. »

Les politiciens ont été visiblement ébranlés par les images et odeurs qui imprègnent cette communauté aujourd’hui détruite.

« Je n’ai jamais rien vu de comparable », a déclaré le député français Emmanuel Pellerin. « Il y a un nom pour ça. C’est de la barbarie contre des civils. »

« Cela pourrait arriver en France aussi », a-t-il averti.

Lorsqu’on lui a demandé si Macron ferait pression sur Israël pour qu’il fasse preuve de retenue alors que le nombre de victimes civiles augmente dans sa contre-offensive à Gaza, Pellerin a simplement répondu : « C’est la guerre. »

Haddad a lui aussi assuré que la France ne se mettrait pas en travers de la campagne militaire israélienne. « Il ne peut y avoir de paix, ni de dialogue, tant que le Hamas est au pouvoir », a-t-il dit.

Le PDG d’ELNET Israël, Emmanuel Navon, a déclaré qu’en ce moment précis, où Israël redouble d’intensité dans ses attaques contre le Hamas, le soutien de l’Europe était crucial.

« Nous savons qu’ils sont horrifiés et qu’ils soutiennent le droit d’Israël à se défendre », a expliqué Navon au Times of Israël. « Mais les images qui arrivent de la bande de Gaza commencent à inverser la donne. »

« Il n’y a rien de plus fort que de voir les horreurs commises dans le sud et de parler avec les proches des victimes et des otages », a ajouté M. Navon.

Lundi soir, les membres de la délégation se sont entretenus avec des ressortissants français dont les proches ont été enlevés par le Hamas. Les familles tenaient de grandes photos de leurs proches disparus.

« La France n’abandonne pas ses ressortissants », a tweeté Haddad à l’issue de la réunion.

« Il ne devrait y avoir aucune hésitation ou ambiguïté concernant le soutien à Israël », a déclaré Valls. « Le combat promet d’être difficile – ce sera une guerre d’images, une guerre psychologique – raison pour laquelle il est important pour nous d’être là, pour témoigner de ce qui s’est passé. »

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