Netanyahu a parlé avec Trump du retrait de Syrie et de l’“agression iranienne”
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Netanyahu a parlé avec Trump du retrait de Syrie et de l’“agression iranienne”

Le communiqué du Premier ministre donne peu de détails sur leurs entretiens, qui ont eu lieu au lendemain de l'annonce surprise du président

Le président américain Donald Trump (à gauche) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Musée d'Israël à Jérusalem, le 23 mai 2017. (Mandel Ngan/AFP/Getty Images via JTA)
Le président américain Donald Trump (à gauche) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Musée d'Israël à Jérusalem, le 23 mai 2017. (Mandel Ngan/AFP/Getty Images via JTA)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu jeudi au téléphone avec le président américain Donald Trump au sujet du retrait militaire américain de la Syrie, dans un climat de crainte que le retrait de ce pays déchiré par la guerre ne permette à l’Iran de se retrancher davantage.

Les deux dirigeants ont discuté des « moyens de poursuivre la coopération entre Israël et les Etats-Unis contre l’agression iranienne », selon un communiqué du bureau de Netanyahu. Aucun autre détail n’a été fourni.

Plus tôt jeudi, Netanyahu a déclaré qu’Israël intensifierait ses activités en Syrie pour contrer l’influence de l’Iran et ses milices mandataires.

« Nous continuerons à agir avec détermination contre les efforts de l’Iran pour s’implanter en Syrie », a déclaré M. Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense israélien.

Ce mardi 7 mars 2017, une capture d’image vidéo montre une patrouille des forces américaines à la périphérie de la ville syrienne de Manbij, un lieu de tensions entre les troupes turques et les combattants syriens alliés et les combattants kurdes soutenus par les États-Unis, dans le village al-Asaliyah, province d’Alep, Syrie. (Crédit : Arab 24, via AP, File)

Mercredi, la Maison Blanche a surpris le monde – et ses propres responsables de la défense et de la politique étrangère – en déclarant que les Etats-Unis avaient rempli leur mission en Syrie, qui consistait à vaincre le groupe terroriste Etat islamique et qu’ils prévoyaient donc de retirer leurs troupes de ce pays. Les analystes de la défense et les responsables du monde entier ont largement rejeté l’affirmation selon laquelle l’EI avait été vaincu, citant les milliers de combattants du groupe terroriste qui opéraient encore en Syrie malgré ses pertes territoriales.

Le même soir, Netanyahu a publié une déclaration vidéo disant que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo lui avait assuré que les États-Unis continueraient à peser sur les événements en Syrie.

La Dixième chaîne d’information israélienne a rapporté que Netanyahu avait essayé en vain de persuader Trump de changer d’avis, et qu’il y avait une énorme « déception » à Jérusalem à propos du retrait, qui est considéré comme une victoire pour la Russie, l’Iran et le Hezbollah.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse à la Knesset à Jérusalem, le 19 décembre 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Le reportage télévisé décrivait la décision américaine comme « une gifle » pour Israël, notant que la présence américaine en Syrie était « la seule monnaie d’échange » dans les efforts d’Israël pour persuader la Russie d’empêcher l’Iran d’approfondir son implantation en Syrie.

En avril, deux responsables américains ont déclaré à l’Associated Press qu’un appel téléphonique à l’époque entre Trump et Netanyahu avait été tendu en raison des objections israéliennes contre le projet américain de quitter la Syrie dans les six mois à venir.

Bien que Trump a déjà dit dans le passé qu’il avait l’intention de retirer les troupes américaines de Syrie, l’annonce de mercredi a surpris de nombreux responsables du Département d’État et du ministère de la Défense.

De nombreux détails du plan de retrait des quelque 2 000 soldats américains de Syrie restent incertains, notamment le calendrier exact.

Des soldats israéliens montent la garde au poste frontière de Quneitra avec la Syrie, sur le plateau du Golan, le 27 septembre 2018. (Basel Awidat/Flash90)

Pour Israël, le retrait le laisse sans allié solide dans la lutte contre l’Iran en Syrie et ouvre potentiellement la porte à la République islamique pour créer un « axe routier » depuis l’Iran, via l’Irak et la Syrie, vers Ie Liban et la mer Méditerranée.

Jusqu’à présent, les troupes américaines étaient stationnées dans le nord-est de la Syrie, le long de la frontière irakienne, bloquant un tel corridor, par lequel l’Iran pourrait plus facilement acheminer ses armes et technologies avancées dans la région, notamment à son client libanais, l’armée terroriste du Hezbollah.

Israël s’est à plusieurs reprises juré d’empêcher l’Iran d’établir une présence permanente en Syrie et au Liban et a mené des centaines de frappes aériennes ces dernières années contre des forces soutenues par l’Iran et des tentatives de transfert clandestin d’armes avancées au Hezbollah.

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