Israël en guerre - Jour 64

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Mikati: le Liban veut éviter « d’entrer dans la guerre » ; « le Hezbollah agit avec sagesse »

Depuis le début de la guerre contre le Hamas en Israël, le Hezbollah pro-iranien et ses alliés revendiquent des tirs contre Israël depuis le sud du Liban

Le Premier ministre intérimaire du Liban, Najib Mikati (G), serre la main du chef de mission de la FINUL, le général Aroldo Lazaro Saenz, au quartier général de la force de maintien de la paix dans la ville frontalière de Naqura, au sud du Liban, le 24 octobre 2023. (Crédit : UNIFIL/AFP)
Le Premier ministre intérimaire du Liban, Najib Mikati (G), serre la main du chef de mission de la FINUL, le général Aroldo Lazaro Saenz, au quartier général de la force de maintien de la paix dans la ville frontalière de Naqura, au sud du Liban, le 24 octobre 2023. (Crédit : UNIFIL/AFP)

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a affirmé lundi faire son possible pour éviter que son pays « entre dans la guerre » entre Israël et le Hamas palestinien, mettant en garde contre un embrasement régional.

Depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque sanglante sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre, le Hezbollah pro-iranien et ses alliés revendiquent des tirs contre Israël depuis le sud du Liban, affirmant vouloir soutenir le groupe terroriste islamiste palestinien.

Dans une interview à l’AFP, Najib Mikati a souligné qu’il ne pouvait pas « écarter une escalade ». « Je fais mon devoir afin d’éviter que le Liban entre dans la guerre », a-t-il assuré. « Le Liban est dans l’œil du cyclone ».

M. Mikati, qui dirige de facto le pays privé de président depuis un an, a indiqué ne pas être en mesure de dire si le Hezbollah, avec lequel il maintient des contacts, voulait une nouvelle guerre avec Israël.

« Tout est lié aux développements dans la région », a-t-il dit, estimant que, faute d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, les risques d’une « escalade régionale » étaient grands.

Des analystes jugent qu’une intensification de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza pourrait pousser le Hezbollah à intervenir plus ouvertement.

Un char israélien Merkava participant à un exercice militaire près de la frontière avec le Liban dans la région de la haute Galilée, au nord d’Israël, le 26 octobre 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Son leader Hassan Nasrallah devrait s’exprimer pour la première fois depuis le 7 octobre ce vendredi.

« Jusqu’à aujourd’hui, je vois que le Hezbollah agit avec sagesse et raison » mais, dans le même temps, « je ne peux pas rassurer les Libanais », a souligné Najib Mikati.

« Chaos sécuritaire » 

Depuis le 8 octobre, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tiré des dizaines de missiles guidés antichars, de roquettes et de mortiers sur des positions militaires israéliennes et des villes israéliennes depuis l’assaut du Hamas le 7 octobre. Il a également envoyé des hommes armés – certains affiliés à des groupes terroristes palestiniens – pour infiltrer le nord d’Israël. Plusieurs drones ont été interceptés au-dessus du nord d’Israël.

Face aux attaques répétées du Liban, l’armée et le ministère de la Défense ont évacué 42 localités frontalières et la ville de Kiryat Shmona. De nombreux habitants des villes du nord avaient déjà évacué vers le sud en raison de l’escalade des attaques.

Ces derniers jours, l’armée a déclaré avoir frappé plus de 30 cellules terroristes dans le sud du Liban.

Les attaques réciproques sont restées limitées jusqu’à présent, Israël ayant menacé le Liban de souffrir si le Hezbollah intensifiait ses attaques.

Un obus de l’artillerie israélienne explosant au-dessus d’une maison à al-Bustan, un village libanais frontalier avec Israël, au sud du Liban, le 15 octobre 2023. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Au moins six soldats israéliens, 37 terroristes du Hezbollah et six terroristes palestiniens ont été tués au cours des échanges. Un civil israélien a été tué dans une attaque du Hezbollah, et quatre civils libanais ainsi qu’un journaliste auraient également été tués par des tirs d’obus israéliens.

Le groupe terroriste chiite, qui dispose d’un important arsenal, s’est gardé de bombarder en profondeur le territoire israélien, comme il l’avait fait lors la guerre qui l’avait opposé à Israël en 2006.

M. Mikati a averti qu’une escalade « ne toucherait pas seulement le Liban ». « Je crains qu’une escalade n’englobe toute la région, et que le chaos sécuritaire s’étende à tout le Moyen-Orient ».

Depuis le début de la guerre, les alliés de l’Iran visent également Israël depuis le territoire syrien, ainsi que les bases américaines en Syrie et en Irak, alimentant les craintes d’une extension du conflit.

Médiation du Qatar

M. Mikati, qui a effectué une brève visite dimanche au Qatar, a souligné que Doha « jouait un rôle très important notamment dans la médiation en cours » pour tenter d’arrêter la guerre entre Israël et le Hamas.

Cette guerre, entrée lundi dans son 24e jour, a éclaté après le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas. Lors de cette attaque barbare menée contre Israël, près de 2 500 terroristes ont fait irruption en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime ont tué plus de 1 400 personnes, dont une majorité de civils, au cours de raids sur plus de 20 communautés frontalières près de la bande de Gaza, massacrant des familles entières dans leurs maisons et au moins 260 fêtards lors d’un festival de musique en plein air. Les terroristes ont également enlevé, près de 240 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, qu’ils ont entraînés dans la bande de Gaza où ils sont toujours retenus captifs.

Le Hamas s’est dit prêt à libérer les otages, essentiellement des civils, en échange des plus de 5 000 prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour délits sécuritaires.

Un homme regardant les affiches avec les photos des Israéliens retenus à Gaza lors d’une manifestation en solidarité avec les familles des otages, à Rehovot, le 29 octobre 2023. (Crédit : Meïr Conforti /Organisateurs de la manifestation)

Le Premier ministre libanais a indiqué que la médiation du Qatar avait « failli aboutir vendredi dernier, mais a été sabotée par (les opérations) terrestres des Israéliens dans Gaza ».

A présent, le Qatar cherche à « reprendre ces négociations, en espérant qu’elles mèneront à un cessez-le-feu » et à un « échange de prisonniers », a-t-il dit.

Elire un président

M. Mikati, qui dirige un gouvernement démissionnaire aux pouvoirs réduits, a souligné par ailleurs qu’il était urgent que « le Liban élise au plus vite un président ».

« Ce vide politique n’est pas bon pour le Liban ».

Depuis la fin du mandat de Michel Aoun le 31 octobre 2022, les députés ont été incapables de s’entendre pour lui désigner un successeur, le Parlement étant divisé entre le camp du Hezbollah et ses adversaires.

Le Premier ministre a appelé « les députés à se réunir et élire un chef de l’Etat » dans le pays plongé dans une profonde crise économique qui a fait basculer la majorité de la population dans la pauvreté.

« Les Libanais ont eu suffisamment de guerres, ils les ont vécues une génération après l’autre », a ajouté M. Mikati, dont le pays a connu, outre les différentes épisodes du conflit avec Israël, une longue guerre civile (1975-1990).

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