Morawiecki dénonce les propriétaires « cupides » de fonds spéculatifs juifs
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Morawiecki dénonce les propriétaires « cupides » de fonds spéculatifs juifs

Cet enregistrement de 2013 dans un restaurant de Varsovie n'est que l'un d'une série qui aura renforcé la popularité du parti du Droit et de la Justice du Premier ministre

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki lors d'une conférence de presse avec le Chancelier allemand le 16 février 2018 à la Chancellerie de Berlin. (Crédit : AFP Photo/John MacDougall)
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki lors d'une conférence de presse avec le Chancelier allemand le 16 février 2018 à la Chancellerie de Berlin. (Crédit : AFP Photo/John MacDougall)

Le Premier ministre polonais a tenu des propos antisémites dans des enregistrements secrets datant de 2013, avant son ascension au pouvoir.

Ces enregistrements de Mateusz Morawiecki – qui se plaint à des amis des « Américains, Juifs, Allemands, Anglais et Suisses » riches et « cupides » à la tête des fonds spéculatifs – ont été diffusés mardi par le site d’information Onet.

Ces propos, apparus dans un contexte de scandale de corruption, sont révélés dans un enregistrement de trois heures de Morawiecki, qui était alors un important banquier, alors qu’il parle de politique et de finances dans un restaurant chic de Varsovie.

Cette conversation fait partie d’une série d’enregistrements qui avaient nui à la popularité du gouvernement d’alors, dirigé par la Plateforme civique, lorsqu’elle avait été remplacée par le parti du Droit et de la Justice de Morawiecki.

Dans une autre séquence, le ministre de l’Intérieur de l’époque Bartlomiej Sienkiewicz semble demander au chef de la banque centrale du pays de dynamiser l’économie de manière à aider le gouvernement à être réélu. Sous les termes de la loi polonaise, la banque centrale doit conserver son indépendance face à la politique.

Mais dorénavant, le contenu de l’enregistrement de Morawiecki va venir le hanter alors qu’il se prépare pour un voyage aux Etats-Unis sur l’une des questions les plus sensibles de la politique étrangères de son gouvernement – la relation avec les Juifs et Israël.

Au mois de février, Morawiecki, qui n’a pas d’antécédents de déclarations publiques sur les Juifs, avait été critiqué pour avoir parlé de collaborateurs juifs des nazis pendant la Shoah en faisant l’équivalence avec les agissements des Polonais qui avaient aidé les nazis à tuer des Juifs.

Cette déclaration, que le Premier ministre israélien, au cours d’une rare réprimande, avait qualifié de « scandaleuse », avait voulu défendre une loi adoptée au mois de janvier qui avait été à l’origine de la pire crise dans les relations entre la Pologne et Israël et qui a également nui aux relations entretenues par la nation européenne avec les Etats-Unis. Cette loi criminalisait l’incrimination de la nation polonaise dans les crimes nazis.

Le texte, qui a finalement été amendé pour tenter de mettre un terme à la crise, avait été fustigée, considérée comme préjudiciable aux recherches sur la Shoah et comme une tentative de blanchir les agissements de nombreux Polonais qui avaient aidé les nazis à tuer des Juifs.

En Pologne, des milliers de personnes ont risqué leur vie pour sauver des Juifs, avec 6 863 d’entre eux reconnus par Israël – un chiffre plus élevé que toute autre nation. Les nazis ont assassiné trois millions de Juifs polonais et trois millions encore de Polonais non-Juifs.

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