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Nasrallah : la prochaine guerre avec Israël pourrait avoir lieu en territoire israélien

Le chef du Hezbollah affirme que ses terroristes et ses roquettes peuvent atteindre « toutes les positions à travers l’entité sioniste »

Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, menace de frapper le réacteur nucléaire Dimona d'Israël dans le sud du pays lors d'un discours télévisé le 16 février 2017 (Crédit : Capture d'écran / YouTube)
Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, menace de frapper le réacteur nucléaire Dimona d'Israël dans le sud du pays lors d'un discours télévisé le 16 février 2017 (Crédit : Capture d'écran / YouTube)

Hassan Nasrallah, le chef du groupe terroriste libanais Hezbollah, qui agit aussi au nom du pouvoir iranien, a déclaré jeudi que toute future guerre possible contre Israël pourrait être menée sur le territoire israélien.

Dans un discours télévisé dans lequel il a également évoqué la participation du groupe à la guerre civile syrienne, Nasrallah a déclaré qu’Israël était « effrayé et inquiet de [l’éventualité de] toute confrontation future … et sait que cela pourrait arriver dans les territoires palestiniens occupés », selon une traduction fournie par Reuters.

Nasrallah a fait ses déclarations à la date qui marquait la première année de l’assassinat du commandant militaire Hezbollah Mustafa Badreddine en Syrie, dans le cadre d’une frappe attribuée à Israël. Le chef d’état major israélien, Gadi Eizenkot, a déclaré plus tôt cette année que Badreddine avait été tué par l’un de ses propres hommes.

Badreddine a été tué le 10 mai 2016 dans une mystérieuse explosion près de l’aéroport de Damas peu de temps après une rencontre avec ses commandants, selon les médias libanais. Badreddine avait hérité de la direction des opérations terroristes du Hezbollah d’Imad Mughniyeh, qui aurait été assassiné par Israël en 2008. Il était également le cousin de Badreddine. La soeur de Badreddine, Saada, aurait été mariée à Mughniyeh.

Les membres du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah portent un portrait de Mustafa Badreddine, un haut commandant du Hezbollah qui a été tué dans une attaque en Syrie, lors de ses funérailles dans le quartier Ghobeiry du sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (Crédit : AFP / ANWAR AMRO)
Les membres du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah portent un portrait de Mustafa Badreddine, un haut commandant du Hezbollah qui a été tué dans une attaque en Syrie, lors de ses funérailles dans le quartier Ghobeiry du sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (Crédit : AFP / ANWAR AMRO)

Dans son discours de jeudi, Nasrallah a déclaré que « les soldats et les roquettes du Hezbollah peuvent atteindre toutes les positions à travers l’entité sioniste pendant toute guerre à venir », selon le site d’information du Hezbollah, Al-Manar.

Il a critiqué les efforts d’Israël pour renforcer la zone frontalière, un projet qui a débuté depuis un certain temps. En 2012, un mur de sept mètres qui séparait Israël du Liban près de la ville frontalière de Metulla a été complété. Le mur de 1 200 mètres de long est équipé de caméras sophistiquées et d’équipements sensoriels visant à prévenir les infiltrations. La deuxième guerre du Liban en 2006 a commencé par une attaque transfrontalière menée par le Hezbollah. L’année dernière, Israël a construit un mur en béton près du Kibbutz Misgav Am dans le nord.

Nasrallah a affirmé que cela était une reconnaissance de la défaite d’Israël.

« Ce mur à la frontière est une reconnaissance de la victoire massive du Liban et de la défaite d’Israël. C’est une défaite des plans et des ambitions d’Israël et une reconnaissance de la chute du projet du Grand Israël qui voulait établir un état du Nil vers l’Euphrate », a expliqué Nasarallah, des propos qui ont été repris par Naharnet.

Un nouveau mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, à l'ombre d'une position de l'ONU, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Un nouveau mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, à l’ombre d’une position de l’ONU, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

« Quand Israël se cache derrière les hauts murs, cela signifie qu’il est ‘plus faible que la toile d’une araignée’ », a-t-il poursuivi, en répétant une phrase qu’il utilise souvent dans ses discours anti-israéliens.

Il a également exhorté le peuple libanais à ne pas avoir peur, affirmant que « parler d’une guerre israélienne contre le Liban et de la résistance qui dure depuis des mois fait partie de la guerre psychologique habituelle et les gens ne devraient pas la craindre », a-t-il rassuré.

« J’appelle le peuple libanais et tous ceux qui vivent au Liban à vivre leur vie normale dans la mesure où Israël lance des menaces depuis 12 ans. Faites confiance à Dieu qui vous a donné plusieurs victoires et faites confiance à votre équation en or : l’armée-l’équité-la résistance des gens », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la frontière à l’est du Liban, Nasrallah a déclaré que le groupe se retirait des positions le long de la frontière avec la Syrie après l’avoir sécurisé.

« La mission est accomplie », a-t-il annoncé.

Le groupe a envoyé des milliers de ses partisans en Syrie pour renforcer l’armée du président Bashar el-Assad qui est aux prises avec une guerre civile en Syrie et qui continue à se livrer des batailles dans de nombreuses régions du pays déchiré par la guerre. Ses combattants ont également mené des combats contre des combattants sunnites le long de la frontière nord-est avec la Syrie.

Nasrallah a déclaré que le groupe maintiendrait une présence pour assurer sécurité le long de la frontière avec la Syrie pour se protéger contre toute nouvelle infiltration des combattants.

Le mois dernier, un officier du Hezbollah a emmené des journalistes libanais le long de la frontière libanaise avec Israël, pour montrer et détailler les nouvelles défenses de l’État juif. Il a affirmé qu’Israël avait changé pour la première fois de son histoire sa doctrine pour adopter une doctrine « défensive ».

L'officier du Hezbollah faisant une visite sur le terrain pour les journalistes libanais à la frontière avec Israël le 20 avril 2017. (Crédit : Capture d'écranLBC)
L’officier du Hezbollah faisant une visite sur le terrain pour les journalistes libanais à la frontière avec Israël le 20 avril 2017. (Crédit : Capture d’écranLBC)

Le but de cette présentation était de montrer qu’Israël craignait un nouveau conflit, tout en montrant que le Hezbollah était prêt pour la guerre en dépit du fait qu’il avait engagé des milliers de combattants pour renforcer l’armée d’Assad.

L’officier du Hezbollah, entouré d’un groupe de journalistes, a concentré son discours sur « la réalité géographique et la propagation de l’ennemi sioniste, et les mesures défensives prises par l’ennemi ».

« Pendant l’année écoulée, l’ennemi a commencé à construire des fortifications, des obstacles et des moyens de défense étendus pour empêcher les gens de rentrer sur son territoire », a-t-il déclaré.

Le Hezbollah a également montré une partie de ses armes, invitant les photographes à prendre des photos de leurs hommes armés.

Certains analystes estiment qu’il serait difficile au Hezbollah de combattre sur deux fronts, la Syrie et Israël, mais d’autres notent que les combattants du groupe ont également acquis de l’expérience pendant les années de combat dans le conflit syrien.

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