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Message du déporté Georges Kieffer à l’occasion de la Journée du souvenir

Devenu malgré-lui citoyen allemand après l’annexion de l'Alsace-Lorraine, il a refusé de combattre pour le Reich et est entré en Résistance, avant d'être condamné à mort et déporté

Georges Kieffer, dernier déporté vivant de 1939-1945 de la ville de Dinan (Côtes-d’Armor), a transmis au journal Ouest-France le message qu’il devait lire lors de la célébration locale de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation – annulée cette année en raison de la pandémie de coronavirus.

Né en 1920 à Strasbourg, Georges Kieffer s’était engagé dans l’armée française en 1939, peu avant la défaite du pays face à l’Allemagne nazie. Devenu malgré lui citoyen allemand après l’annexion de l’Alsace-Lorraine, il a refusé combattre pour le 3e Reich et est entré dans la Résistance. Condamné à mort à deux reprises, avant que ces peines ne soient commuées en camp de travail, il a été déporté en 1944 à Neuburg-Donau près de Dachau.

Son message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation est le suivant :

« Il y a soixante-quinze ans, au printemps 1945, plus de 700 000 hommes, femmes et enfants étaient regroupés dans ce qui restait de l’univers concentrationnaire et génocidaire nazi à l’agonie. La moitié d’entre eux devait encore périr avant que les armées alliées, dans leur progression, n’ouvrent enfin les portes des camps, sur une insoutenable vision d’horreur. Les survivants de ce drame, par leur esprit de résistance, leur volonté et leur profond attachement à préserver leur dignité, ont surmonté des conditions inhumaines malgré la présence et la menace permanentes de la mort.

« Et pourtant, si les déportés ont su montrer dans les pires circonstances que la résistance face au crime demeurait toujours possible, leur persévérance à témoigner partout et auprès de tous ne suffit pas à faire disparaître la haine, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et le rejet des différences. Combattre sans relâche les idéologies qui affaiblissent notre modèle républicain et prônent le retour à l’obscurantisme et au fanatisme, promouvoir la tolérance, investir dans l’éducation morale et civique des jeunes générations. »

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