Meurtre d’une adolescente à Tel Aviv : le suspect érythréen arrêté
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Meurtre d’une adolescente à Tel Aviv : le suspect érythréen arrêté

Suspecté du meurtre d’une fillette de 13 ans, Tesfebarhan Tesfasion a été interpellé après deux jours de recherche

Sylvana Tsegai, retrouvée morte à Tel Aviv le 26 novembre 2018. (Autorisation)
Sylvana Tsegai, retrouvée morte à Tel Aviv le 26 novembre 2018. (Autorisation)

La chasse à l’homme d’un citoyen érythréen recherché pour le meurtre d’une jeune fille à Tel Aviv s’est terminée mercredi soir quand la police a arrêté Tesfebarhan Tesfasion après une courte recherche.

Tesfasion était en fuite depuis que le corps de Sylvana Tsegai, âgé de 13 ans, avait été retrouvé chez elle lundi. Il était l’ancien compagnon de sa mère.

Un individu a reconnu Tesfasion à partir des photos publiées dans le médias et sur les réseaux sociaux et a alerté la police, ont annoncé des médias en hébreu.

Quand les policiers sont arrivés sur place, à proximité du marché ouvert de Carmel dans le sud de Tel Aviv, Tesfasion a essayé de prendre la fuite, mais il a été rapidement appréhendé.

Les images de vidéo surveillance publiées par Kan montrent Tesfasion dans un coin du magasin en train de faire ses courses calmement juste avant l’arrestation. A part sa capuche, il semble ne faire aucun effort pour cacher son visage.

Les meurtres de Tsegai et Yara Ayoub, âgée de 16 ans, dont le corps a été retrouvé dans sa maison de Galilée quelques heures plus tôt, ont donné lieu à de nouveaux appels à l’action pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Une photo non datée de Tesfebarhan Tesfasion, ressortissant érythréen soupçonné d’avoir tué une adolescente, fille de sa partenaire, le 26 novembre 2018. (Police israélienne)

Dans un entretien avec Hadashot juste avant l’annonce de la capture de Tesfasion, la mère de Tsegai, Malay Guawi a décrit sa terrible souffrance après la mort de sa fille.

« J’avais une seule fille, maintenant elle est morte », a déclaré Guawi, également un Erythréenne demandeuse d’asile, à Hadashot dans un entretien diffusé mercredi soir. Je veux que ma fille revienne ».

Elle a dit que Tesfasion n’était « pas une bonne personne ».

« Je l’ai pris chez moi et il a fait des problèmes. Je ne savais pas qu’il ferait ça à ma fille ».

Mardi, le père de Tesfasion a déclaré aux médias que son fils était « fou » et qu’il n’était pas opposé à ce que la police le tue.

Selon Hadashot, Tesfasion est entré en Israël en 2010 par la frontière égyptienne et était déjà connu des autorités pour d’autres délits. Il avait été condamné à un an de prison pour conduite en état d’ivresse et pour avoir fait un faux permis de conduire.

Il s’était échappé d’un centre de détention pour migrants africains et avait essayé d’obtenir une extension de son permis de séjour dans le pays en faisant un faux contrat de mariage. Des dizaines de milliers de migrants africains sont entrés en Israël de l’Egypte au cours des 10 dernières années. Ils vivent maintenant à Tel Aviv.

Le corps de Tsegai se trouve à l’Institut médico-légal d’Abu Kabir pour y subir une autopsie avant d’être envoyé en Erythrée pour y être enterré, selon les médias.

Les premières constatations montrent qu’elle a été agressée sexuellement puis étranglée à mort, a indiqué la Dixième chaîne.

La police devant la maison de Sylvana Tsegai retrouvée morte à Tel Aviv le 26 novembre 2018. (Crédit : Flash90)

Selon certains reportages, Tsegai était connu des services sociaux en tant que victime de violence domestique avant le meurtre. Samedi, elle aurait appelé la police pour se plaindre que Tsefasion était chez elle.

Plus tôt mercredi, un groupe de femmes a manifesté devant le principal poste de police de Tel Aviv pour protester contre les violences faites aux femmes.  Depuis le début de l’année, 23 femmes en ont perdu la vie.

Les manifestantes, habillées en noir, tenaient des pancartes portant les noms des femmes assassinées cette année et d’autres pancartes où l’on pouvait lire « Le sang de femmes n’est pas sans valeur ».

Rassemblement de protestation contre la violence à l’égard des femmes, à Tel Aviv, le 28 novembre 2018. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Mardi, des activistes des droits des femmes ont également mené des manifestations dans plusieurs villes du pays contre les violences faites aux femmes et contre ce qu’elles ont affirmé être l’impuissance des autorités à traiter ce sujet. Il y avait des manifestations à Beer Sheva et à Jérusalem devant la bâtiment de la Knesset, tout comme à Tel Aviv.

Lors de la manifestation à Jérusalem, les femmes étaient allongées au sol dans une grande flaque de liquide couleur sang.

Dans une autre affaire, Ayoub, âgée de 16 ans, a été retrouvée lundi, quatre jours après avoir disparu du village arabe de Jish. La police a arrêté quatre suspects en lien avec cette affaire, et les détails de l’affaire sont sous embargo.

Des personnes couvrent de terre la tombe de Yara Ayoub, une adolescente retrouvée morte en Galilée, le 27 novembre 2018. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Les meurtres sont intervenus alors qu’Israël et le monde célébraient dimanche la Journée Internationale pour l’Elimination des violences faites aux femmes, et un jour après que la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu a bloqué une tentative de l’opposition de former une commission parlementaire d’enquête sur ce fléau.

Netanyahu a déclaré qu’il formerait à la place une commission ministérielle, mais les législateurs ont demandé de soumettre la loi au vote une nouvelle fois, au regarde des meurtres récents.

Mercredi, Yuli Edelstein, le président de la Knesset, a informé les législateurs demandant à voter pour l’enquête, qu’il se coordonnait avec le Premier ministre pour proposer des solutions afin de mettre un terme à la violence contre les femmes, a annoncé Hadashot.

Les législateurs ont suggéré que le comité soit dirigé par des députés femmes de la coalition et de l’opposition. Edelstein a dit qu’il réfléchirait à cette idée après avoir consulté le Premier ministre.

La députée d’opposition Stav Shaffir (Union sioniste) a pourtant critiqué le message d’Edelstein.

« C’est une autre manière d’éviter cette question qui est devenue un terrorisme social », a-t-elle déclaré selon le reportage. « Les centaines de femmes assassinées sur la dernière décennie et les 23 qui ont été tuées, rien que cette année, ne suffisent pas à réveiller ce gouvernement et pour qu’il arrête de faire uniquement des promesses. La seule chose à faire est de mettre en pratique le plan du gouvernement pour traiter ce phénomène terrible et s’assurer que les budgets, dont on a urgemment besoin, soient consacrés à ce travail ».

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