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Marwan Issa : L’obscur « chef d’état-major » du Hamas, l’un des cerveaux du 7 octobre

Le N° 3 du groupe terroriste a fait des Brigades Ezzedine al-Qassam une force organisée ; arrêté pour la première fois en 1987, il a survécu à plusieurs tentatives d'assassinat

Marwan Issa, chef adjoint de la branche armée du Hamas, encerclé sur une photo diffusée sur les réseaux sociaux en 2015. La photo et sa source n'ont pas pu être vérifiées.
Marwan Issa, chef adjoint de la branche armée du Hamas, encerclé sur une photo diffusée sur les réseaux sociaux en 2015. La photo et sa source n'ont pas pu être vérifiées.

En tant que chef adjoint de la branche armée du groupe terroriste palestinien du Hamas, Marwan Issa a longtemps été une cible insaisissable pour Israël, et la frappe aérienne de dimanche matin, qui a laissé l’armée israélienne et le Hamas perplexes quant à son sort, a été le point culminant des efforts considérables déployés par Tsahal pour éliminer le commandant terroriste de haut rang.

Surnommé « l’homme de l’ombre » en raison de sa capacité à rester hors des radars israéliens, ce Gazaoui de 59 ans a joué un rôle important dans une longue série d’attaques terroristes, depuis l’époque de la Première Intifada jusqu’au massacre de près de 1 200 personnes et à l’enlèvement de 253 autres dans le sud d’Israël, le 7 octobre, lors de l’assaut terroriste qui a ébranlé Israël.

En raison de la nature de son rôle de chef adjoint des Brigades Ezzedine al-Qassam, qui fait de lui le second du chef de la branche armée, Mohammed Deif, Issa est « en quelque sorte le chef d’état-major du Hamas », a expliqué lundi soir l’ancien chef du renseignement militaire, Amos Yadlin, à la Douzième chaîne.

Issa est « la liaison entre l’aile armée et l’aile politique du Hamas », a ajouté Yadlin. « Il était impliqué jusqu’au cou dans le 7 octobre ; il est l’un des cinq hommes qui connaissaient par avance [tous les aspects du 7 octobre], si ce n’est le plus impliqué d’entre eux. »

Issa est soutenu par les responsables du Hamas à Gaza, en Cisjordanie et au Qatar, a déclaré Ilan Lotan, ancien responsable de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, à la Douzième chaîne, soulignant à quel point son poste fait partie intégrante des opérations quotidiennes du groupe terroriste.

En mars 2023, Issa a prononcé un discours appelant les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est à « mener la confrontation avec l’occupation israélienne ».

Des membres palestiniens des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du groupe terroriste palestinien du Hamas, dans la ville de Gaza, le 21 septembre 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)

« Nous devons déclencher l’action de la résistance [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes anti-Israël] dans toute la Palestine et la soutenir financièrement, moralement et dans les médias », aurait-il déclaré selon le média New Arab, propriété du Qatar.

Dans le même discours, il a prédit qu’un « tremblement de terre frapperait la région » dans un avenir proche.

Issa a été impliqué dans les Brigades Ezzedine al-Qassam dès les premiers jours de leur création et a joué un rôle clé dans leur construction et leur établissement en tant qu’organisation armée plutôt qu’en tant que milice peu soudée, selon la chaîne publique Kan. Il a gravi les échelons de la branche armée du Hamas, devenant le commandant en second de Deif en 2012, après l’assassinat de son prédécesseur Ahmed Jabari.

Le terroriste gazaoui a passé du temps dans les prisons d’Israël et de l’Autorité palestinienne (AP). Il a été arrêté pour la première fois par Israël en 1987 et a passé cinq ans en prison pour ses activités avec le Hamas pendant la Première Intifada. Après sa libération en 1993, il a été arrêté une nouvelle fois en 1997, cette fois par l’AP, et a passé quatre années supplémentaires en prison avant d’être libéré en 2000, au début de la Seconde Intifada.

Issa est considéré comme le numéro trois du Hamas à Gaza, après Deif et le chef du groupe terroriste à Gaza, Yahya Sinwar, qui sont soupçonnés d’avoir organisé le massacre du 7 octobre qui a déclenché la guerre actuelle.

Avant la frappe aérienne de dimanche, Issa avait fait l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat infructueuses, depuis 2006, lorsqu’Israël avait pris pour cible le lieu d’une réunion à laquelle il participait avec Deif.

Issa aurait été blessé lors de l’attaque, et Deif aurait perdu ses deux jambes – bien que cette hypothèse ait été remise en question en décembre lorsqu’un article non confirmé citant de nouvelles découvertes des services de renseignement de Tsahal a affirmé que Deif boitait mais était capable de marcher.

Après l’échec de la tentative d’assassinat dont il a été victime en 2006, Issa a été la cible d’au moins deux autres tentatives d’assassinat, une fois au cours de la guerre de Gaza de 2014 et une fois au cours de l’Opération « Gardien des murs » en 2021. L’un de ses quatre fils aurait été tué lors d’une frappe aérienne en décembre, un an après qu’un autre de ses fils a trouvé la mort à la suite d’une maladie non spécifiée qui n’avait pas été soignée.

Des Palestiniens inspectant les décombres suite à une frappe de l’armée israélienne qui aurait tué Marwan Issa, haut commandant du Hamas le 10 mars 2024, dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, sur une capture d’écran d’une séquence diffusée le 11 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran de la Douzième chaîne ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Bien qu’il occupe une position élevée au sein du Hamas, Issa a la réputation de rester discret, et ce n’est que lorsqu’il a été photographié après l’échange de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël contre le soldat israélien Gilad Shalit en 2011 que le grand public a su à quoi il ressemblait.

Le manque d’informations publiques sur Issa n’a pas empêché les États-Unis de l’ajouter à leur liste noire en 2019. L’Union européenne (UE) ne lui a emboîté le pas qu’en décembre 2023, lorsqu’il a été ajouté à la liste de surveillance en même temps que Deif.

L’UE avait alors déclaré que la décision concernant Issa et Deif avait été prise en réponse « à la menace posée par le Hamas et ses attaques terroristes brutales et aveugles en Israël le 7 octobre 2023 ».

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