Moins d’aide pour le théâtre qui avait joué une pièce consacrée à un terroriste
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Moins d’aide pour le théâtre qui avait joué une pièce consacrée à un terroriste

Le ministère de la Culture a retenu 1,1 million de shekels de budget promis au théâtre Al-Midan de Haïfa, citant des irrégularités financières

Le théâtre Al-Midan à Haïfa (Crédit : Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0)
Le théâtre Al-Midan à Haïfa (Crédit : Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0)

Le ministère de la Culture devrait retirer un financement d’état au théâtre arabophone qui avait suscité la controverse après avoir produit une pièce basée sur la vie du meurtrier d’un soldat israélien.

La décision de retirer son financement au théâtre Al-Midan de Haïfa aurait été prise en raison d’irrégularités financières et d’une incapacité à répondre aux exigences d’une subvention d’Etat, a rapporté lundi la radio israélienne.

Le ministère a décidé d’abandonner le transfert de 1,1 million de shekels de financement qui avaient été déjà promis pour 2016 et de rejeter la demande de subvention du théâtre pour l’année 2017, a fait savoir la radio.

Dans un document soumis à la Haute cour de justice, l’association des victimes du terrorisme Almagor a clamé que le théâtre n’avait pas respecté les conditions nécessaires à l’octroi de subventions. En 2016, le théâtre n’a organisé que cinq performances ou productions mais, pour être éligible à un financement, il aurait dû en faire au moins 100.

Le document précisait également qu’en 2016, le théâtre Al-Midan avait dépensé 136 000 shekels en publicité et en marketing.

« Le fait que le théâtre n’ait pas eu de pièces sur sa scène en 2016 mais un budget de publicités et de dépenses reste assez peu clair », a indiqué le ministère dans sa décision.

L’association Almagor a salué cette initiative.

« Le rapport qui a été établi montre ce que nous, au sein de l’organisation Almagor, avons clamé depuis presque trois ans – à savoir que le théâtre Al-Midan ne devrait pas exister et qu’il devrait être privé de soutien financier », a fait savoir le groupe dans un communiqué diffusé sur la radio israélienne.

« Non seulement il présente des contenus offensifs envers l’Etat d’Israël et favorables aux terroristes, mais nous avons également constaté des irrégularités financières et une conduite administrative curieuse ».

Joseph Atrash, président du conseil d’administration du théâtre, a estimé que la décision du ministère n’était pas une surprise. « La réponse des membres de la commission de financement du ministère était attendue et avait été pré-écrite par la ministre [de la Culture et des Sports] [Miri] Regev dès 2015 », a-t-il dit.

L’enquête sur les finances et les oeuvres présentées par le théâtre avait commencé en 2015 après la production d’une pièce, « un temps parallèle », qui s’intéressait à une journée de la vie d’un prisonnier palestinien.

Le soldat de Tsahal Moshe Tamam, qui a été assassiné en 1984 (Crédit : capture d’écran YouTube)

Ce prisonnier palestinien avait pour modèle le terroriste Walid Daka, un ressortissant israélien arabe qui avait été condamné à la prison à vie pour avoir enlevé et assassiné le soldat israélien Moshe Tamam en 1984.

Cette production avait amené Regev à geler le financement d’état au groupe suite à des affirmations portant sur des sources de financement douteuses. Toutefois, le procureur-général avait par la suite rejeté cette décision, disant que cette initiative « venait limiter la liberté d’expression artistique ».

Le chef de la Liste arabe unie, le député Ayman Odeh, a accusé le ministère d’avoir pris pour cible le théâtre en raison de ses productions en langue arabe.

« Le ministère de l’anti-culture fait de son mieux pour nuire à la créativité arabe dans ce pays », a-t-il déclaré à la radio israélienne lundi.

Le ministère a rejeté les accusations de partialité, expliquant que sa commission de financement est « une commission statutaire qui agit sous les termes de la loi et qui est constituée de conseillers juridiques, de comptables et de professionnels », a fait savoir la radio israélienne.

« La commission a examiné les données du théâtre avec minutie, allant au-delà des termes de la loi pour permettre à ses administrateurs de soumettre des données supplémentaires au fur et à mesure et il s’est avéré que le théâtre ne répond pas aux conditions permettant de recevoir du soutien ».

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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