Entretien entre Netanyahu et Trump sur le projet de retrait américain de Syrie
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Entretien entre Netanyahu et Trump sur le projet de retrait américain de Syrie

Les deux dirigeants ont évoqué les "récents développements" au Moyen-Orient après les affrontements à Gaza. Ils ont aussi convenu de poursuivre la coopération pour contrer l'Iran

Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 5 mars 2018 (AFP Photo / Mandel Ngan)
Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 5 mars 2018 (AFP Photo / Mandel Ngan)

Le président américain Donald Trump s’est entretenu aux premières heures de la matinée de mercredi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les deux hommes ont évoqué les « récents développements au Moyen-Orient » dans un contexte de craintes israéliennes sur le départ des États-Unis de Syrie.

Un communiqué laconique de la Maison Blanche n’a pas permis de clarifier les développements dont il était question ou ce qui a été dit. Aucun commentaire n’a encore filtré de la part du bureau de Netanyahu.

Mais le président Trump « a répété l’engagement des Etats-Unis envers la sécurité d’Israël », a dit le communiqué, qui a ajouté que « les deux leaders ont convenu de continuer leur étroite coordination pour contrer l’influence maligne de l’Iran et ses activités de déstabilisation ».

Cet entretien a eu lieu alors que l’Etat juif s’inquiète du désir de Trump de vouloir se retirer de Syrie, une initiative qui accorderait une plus grande liberté à l’Iran, qui cherche à établir une présence permanente dans le pays.

Trump a expliqué mardi qu’il voulait décider « très rapidement » d’un éventuel retrait des soldats américains de la Syrie ravagée par la guerre. Il a ajouté que la mission primaire des Etats-Unis avait été de vaincre l’Etat islamique et que « nous avons presque achevé cette tâche ».

Une décision de Trump portant sur un retrait de la Syrie viendrait contredire les positionnements adoptés par ses plus importants conseillers.

Lors d’une conférence de presse aux côtés des présidents des nations baltes, il avait été demandé à Trump s’il favorisait toujours l’idée du départ des soldats américains du territoire syrien.

« En ce qui concerne la Syrie, notre mission primaire était de se débarrasser de l’EIIL », avait répondu Trump, utilisant l’acronyme désignant l’Etat islamique. « Nous avons presque achevé cette tâche et nous prendrons très rapidement une décision en coordination avec les autres acteurs dans la zone sur ce que nous allons faire ».

La mission « est très coûteuse pour notre pays et elle aide sacrément davantage les autres pays qu’elle ne nous aide nous », avait ajouté Trump.

Cet appel téléphonique a également eu lieu alors que les tensions ne cessent de s’accroître le long de la frontière israélienne avec Gaza, où 16 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne lors d’affrontements, selon des chiffres du Hamas.

Un manifestant palestinien jette des pierres aux soldats israéliens durant une manifestation le long de la frontière avec Israël à l’est de Gaza City, le 31 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Vendredi, ce sont environ 30 000 Palestiniens qui ont participé à des affrontements le long de la frontière avec Gaza. Les émeutiers ont jeté des pierres et des grenades incendiaires sur les soldats israéliens de l’autre côté de la frontière, ont fait brûler des pneus et ont cherché à ouvrir des brèches et à endommager la barrière de sécurité, ouvrant le feu à une occasion sur les militaires israéliens.

L’armée israélienne a identifié samedi 10 des personnes mortes lors des affrontements comme appartenant à des groupes terroristes, notamment au Hamas. Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche ouvertement à détruire Israël, avait antérieurement reconnu que cinq des victimes faisaient partie de son organisation. Le Jihad islamique a revendiqué plus tard une 11ème victime.

L’ambassadeur palestinien aux Nations unies a immédiatement demandé au Conseil de sécurité une protection internationale immédiate mardi, clamant qu’Israël a adopté une « politique du tirer pour tuer » durant ce qu’il a qualifié de manifestation pacifique.

Riyad Mansour a ajouté que Ramallah soutenait avec force l’appel lancé par le secrétaire-général Antonio Guterres d’une enquête indépendante sur les morts.

L’envoyé palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, au Conseil de sécurité de l’ONU, 8 décembre 2017 (Crédit : Nations unies)

Il a accusé Israël d’avoir volontairement enfreint la loi internationale et de contrevenir « intentionnellement, largement et systématiquement » à son obligation légale de protéger les civils.

Les responsables israéliens ont généralement rejeté les critiques internationales de sa gestion des manifestants. Mardi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’Israël ne changerait pas ses politiques envers les émeutiers palestiniens le long de la frontière avec Gaza.

« Nous avons établi des règles du jeu claires et nous n’avons pas l’intention de les changer. Quiconque s’approche de la clôture met sa vie en péril et je recommanderai aux habitants de Gaza de diriger leurs efforts non pas vers des manifestations contre Israël mais en faveur du changement de régime au sein de la bande », a expliqué Liberman durant une tournée des communautés israélienne aux abords de l’enclave côtière.

« Je pense que [l’armée israélienne] a opéré de manière particulièrement bonne, conformément à ce qu’on attendait d’elle, et je n’ai aucun doute sur le fait que nous continuerons à agir de la même manière lors des jours à venir », a-t-il ajouté.

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