Meshaal : le Hamas n’est pas l’EI, et acceptera un État sur les bases des lignes de 1967
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Meshaal : le Hamas n’est pas l’EI, et acceptera un État sur les bases des lignes de 1967

Le chef politique du groupe terroriste palestinien rejette la qualification de terroriste, même s’il justifie les tirs de roquette sur des zones civiles, et demande un “droit au retour”

Khaled Meshaal, dirigeant politique en exil du mouvement islamiste terroriste palestinien du Hamas, pendant une conférence de presse dans la capitale qatarie, Doha, le 7 septembre 2015. (Crédit : Karim Jaafar/Al-Watan Doha/AFP)
Khaled Meshaal, dirigeant politique en exil du mouvement islamiste terroriste palestinien du Hamas, pendant une conférence de presse dans la capitale qatarie, Doha, le 7 septembre 2015. (Crédit : Karim Jaafar/Al-Watan Doha/AFP)

Khaled Meshaal ne pense pas que le Hamas soit une organisation terroriste, et serait prêt à accepter un état palestinien le long des lignes de 1967 avec Jérusalem comme capitale et un « droit au retour » pour les réfugiés palestiniens, a-t-il déclaré à la chaîne indienne anglophone New Delhi Television (NDTV).

S’exprimant depuis son domicile de Doha, au Qatar, pendant une interview diffusée le 18 juillet, Meshaal a affirmé que le Hamas accepterait un État palestinien le long des lignes de 1967.

« Nous sommes désireux d’unifier le front palestinien, le front arabe, et d’attirer le soutien du monde pour nos droits. Et c’est pour cela que nous avons accepté un consensus entre nous, Palestiniens, sur un programme national qui est soutenu par les Arabes, sur l’établissement d’un État palestinien souverain indépendant le long des lignes de 1967, avec Jérusalem comme capitale, avec le droit au retour des Palestiniens en exil », a-t-il déclaré, selon la traduction de NDTV.

Sa déclaration contredit la célèbre charte du Hamas, qui affirme que le mouvement « cherche à lever la bannière d’Allah dans chaque pouce de Palestine. »

La demande palestinienne pour un « droit au retour » de millions de Palestiniens (les réfugiés et leurs descendants) transformerait la démographie israélienne et effacerait sa majorité juive, et une telle demande est donc catégoriquement rejetée par les gouvernements israéliens.

Le Hamas, qui est désigné comme un groupe terroriste par Israël et les Etats-Unis, dirige de facto la bande de Gaza depuis sa prise de pouvoir pendant une bataille fratricide sanglante contre le Fatah de Mahmoud Abbas en 2007.

Meshaal a rejeté la comparaison avec l’Etat islamique (EI) et les affirmations selon lesquelles le Hamas serait une organisation terroriste. Il y a, a-t-il déclaré, une différence fondamentale entre la « résistance légitime » et le terrorisme fondé sur la religion.

« [Le Premier ministre Benjamin] Netanyahu et les Israéliens ont toujours jeté ces accusations contre notre peuple, puisqu’ils sont les vrais terroristes, a-t-il déclaré. Il y a une grande différence entre nous, un mouvement de libération nationale, une résistance légitime contre l’occupation [israélienne], qui est un droit de tout peuple contre l’occupation dans la loi internationale, dans les fois divines, dans toute l’expérience humaine. Nous sommes opposés aux mouvements extrémistes qui tuent au hasard sur la base de la religion. »

Dans le passé, Meshaal a cependant rendu hommage au terrorisme en de multiples occasions, et en décembre, avait répété que le jihad était la seule option disponible pour son peuple.

« Les Palestiniens ont réalisé que les négociations avec [les Israéliens] sont inutiles », avait-il déclaré pendant une visite à Kuala Lumpur, la capitale malaisienne, le 10 décembre. « Le processus dit de paix est futile. Il n’y a pas de paix. Seule la voie du jihad, du sacrifice, et du sang [portera ses fruits]. »

Dans sa récente interview, Meshaal a également défendu les pratiques des combattants du Hamas dans la bande de Gaza, qui utilisent des boucliers humains et tirent des roquettes sur des zones civiles au hasard en Israël, notamment pendant le conflit de 2014, connue en Israël sous le nom de Bordure protectrice.

« Gaza est une toute petite région… condensée avec ses occupants, a-t-il déclaré. La résistance a le droit de choisir les endroits où elle peut cacher ses armes défensives pour répondre à l’agression de l’ennemi. »

Malgré sa volonté apparente de compromis, Meshaal a déclaré que les négociations avec Israël étaient pour l’instant vouées à l’échec en raison de l’intransigeance israélienne.

« L’Autorité palestinienne négocie. Elle est engagée dans ce processus depuis longtemps, a-t-il dit. Mais les Israéliens leur refusent cette base [pour un accord]. C’est pour cela que le processus de négociation a été inutile. C’est simplement un mirage pour la répression. »

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