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Nancy rend hommage à sœur Martine, Juste parmi les Nations

À titre posthume, sœur Martine, née Marie Schmitt, a reçu la médaille de Juste parmi les Nations pour avoir sauvé deux femmes et trois enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

Vue sur la Gare de Nancy. (Crédit : Domaine public)
Vue sur la Gare de Nancy. (Crédit : Domaine public)

Ce lundi 9 février, l’hôtel de ville de Nancy a été le théâtre d’une cérémonie chargée d’émotion pour rendre hommage à sœur Martine, née Marie Schmitt, à titre posthume. La religieuse a reçu la médaille de Juste parmi les Nations pour avoir sauvé deux femmes et trois enfants d’une même famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale.

La médaille et le diplôme ont été remis au petit-neveu de sœur Martine, en présence de l’un des enfants sauvés, Francis Ledermann, aujourd’hui âgé de 94 ans. En novembre 1943, lui et sa famille, sa mère Simone, sa tante Odette et ses cousines Lise et Michèle, avaient été accueillis par sœur Martine à Mosnac, en Charente, après avoir fui Thionville. La congrégation de la religieuse venait alors de quitter Grosbliederstroff.

« Elle nous a cachés pendant deux mois », raconte Francis Ledermann à ICI Lorraine . « Elle connaissait les gendarmes du village, mais on ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Elle protégeait des personnes qu’il valait mieux ne pas avoir sous son toit ! »

À ses côtés, Claude Schmitt, 90 ans et petit-neveu de sœur Martine, a partagé ce moment avec émotion. « Dans ma famille, on parlait très peu de tout ça », confie-t-il. « Mais dès que j’entendais quelque chose, j’écoutais attentivement. C’était un personnage qui m’a profondément marqué. »

La médaille de Juste parmi les Nations, la plus haute distinction civile décernée par Yad Vashem, honore les personnes non juives ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant l’Occupation. « Le maître-mot, c’est l’humanité », souligne Nicolas Laugel, délégué régional Est de Yad Vashem. « Ces gestes sont un exemple pour nous tous. Il est essentiel de les reconnaître. »

Le nom de sœur Martine sera gravé sur le mur des Justes à Paris et à Jérusalem, témoignant de son courage et de sa générosité, plus de soixante-dix ans après ses actes héroïques.

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