Médiateur égyptien : des progrès dans les négociations entre Israël et le Hamas
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Médiateur égyptien : des progrès dans les négociations entre Israël et le Hamas

Selon un responsable, un accord verrait le Hamas "geler" le recours aux engins incendiaires en échange d’un assouplissement des restrictions économiques

Des Palestiniens escaladent la clôture de sécurité à la frontière avec Israël lors d'affrontements dans l'est de la bande de Gaza, le 8 mars 2019 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Des Palestiniens escaladent la clôture de sécurité à la frontière avec Israël lors d'affrontements dans l'est de la bande de Gaza, le 8 mars 2019 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Le Hamas a accepté de limiter les émeutes hebdomadaires à la frontière de Gaza et d’Israël et de mettre un terme aux lancers d’engins incendiaires de l’enclave palestinienne en échange de concessions économiques de la part d’Israël, a déclaré samedi au quotidien palestinien al-Ayyam un membre de l’équipe égyptienne de médiation dans la bande de Gaza.

Des médiateurs égyptiens étaient à Gaza cette semaine dans le cadre d’une nouvelle tentative de médiation entre Israël et le Hamas afin de sceller un accord de cessez-le-feu durable, en plein contexte de tensions croissantes et d’incidents violents.

Le responsable égyptien, Talal Abu Tharefa, a déclaré au journal que la tentative initiale d’accord impliquerait qu’Israël y rétablisse une ligne principale de courant à haute tension après presque cinq ans d’interruption. L’Etat juif autoriserait des zones de pêche étendues au large de l’enclave et faciliterait des projets économiques internationaux dans la bande, selon un reportage de la Treizième chaîne citant le journal palestinien.

La ligne électrique en question, inutilisée depuis l’été 2014 et l’opération Bordure protectrice, assurerait 12 heures d’électricité, selon le reportage. Israël assouplirait les restrictions imposées aux pêcheurs gazaouis, les autorisant à pêcher jusqu’à une distance de 27 kilomètres des côtes, contre 11-22 kilomètres actuellement.

Des pêcheurs gazaouis au large de la bande de Gaza, le 3 avril 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

En échange, le Hamas « gèlerait » son recours aux engins incendiaires qui ont ravagé des forêts et des terres agricoles dans le sud d’Israël et font peser une menace sur les résidents locaux au cours de l’année dernière. Le groupe terroriste suspendrait aussi les manifestations hebdomadaires à la frontière séparant l’enclave d’Israël qui ont lieu depuis le 30 mars 2018.

Le responsable égyptien a également déclaré qu’Israël importerait dans l’enclave des produits actuellement interdits, sans donner plus de détails, et ferait avancer des initiatives internationales afin de diminuer le chômage et de développer l’activité économique.

Selon le journal libanais Al-Akhbar, des officiels égyptiens ont prévenu des officiels du Hamas cette semaine que « créer des tensions à la frontière en lançant des ballons incendiaires conduira l’armée israélienne à lancer une grande offensive militaire dans la bande de Gaza ».

Les tensions entre les deux se sont intensifiées la semaine dernière, avant d’atteindre un sommet vendredi et samedi lorsque des milliers de Palestiniens ont participé à de violentes manifestations le long de la frontière. Deux hommes, dont Tsahal a déclaré qu’il portaient un couteau et des grenades, ont été arrêtés après avoir traversé en Israël depuis le nord de la bande de Gaza.

Samedi, plusieurs ballons transportant une ogive de missile anti-tank ont été localisés dans la zone du conseil régional de Sdot Negev, sans entraîner de dégâts ni de blessés. Des démineurs de la police israélienne ont fait exploser l’engin. Plus tard dans la journée, un obus de mortier a été tiré sur la région d’Eshkol dans le sud d’Israël, tombant dans un terrain vague.

Vendredi, un roquette lancée depuis la bande de Gaza a déclenché des sirènes d’alerte dans la même région. La roquette est également tombée dans un terrain vague. En riposte, l’armée israélienne a mené plusieurs frappes, touchant une base militaire du Hamas dans le sud du territoire et des infrastructures souterraines dans le nord.

Capture d’écran de la Treizième chaîne montrant des ballons rattachés à ce qui semble être une ogive, le 9 mars 2019 (Crédit : Capture d’écran Treizième chaîne)

Jeudi, le quotidien panarabe Asharq al-Awsat a annoncé que des médiateurs égyptiens travaillaient dur pour obtenir une trêve avant le 30 mars, le jour du premier anniversaire des manifestations à la frontière, alors que des officiels ont mis en garde contre le risque d’une flambée importante des violences.

Le médiateur égyptien a fait savoir que Nickolay Mladenov, le coordinateur spécial des Nations unies, mais aussi des officiels qataris et internationaux, devaient se rendre dans l’enclave samedi pour continuer les négociations.

Le Qatar a assumé un rôle financier majeur pour permettre une trêve.

En 2018, le pays du Golfe a ainsi versé 200 millions de dollars en aide humanitaire, en carburant et en salaires pour les employés du Hamas. En outre, il a donné 50 millions de dollars à l’UNRWA, l’agence des Nations unies qui s’occupe des réfugiés palestiniens et de leurs descendants. Toutes ces sommes ont été versées avec l’accord d’Israël.

Les forces de sécurité fidèles au Hamas organisent une file d’attente devant le bureau de poste central de la ville de Gaza le 26 janvier 2019, alors que les Palestiniens se rassemblent pour recevoir une aide financière du Qatar. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Riche en gaz, le pays s’est aussi engagé à donner de centaines de millions de plus via des organisations d’aide des Nations unies.

En janvier, il a signé un accord pour donner 500 millions de dollars supplémentaires à plusieurs agences. La majorité de ces fonds seront utilisés pour garder l’UNRWA à flot dans la bande de Gaza. Un projet permettra de voir les Nations unies embaucher 180 000 résidents afin de réduire le chômage qui a grimpé en flèche dans l’enclave palestinienne pour atteindre un taux de 40 %. Certaines de ces sommes ont été transférées sous la forme de valises pleines de billets. Elles sont livrées chaque mois depuis novembre de l’année dernière.

L’afflux d’espèces qataries relevait d’une trêve non officielle entre le groupe terroriste du Hamas et Israël qui devait mettre un terme à des mois de manifestations violentes le long de la frontière entre Gaza et Israël en échange d’un assouplissement du blocus de l’enclave côtière par Israël. L’État juif affirme maintenir le blocus pour empêcher la contrebande d’armes et d’autres équipements de guerre par le Hamas et les autres groupes terroristes qui ont juré la destruction du pays.

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