Michel Aoun : Israël va perdre la prochaine guerre contre le Liban
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Michel Aoun : Israël va perdre la prochaine guerre contre le Liban

Israël aurait utilisé l'espace aérien libanais pour cibler le Hezbollah en Syrie ; le président libanais affirme que tous les Libanais sont prêts à résister à une attaque israélienne

Le président libanais Michel Aoun devant l'Arc de Triomphe, à Paris, le 25 septembre 2017. (Crédit: Denis Allard/Pool/AFP)
Le président libanais Michel Aoun devant l'Arc de Triomphe, à Paris, le 25 septembre 2017. (Crédit: Denis Allard/Pool/AFP)

Quelques heures après qu’Israël aurait frappé des cibles du Hezbollah en Syrie, le président libanais Michel Aoun a mis en garde Israël en prévenant que tous les citoyens de son pays sont prêts à se battre contre Israël lors d’une éventuelle prochaine guerre.

« Tous les Libanais sont prêts à se battre contre Israël », a déclaré Aoun au journal koweïtien Al-Rai jeudi. « Oui, nous sommes un petit pays, mais nous avons rétabli notre unité nationale, et une partie de celle-ci est composée de l’opposition unie à quiconque attaque notre pays. »

Aoun a ajouté qu’il « ne pensait pas qu’il y aurait une guerre avec Israël, parce qu’Israël ne gagnerait pas une telle guerre. Tous les Libanais sont prêts à résister. »

Les responsables israéliens ont exprimé leurs inquiétudes face à la présence croissante du groupe terroriste Hezbollah, qui est soutenu par l’Iran, le long des frontières israéliennes avec le Liban et la Syrie et l’accumulation d’armes du groupe.

En plus de mener des frappes aériennes occasionnelles sur des cibles du Hezbollah en Syrie, Israël travaille également pour renforcer les défenses contre le Hezbollah en renforçant la barrière le long de sa frontière nord avec le Liban.

Mercredi, le président du parlement libanais a mis en garde Israël que le renforcement de la barrière violait la souveraineté libanaise et l’a accusé d’empiéter sur le sanctuaire religieux du prophète Ibrahim dans la zone frontalière des fermes de Shebaa, située du côté israélien de la ligne bleue séparant Israël et Le Liban et qui est revendiquée par le Liban comme faisant partie du plateau du Golan syrien.

Un membre du groupe terroriste du Hezbollah tient des drapeaux libanais et du  Hezbollah durant une visite organisée pour la presse à côté de la ville frontalière d'Arsal, le 25 juillet 2017 (Crédit : Stringer/AFP)
Un membre du groupe terroriste du Hezbollah tient des drapeaux libanais et du Hezbollah durant une visite organisée pour la presse à côté de la ville frontalière d’Arsal, le 25 juillet 2017 (Crédit : Stringer/AFP)

« De telles attaques constituent une violation flagrante de la souveraineté du Liban et exigent une communication rapide avec les organisations internationales pour y mettre un terme », a déclaré Nabih Berri, selon le site d’information Naharnet.

Berri a ajouté qu’il estimait que le Liban devrait déposer une plainte contre Israël à l’ONU pour la construction de la frontière.

Le Hezbollah est plus puissant que l’armée libanaise et siège au cabinet et au Parlement. Le groupe gère également une chaîne d’écoles, d’hôpitaux et d’organisations caritatives qui fournissent des services dans les zones où il bénéficie d’un soutien populaire.

Israël estime que l’organisation bénéficie d’une force d’environ 25 000 combattants, employés à plein temps — dont 5 000 ont suivi une formation avancée en Iran — avec une autre d’au moins 20 000 combattants dans les unités de réserve.

Le Hezbollah se vante de posséder des drones d’attaque, des systèmes de défense aérienne, des blindés et même des chars. On pense également qu’il possède le missile côtier Yakhont, avec lequel il peut menacer les navires de la marine israélienne.

Le Hezbollah possèderait entre 100 000 et 150 000 projectiles, dont la plupart sont de moyenne portée. Les responsables israéliens estiment que dans une guerre future, le groupe serait capable de maintenir un taux de tir de plus de 1 000 tirs de missiles par jour.

Les dirigeants du groupe menacent d’attaquer ou de détruire Israël régulièrement, tandis que les dirigeants israéliens ont mis en garde que lors d’un prochain conflit, il ne ferait pas de distinction entre le Liban et le Hezbollah.

Tard dans la nuit de mercredi, les médias libanais ont annoncé que des avions israéliens avaient détruit une installation d’armement dans l’ouest de la Syrie en passant par l’espace aérien libanais oriental.

Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir si le dépôt d’armes visé dans la province centrale de Homs appartenait au régime de Bachar al-Assad ou à son allié libanais, le mouvement chiite du Hezbollah, avait indiqué l’OSDH.

« Des avions israéliens ont tiré des roquettes sur un dépôt d’armes dans la zone industrielle de Hisyah, au sud de la ville de Homs », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

La télévision publique syrienne avait rapporté « une agression » de l’aviation israélienne contre la région de Hisyah, précisant que l’armée syrienne avait « riposté ».

L’armée israélienne a refusé de commenter cette frappe présumée, conformément à sa politique consistant à ne pas reconnaître les raids de l’autre côté de la frontière.

Cependant, Israël a affirmé à plusieurs reprises qu’il contrecarrerait les tentatives du Hezbollah d’acquérir des armes sophistiquées supplémentaires.

Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, Israël a mené plusieurs raids contre le Hezbollah ou l’armée syrienne.

Le 22 septembre, Israël avait mené des frappes aériennes contre un dépôt d’armes du Hezbollah près de l’aéroport de Damas, selon l’OSDH.

Un mois plus tard, l’armée israélienne avait également annoncé avoir bombardé des positions militaires du régime en Syrie, en riposte à la chute de plusieurs obus tirés depuis ce pays voisin sur le plateau du Golan israélien.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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