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Mort de Raphael Mechoulam, le « père de la recherche sur le cannabis » en Israël

Le scientifique a mené des recherches pionnières sur le cannabis, dont les résultats ont permis à cette substance de passer de la contre-culture au courant dominant

Le professeur Raphael Mechoulam dans son laboratoire du campus Ein Kerem de l’Université hébraïque, le 1er septembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Le professeur Raphael Mechoulam dans son laboratoire du campus Ein Kerem de l’Université hébraïque, le 1er septembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

JTA — Au début des années 1960, un scientifique d’origine bulgare nommé Raphael Mechoulam est surpris avec cinq kilogrammes de ce qu’il qualifie « de magnifique haschisch libanais de contrebande » dans un bus qui relie Tel Aviv à Rehovot.

Mais ce n’est pas pour le fumer.

Mechoulam est alors un jeune chercheur curieux d’étudier scientifiquement le cannabis, plante stigmatisée s’il en est dont les propriétés médicales sont encore méconnues.

Au fil des décennies, il devient un pionnier de la recherche sur le cannabis et ses découvertes en la matière contribuent à sortir cette plante de la contre-culture.

Mechoulam est mort en Israël à l’âge de 92 ans.

La nouvelle a été annoncée vendredi par les Amis américains de l’Université hébraïque, où Mechoulam a contribué à la création du Centre interdisciplinaire de recherche sur les cannabinoïdes de l’Université hébraïque en 2017.

« L’essentiel des connaissances scientifiques que nous avons sur le cannabis nous viennent du professeur Mechoulam », affirme le président de l’Université hébraïque, Asher Cohen, dans un communiqué.

« Il a ouvert la voie à des études pionnières et développé la coopération scientifique entre chercheurs du monde entier. Mechoulam était un pionnier, vif d’esprit et charismatique. »

En sa qualité de professeur à l’École de pharmacie de l’Université hébraïque, Mechoulam et son équipe de chercheurs isolent le THC, composant psychoactif du cannabis, ainsi que le cannabidiol, ou CBD, ingrédient actif du cannabis aux bienfaits médicinaux.

Il est également pionnier dans l’étude du système cannabinoïde du corps, qui produit des produits chimiques similaires au THC pour aider à réguler l’appétit, gérer la douleur et assurer le fonctionnement du système immunitaire.

À mesure que Mechoulam fait des découvertes sur le cannabis et son efficacité pour soulager les symptômes des cancers, de l’épilepsie et d’autres maladies, il déplore que les réglementations strictes, aux Etats-Unis ou ailleurs, entravent la recherche et privent les patients des bienfaits des dérivés du cannabis.

L’industrie et le cannabis médical « doivent s’adapter aux nouveaux modes de pensée et de développement médical, vers plus de modernité », déclarait-il au New York Times en 2017.

« Israël fait davantage [d’essais cliniques] que les États-Unis en ce moment, ce qui est ridicule. »

Mechoulam est cofondateur de l’International Association for Cannabinoid Medicines et de l’International Cannabinoid Research Society.

En 1994, il est élu membre de l’Académie israélienne des sciences et sciences humaines.

Né en Bulgarie en 1930, Mechoulam a immigré en Israël en 1949, avec toute sa famille. C’est là qu’il étudie la chimie et obtient son doctorat à l’Institut Weizmann de Rehovot, avec une thèse sur la chimie des stéroïdes.

Après des études postdoctorales à l’Institut Rockefeller de New York, il rejoint le personnel scientifique de l’Institut Weizmann.

Mechoulam devient professeur titulaire à l’Université hébraïque en 1972 et est distingué par le prix Lionel Jacobson de chimie médicinale en 1975. Il devient recteur de l’université entre 1979 et 1982.

En 2022, à New York, l’Institut YIVO pour la recherche juive lui consacre une exposition pour mettre en avant la contribution de la pensée juive à l’histoire du cannabis et son travail personnel.

« Il a consacré sa vie entière à l’étude du cannabis. Dans les années 1990, avec ses collègues, il a découvert le système endocannabinoïde, qui régule l’homéostasie. C’est une découverte importante sur la façon dont le corps humain traite les cannabinoïdes », expliquait à la JTA Eddy Portnoy, organisateur de l’exposition.

« J’ai lu une interview de lui dans laquelle il disait que, parce qu’il vivait dans un petit pays, il avait dû trouver un créneau sur lequel les autres ne travaillaient pas. »

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