Netanyahu affirme que la sortie des USA du Conseil des Droits de l’Homme est son idée
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Netanyahu affirme que la sortie des USA du Conseil des Droits de l’Homme est son idée

Dans un enregistrement qui a fuité, on entend le Premier minsitre dire au Likud qu'il a "soulevé la question" et appelé à la "délégitimation" de l'organe onusien

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du Likud à la Knesset, le 27 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du Likud à la Knesset, le 27 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré cette semaine que si l’administration Trump envisageait de se retirer du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à cause de « l’obsession » qu’ils manifestent à l’égard d’Israël, c’était son idée.

Des enregistrements du meeting du Likud de lundi ont fuité et ont été diffusés par la radio militaire jeudi matin. On y entend Netanyahu dire aux membres de son parti qu’il avait suggéré cette manœuvre diplomatique au président américain Donald Trump durant leur rencontre en février.

« Durant ma visite, j’ai soulevé la question, à savoir si les États-Unis devaient rester au Conseil des Droits de l’Homme », peut-on entendre de la bouche du Premier ministre.

La députée Anat Berko a remis en question cette idée, étant donné que les États-Unis prennent parti pour Israël au moment des votes. Netanyahu a rétorqué : « Non, c’est mieux de le quitter. Ces types d’organisations doivent être délégitimées. »

L'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley au Conseil de Sécurité de l'ONU, le 21 février 2017, à New York. (Crédit :AFP PHOTO / KENA BETANCUR)
L’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley au Conseil de Sécurité de l’ONU, le 21 février 2017, à New York. (Crédit :AFP PHOTO / KENA BETANCUR)

Le mois dernier, l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley a accusé le Conseil des Droits de l’Homme » de « doubles standards effarants » et « de résolutions scandaleusement partiales » contre Israël durant une conférence de presse juste après sa première réunion au Conseil de Sécurité.

Les propos d’un ancien responsable américain ont été relayés par Politico, affirmant qu’une « série de demandes » de la part du bureau du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson indiquait que Washington « s’interrogeait sur le bien-fondé de l’appartenance des États-Unis au Conseil des Droits de l’Homme.

Dans un discours délivré mercredi devant l’organe genevois, la représentante américaine au Conseil, Erin Barcaly, a appelé les 47 membres à mettre fin à « leur obsession au sujet d’Israël ».

Barclay, l’assistante adjointe au Secrétaire d’État pour les Affaires des organisations internationales, a évoqué les violences actuelles en Syrie et en Corée du Nord, et a signalé spécifiquement « l’attention constante, injuste et déséquilibrée » que porte le Conseil des Droits de l’Homme à Israël, et a ajouté que cela « troublait profondément » Washington.

« Aucun autre pays n’est au centre de l’attention d’une question à l’ordre du jour… Cette obsession au sujet d’Israël… est la plus grande menace pour la crédibilité du conseil », a déclaré Barclay, diplomate chevronnée. « Cela limite les choses que nous pouvons accomplir car le conseil est ridiculisé. Les États-Unis s’opposeront à toute tentative de délégitimer ou d’isoler Israël. »

Israël a longtemps accusé l’ONU d’agir selon deux poids deux mesures et les États-Unis ont toujours exercé leur veto aux résolutions du Conseil de Sécurité, car jugés unilatéralement anti-Israël. Cependant, en décembre, les États-Unis n’ont pas apposé leur veto à la résolution 2334 qui a qualifié les implantations en Cisjordanie d’illégales, ce qui a permis à la résolution de passer, suscitant ainsi la colère de Jérusalem.

Trump a fustigé l’ONU pour l’adoption de cette résolution anti-implantations et son administration a fait savoir qu’elle sera plus tolérante des implantations que ne l’a été l’administration d’Obama.

Mais lors du meeting de lundi, Netanyahu a affirmé que les deux dirigeants doivent encore conclure un accord sur la politique en Cisjordanie et a averti les députés du Likud « que les choses ne sont pas aussi simples que vous le pensez ».

Une réunion du Conseil des droits de l'Homme à Genève, en mai 2013 (Crédit : Nations unies/Jean-Marc Ferré)
Une réunion du Conseil des droits de l’Homme à Genève, en mai 2013 (Crédit : Nations unies/Jean-Marc Ferré)

Dans les enregistrements qui ont fuité, on entend Netanyahu décrire la présidence de Trump « comme une opportunité historique, mais [nous] devons être conscients des limites de cette opportunité ».

Trump a affirmé vouloir « voir un peu de retenue en ce qui concerne les implantations ».

Quelques jours avant la visite du Premier ministre aux États-Unis, Trump a déclaré au quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom qu’il ne pensait pas que l’expansion des implantations israéliennes soit « bonne pour la paix ».

Selon les médias israéliens, deux députés de la coalition ont bientôt l’intention de déposer un projet de loi qui étendrait la souveraineté d’Israël à l’implantation de Maalé Adumim, à proximité de Jérusalem.

Le projet de loi d’annexion sera déposé par le député Yoac Kisch ( Likud) et le député pro-implantation Bezalel Smotrich (Habayit Hayehudo) devant la Commission ministérielle pour la législation.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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