Ministre de Bahrein en Israël : Notre accord de paix est un « exemple à suivre »
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Ministre de Bahrein en Israël : Notre accord de paix est un « exemple à suivre »

Zayed Alzayani dit être impatient de voir des vols directs vers Tel Aviv; Pour Netanyahu, l'accord promet des avantages économiques "inimaginables il y a encore quelques mois"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à droite), salue le ministre bahreïni de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme Zayed R. Alzayani à Jérusalem, le 2 décembre 2020. (Shlomi Amsalem/GPO)
Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à droite), salue le ministre bahreïni de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme Zayed R. Alzayani à Jérusalem, le 2 décembre 2020. (Shlomi Amsalem/GPO)

Bahreïn veut ouvrir une ligne aérienne directe vers Israël très bientôt, a déclaré le ministre de l’Industrie, du commerce et du tourisme du pays au cours d’une visite à Jérusalem dans la journée de mercredi.

« Nous sommes impatients de lancer des vols directs entre Bahreïn et Tel Aviv », a commenté Zayed R. Alzayani à l’issue d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi. « Avec nous et au sein de la délégation, aujourd’hui, la présence significative de représentants de Gulf Air, notre transporteur aérien national, pour nous assurer que cette ligne pourra être mise en place et exploitée dans les meilleurs délais ».

Alzanyi est arrivé mardi au sein de l’Etat juif pour une visite de trois jours, à la tête d’une délégation de 40 officiels et hommes d’affaires bahreïnis, avec pour objectif d’élargir les liens bilatéraux dans les secteurs du commerce et du tourisme.

C’est la deuxième délégation ministérielle à venir de la nation insulaire en l’espace de deux semaines.

Alors qu’il s’exprimait au ministère des Affaires étrangères, le ministre bahreïni a salué l’accord de normalisation conclu par son pays avec Israël, disant qu’il espérait que ce dernier non seulement bénéficierait aux citoyens des deux pays, mais qu’il pourrait servir d’exemple pour les autres Etats.

« Nous croyons fermement que le maintien de la paix et de la prospérité que nous apportera cette paix entraîneront des retombées qui sauront profiter aux citoyens ordinaires à Bahreïn et en Israël », a-t-il dit. « Le monde entier nous observe. Nous sommes déterminés et attachés à réussir notre histoire bilatérale et à en faire un cas d’études qui donnera envie à d’autres de nous emboîter le pas ».

Il a conclu son allocution en disant : « J’espère que cette paix sera longue et prospère, et Shalom. »

Ashkenazi a qualifié cette deuxième visite ministérielle en provenance du Bahreïn en quinze jours de « célébration de la paix au Moyen-Orient ».

« En tant que ministres, nous nous sommes engagés à mettre en œuvre les accords dans les meilleurs délais, de manière à ce que les peuples respectifs de nos pays puissent rapidement goûter aux fruits de la paix dont nous avions rêvé », a-t-il commenté.

« Une telle délégation symbolise, avant toute autre chose, la normalisation des relations entre nos pays et notre désir commun de promouvoir le changement au Moyen-Orient. Un changement qui apportera avec lui la paix, la stabilité, la sécurité, la prospérité économique et commerciale, des collaborations culturelles, commerciales, technologiques et un grand nombre d’autres encore ».

Le ministre des Affaires étrangères a annoncé l’établissement d’une « équipe économique spéciale » qui cherchera à « optimiser le potentiel commercial » de l’accord de paix.

« Nous rêvons tous de ce que, bientôt, les hommes d’affaires et les touristes de nos deux pays puissent les visiter librement, qu’ils puissent découvrir la beauté et le charme de l’Etat d’Israël et qu’ils puissent se rendre sur les lieux saints des trois religions », a-t-il continué.

La ministre du Tourisme salue une délégation bahreïnie de représentants du tourisme dirigée par le ministère de l’Economie et du Tourisme, Zayed bin Rashid Al Zayani, à l’aéroport international Ben-Gurion, le 1er décembre 2020. (Autorisation)

Alzayani s’est ensuite rendu au bureau du Premier ministre pour y rencontrer Benjamin Netanyahu, qui a évoqué les Israéliens et les Bahreïnis en disant qu’ils étaient « impatients de s’accueillir réciproquement, impatients d’apprendre à se connaître, de faire des affaires les uns avec les autres dans tous les domaines ».

« C’est une paix réelle, une paix qui va ouvrir la porte à des bénéfices économiques qui étaient tout simplement inimaginables il y a seulement quelques mois », a continué le Premier ministre. « Elle va agrandir le cercle de la paix, non seulement pour nos deux peuples mais pour tous les pays de la région et peut-être même au-delà. »

Alzayani a remercié Netanyahu pour son accueil chaleureux, disant qu’il avait assisté à de nombreuses manifestations de bienveillance depuis son arrivée au sein de l’Etat juif. « Ce que nous construisons aujourd’hui, ce sont des fondations perpétuelles pour les générations à venir », a-t-il déclaré.

« Nous sommes pleinement engagés dans la paix. Nous avançons à un rythme rapide parce que nous voulons rattraper le temps perdu. Nous avons la certitude que son potentiel est énorme, immense ».

Mardi, peu après l’atterrissage de l’avion de Gulf Air sur le tarmac de Ben-Gurion, Alzayani a signé trois protocoles d’accord et une déclaration conjointe portant sur la coopération technique, l’innovation et le transfert technologiques ainsi que sur les écosystèmes des petites et moyennes entreprises (PMEs).

Jeudi, le ministre bahreïni devrait se rendre à la Bourse du diamant de Ramat Gan et assister à une rencontre d’hommes d’affaires israéliens et bahreïnis avant de retourner à Manama.

La visite d’Alzayani survient deux semaines après celle du ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, qui était devenu le premier ministre de ce minuscule royaume du Golfe à visiter l’Etat juif.

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à droite), accueille son homologue du Bahreïn Abdullatif al-Zayani au ministère israélien des Affaires étrangères, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)

Netanyahu et Ashkenazi avaient programmé deux visites distinctes cette semaine à Bahreïn, des séjours qui ont été reportés à la demande du royaume du Golfe.

Le voyage de Netanyahu, qui deviendrait la première visite officielle de l’Histoire d’un Premier ministre israélien dans un pays arabe du Golfe, devrait ainsi avoir lieu fin décembre.

Le déplacement d’Ashkenazi à Bahreïn, le 3 décembre, a pour sa part été ajourné pour une raison indéterminée. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué que le protocole diplomatique du royaume imposait qu’un chef d’Etat ou de gouvernement invité par le prince devait venir dans le pays avant que les autres membres du cabinet ne soient autorisés à le faire.

Ashkenazi devait participer à la conférence sécuritaire du IISS Manama Dialogue, selon le ministère, et il aurait été le plus haut-responsable israélien à se rendre au Bahreïn.

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