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Netanyahu accuse le New York Times de « diaboliser Israël depuis des décennies »

Le chef du Likud a déclaré que l'éditorial cherche "honteusement" à saper sa future coalition en mettant en garde contre les menaces qui pèseraient sur la démocratie israélienne

Le Premier ministre israélien désigné, Benjamin Netanyahu, lors d'une session pour élire le nouveau président de la Knesset, à Jérusalem le 13 décembre 2022. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)
Le Premier ministre israélien désigné, Benjamin Netanyahu, lors d'une session pour élire le nouveau président de la Knesset, à Jérusalem le 13 décembre 2022. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, a juré de continuer à ignorer « les conseils non fondés » du New York Times après que le journal a publié samedi un éditorial avertissant que son futur gouvernement représenterait un danger pour la démocratie israélienne.

L’article, intitulé « L’idéal de la démocratie dans un État juif est en danger », affirme que si Netanyahu a remporté les élections de manière « équitable », le pouvoir considérable qu’il offre à ses partenaires d’extrême-droite et ultra-orthodoxes constitue une menace réelle pour les valeurs démocratiques.

Sur Twitter, Netanyahu a accusé dimanche le NYT d’ « enterrer la Shoah depuis des années dans ses dernières pages et de diaboliser Israël depuis des décennies », et d’appeler maintenant « honteusement à saper le nouveau gouvernement élu d’Israël ».

« Le NYT continue à délégitimer la seule vraie démocratie du Moyen-Orient et le meilleur allié de l’Amérique dans la région. Pour ma part, je continuerai à ignorer ses conseils non fondés et à me concentrer sur la construction d’un pays plus fort et plus prospère, le renforcement des liens avec l’Amérique, l’expansion de la paix avec nos voisins et la garantie de l’avenir du seul et unique État juif », a écrit Netanyahu.

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Dans son éditorial de samedi, le conseil d’administration du New York Times a déclaré qu’il avait été un « fervent partisan d’Israël et d’une solution à deux États » et qu’il le resterait, mais que le nouveau gouvernement de Netanyahu était « une menace importante pour l’avenir d’Israël – sa direction, sa sécurité et l’idée même d’une patrie juive ».

Il a fait valoir que le nouveau gouvernement « marque une rupture qualitative et alarmante avec tous les autres gouvernements des 75 ans de l’Histoire d’Israël » et a rejeté l’affirmation selon laquelle la victoire électorale du bloc dirigé par Netanyahu (64-56 sièges) lui a donné un « large mandat pour faire des concessions en faveur des partis ultra-religieux et ultra-nationalistes ».

Affirmant que les positions du nouveau gouvernement « pourraient rendre militairement et politiquement impossible l’émergence d’une solution à deux États », le quotidien a appelé l’administration Biden à « faire tout ce qu’elle peut pour exprimer son soutien à une société régie par l’égalité des droits et l’État de droit en Israël ».

« Ce serait un acte d’amitié, conforme au lien profond qui unit les deux nations », lit-on dans le texte.

L’article met en garde les partenaires de Netanyahu, notamment le député d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir.

« Le nouveau cabinet que Netanyahu est en train de former comprend des partis d’extrême-droite radicaux qui ont appelé, entre autres, à l’expansion et à la légalisation des colonies d’une manière qui rendrait la création d’un État palestinien en Cisjordanie de fait impossible ; à la modification du statu quo sur le mont du Temple, une action qui risque de provoquer une nouvelle série de violences israélo-arabes ; et à l’affaiblissement de l’autorité de la Cour suprême israélienne, libérant ainsi la Knesset – le corps législatif israélien – pour qu’il fasse ce qu’il veut, avec peu de retenue judiciaire », avertit le journal.

Toutes ces mesures « sont troublantes », selon l’éditorial, « et les dirigeants américains devraient le dire ».

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, arrivant pour la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)

Le bloc de Netanyahu – composé de son parti, le Likud, de deux factions ultra-orthodoxes et de trois partis d’extrême-droite – a fait passer des lois controversées à la Knesset comme condition préalable politique à la finalisation du gouvernement de la ligne dure avant la date limite du 21 décembre pour déclarer une coalition.

La législation prévue par la nouvelle coalition comprend une clause dite « dérogatoire » de la Haute Cour de justice qui limitera le pouvoir judiciaire en permettant à la Knesset de légiférer à nouveau sur les lois invalidées par la Haute Cour.

Les membres de la nouvelle coalition ont promis d’adopter cette clause et de donner à la coalition au pouvoir le contrôle de la commission de sélection des juges.

La législation, demandée par les partis HaTzionout HaDatit et Yahadout HaTorah, ainsi que par de nombreux députés du Likud, permettrait probablement à la Knesset de légiférer à nouveau sur une telle loi ou de promulguer une loi conférant une immunité de contrôle judiciaire dès le départ.

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Les rivaux politiques de Netanyahu et d’éminentes personnalités juridiques ont dénoncé les changements judiciaires proposés – en particulier la clause dite « dérogatoire » – comme étant destructeurs du système démocratique israélien, laissant la majorité parlementaire sans frein à son pouvoir.

L’un des autres projets de loi en préparation élargira l’autorité du ministre de la Sécurité nationale, qui sera le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, sur les forces de police, et l’autre rendra plus difficile pour les députés rebelles de se détacher de leurs factions parlementaires sans sanction.

La probable coalition entrante souhaite que les projets de loi soient adoptés avant que le gouvernement ne prête serment, Netanyahu ayant jusqu’au 21 décembre pour former son gouvernement, et une semaine de plus pour faire approuver cette coalition par la Knesset.

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