Mettant en garde contre une crise nationale, Liberman veut une unité rapide
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Mettant en garde contre une crise nationale, Liberman veut une unité rapide

Pour le chef d'Yisrael Beytenu, son parti, le Likud et Kakhol lavan doivent former le gouvernement, les projections montrant que Netanyahu ne pourra pas le faire sans lui

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le leader du parti Yisrael Beytenu arrive au siège de sa formation à Jérusalem le soir des élections, le 17 septembre 2019 (Crédit :  Yonatan Sindel/FLASH90)
Le leader du parti Yisrael Beytenu arrive au siège de sa formation à Jérusalem le soir des élections, le 17 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Avec la confiance tranquille d’un leader politique que les sondages de sortie des urnes ont désigné comme étant un élément indispensable de la formation d’une possible coalition, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a appelé mardi soir à la formation d’un large gouvernement d’unité nationale constitué de sa formation, du Likud et de Kakhol lavan.

S’adressant à ses partisans lors d’un rassemblement de victoire à Jérusalem, Liberman a déclaré que les défis économiques et sécuritaires que devaient relever le pays – dont il n’a pas précisé la nature – nécessitaient la mise en place d’un gouvernement d’unité, recommandant vivement aux chefs de formation de lancer des négociations sans même attendre la révélation des chiffres officiels du décompte du scrutin.

La projection des résultats des élections de mardi ont montré que le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu ne serait pas en mesure de former une coalition réunissant partis de droite et ultra-orthodoxes sans Yisrael Beytenu. Pendant toute sa campagne, Yisrael Beytenu a clamé que le mouvement refuserait de siéger dans un gouvernement aux côtés des ultra-orthodoxes, critiquant également sans réserves les politiciens « messianiques » d’extrême-droite.

Kakhol lavan, principal adversaire de Netanyahu, et les autres formations de la gauche et du centre semblent également dans l’incapacité de mettre en place une coalition sans l’appui de Liberman.

Sauf incident spectaculaire de dernière minute, les résultats attendus des élections ont placé Liberman – avec les huit ou neuf sièges que devrait occuper la formation à la Knesset, forte de 120 membres – dans le rôle d’arbitre en capacité de décider, dans les faits, de ce à quoi ressemblera le prochain gouvernement.

« Nous n’avons qu’une seule option : Un gouvernement large, libéral, national, constitué de Yisrael Beytenu, du Likud et de Kakhol lavan », a-t-il dit depuis la tribune à des douzaines de soutiens et militants du parti au Musée des terres de la bible, dans la capitale.

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman s’exprime au siège de sa formation à Jérusalem le soir des élections, le 17 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Liberman est pour beaucoup considéré comme étant à l’origine du nouveau scrutin de mardi, ayant entravé les efforts livrés par Netanyahu pour établir un gouvernement suite au précédent vote qui avait été organisé au mois d’avril en raison de ses querelles avec les factions ultra-orthodoxes.

D’autres considèrent que ce sont les ultra-orthodoxes qui n’ont pas cédé à la loi sur le service militaire des étudiants de yeshiva. D’autres encore estiment que c’est Netanyahu qui n’a pas su laisser la main à un autre pour former une coalition.

Il s’agit d’une victoire significative, alors que sa formation avait connu la pire prestation de toute son histoire au cours du vote du mois d’avril.

Une affiche de campagne pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Bnei Brak, le jour des élections, le 17 septembre 2019 (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Liberman a reconnu que dans l’histoire d’Israël, le pays n’avait mis en place des gouvernements d’unité que dans des périodes de crise, ce qui, a-t-il affirmé, reste le cas aujourd’hui.

« Je ne veux ni effrayer, ni déprimer personne, mais en tous points – question économie ou sécurité – nous sommes effectivement dans une situation de crise », a-t-il dit.

« Et nous avons donc besoin d’un gouvernement large », a-t-il ajouté.

Liberman a déclaré qu’un gouvernement qui n’aurait qu’une faible majorité pourrait se trouver facilement dans l’impasse, bloqué ou s’effondrer en raison de querelles intestines, ce qui l’empêcherait de pouvoir prendre en charge les problèmes du pays.

Le leader d’Yisrael Beytenu a expliqué qu’il ne reviendrait pas sur son souhait d’un gouvernement d’unité national et qu’il ne serait pas conquis « par des rotations [au poste de Premier ministre], des postes ou des budgets ministériels ».

Il a ajouté être prêt à renoncer à intégrer le gouvernement afin de permettre la création d’un gouvernement d’unité nationale, notant que, selon toutes les projections, le Likud et Kakhol lavan auront à eux deux plus des 61 sièges nécessaires pour assurer une majorité.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz et son épouse Revital quittent un bureau de vote de Rosh Haayin le jour des élections, le 17 septembre 2019 (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

« Bien entendu, nous serions heureux de faire partie d’un tel gouvernement mais même sans nous, c’est une situation préférable à toutes les sortes de gouvernements étroits variés », a-t-il dit.

Il a appelé le président Reuven Rivlin à organiser des discussions – même informelles – avec les responsables du Likud et de Kakhol lavan dès la fin de la semaine, en dépit du fait que les résultats officiels ne seront pas encore connus.

« N’attendez pas les chiffres officiels. C’est acceptable, même de manière informelle, d’inviter le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, à une réunion et ce, dès vendredi après-midi. Y a-t-il une meilleure démarche à entreprendre que celle-là ? », a-t-il interrogé.

Le président Reuven Rivlin vote à Jerusalem, le 17 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman, radieux, et clairement satisfait des résultats et du nouveau pouvoir qui lui a été apporté en conséquence, a plaisanté sur le fait qu’une telle rencontre serait intéressante pour les personnalités concernées.

« Le président peut inviter à déjeuner les dirigeants des deux partis les plus importants. Ils pourront faire Kabbalat Shabbat et peut-être parler de la parasha de la semaine », a-t-il dit.

« Justement, elle est particulièrement intéressante cette semaine », provoquant les rires de l’assistance. « Ils trouveront bien de quoi parler ».

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