Message d’une famille israélienne endeuillée par la COVID-19
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Opinion

Message d’une famille israélienne endeuillée par la COVID-19

"Soyez responsables les uns des autres. Voisins et chefs d'État, respectez les règles", disent les proches de M. Kimchi, 59 ans, mort la semaine dernière. Est-ce trop demander ?

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Orna et Natalie Kimchi. (Capture d'écran Facebook)
Orna et Natalie Kimchi. (Capture d'écran Facebook)

Haim Kimchi est décédé dans la nuit du samedi 26 septembre, la veille de Yom Kippour. Il avait 59 ans.

Cet homme fort et en bonne santé, mari bien-aimé d’Orna depuis 39 ans, père et grand-père de huit enfants de l’implantation d’Oranim, est mort de la COVID-19 – à la grande surprise de sa famille et à la sienne.

Toute la famille avait contracté le virus – ils ne savent pas comment ni quand, ont déclaré Orna et leur fille Natalie dans plusieurs interviews accordées aux télévisions israéliennes et aux médias sociaux ces derniers jours, car ils ont pris soin de suivre les restrictions de distanciation sociale et autres. Dans le cas de Haim, sa température a progressivement augmenté jusqu’à atteindre 39,5 °C. Son médecin a alors ordonné son hospitalisation. Sur leur dernière photo de lui, quittant la maison, il marche aux côtés du médecin en tenue de protection. « Il ne voulait pas aller à l’hôpital », a déclaré Orna. « Je savais qu’il reviendrait à la maison ».

« Nous pensions qu’il subirait une radiographie du thorax, qu’on lui donnerait des médicaments et qu’il rentrerait à la maison », a déclaré Natalie.

Au lieu de cela, l’état de Kimchi s’est détérioré, et avec lui, son moral. « Il m’a dit, je t’aime. Je sais que je vais vaincre ça. Je sais que je suis fort », a déclaré Orna. « Mais il savait qu’il était dans une mauvaise passe. » Il a vu, ont dit Orna et Natalie, que les gens quittaient le service dans des sacs mortuaires.

Kimchi est tombé dans le coma et a été mis sous respirateur. Au cours des deux derniers jours avant sa mort, son état s’est stabilisé, voire amélioré. Les médecins ont fait preuve d’un certain optimisme. Natalie : « Puis ils nous ont téléphoné pour nous dire que nous devrions venir… »

Les Kimchi, le cœur brisé, ont donné leurs interviews pour lancer un avertissement. Le virus « ne fait aucune distinction », a déclaré Natalie. Il peut vous prendre quels que soient vos antécédents médicaux et votre âge – « le service comptait beaucoup de jeunes gens gravement malades », a-t-elle dit.

« Et chacun doit comprendre que ce qu’il fait affecte les autres », a-t-elle mis en garde. « Si vous ne respectez pas les consignes, vous faites du mal à ceux qui vous entourent, pas seulement à vous-même… Faites attention. Soyez responsables les uns des autres. Des voisins aux chefs d’État, nous devons respecter les consignes. »

Il n’y a pas grand-chose à ajouter à ce message.

Il faut juste en tenir compte.

Reconnu, intériorisé et écouté par tous, partout, et notamment dans un Israël qui, ces derniers jours, a honteusement dominé le monde en ce qui concerne les nouveaux cas et les nouveaux décès (voir la vidéo ci-dessus, qui compare le nombre de décès COVID-19 par habitant dans le monde à celui d’Israël, soit 3 763 par million au début du mois d’octobre).

Par des manifestants laïques contre le Premier ministre.

Par cette minorité de la communauté ultra-orthodoxe – dont le taux de contagion est considérablement plus élevé que la moyenne nationale – qui s’est lancée dans une expérience irresponsable et unilatérale pour obtenir l’immunité collective. Et la petite composante antisioniste extrême, encore plus irresponsable, qui ignore délibérément les directives et cherche la confrontation avec la police, est la mieux à même de présenter l’État sous un jour défavorable à son itération du judaïsme.

Par le chef du Shin Bet, l’agence même chargée de traquer les porteurs de virus et ceux qui entrent en contact avec eux.

Par des députés et des ministres du gouvernement stupides et malhonnêtes en Israël – et dans le monde entier, où la COVID-19 a tué plus d’un million de personnes et continue de semer la confusion, à défier et à dévaster.

Par des dirigeants en Israël et partout ailleurs qui font de la politique avec la pandémie, manœuvrant et manipulant comme si c’était une sorte de champ de bataille électoral plutôt qu’une guerre médicale.

Le président américain Donald Trump salue l’hélicoptère Marine One depuis le balcon de la Blue Room de la Maison Blanche, le 5 octobre 2020, à son retour du Walter Reed National Military Medical Center, à Bethesda, Maryland. Trump a annoncé le 2 octobre qu’il avait été testé positif au COVID-19. (AP Photo/Alex Brandon)

Et, oui, même par les présidents des États-Unis. Surtout par les présidents américains qui, ayant vu leur orgueil et leur manque de respect pour ces précautions vitales de base exposés, et ayant bénéficié du privilège d’accès aux meilleurs soins médicaux, devraient être les derniers à minimiser les dangers.

Ils devraient plutôt être les premiers à intérioriser et à utiliser leur plateforme unique pour diffuser le message délivré par la famille endeuillée de Haïm Kimchi : « Si vous ne respectez pas les consignes, vous faites du mal à ceux qui vous entourent, pas seulement à vous-même… Faites attention. Soyez responsables les uns des autres. Des voisins aux chefs d’État, nous devons suivre les consignes. »

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