Netanyahu cherche une solution pour Amona, dont les habitants promettent de résister
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Netanyahu cherche une solution pour Amona, dont les habitants promettent de résister

Les dirigeants de l’avant-poste affirment qu’ils “bloqueront les bulldozers avec nos corps” ; Netanyahu appelle les ministres à agir avec responsabilité

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)
Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’il travaillait « contre la montre » pour trouver une solution pour l’avant-poste d’Amona, alors même que les habitants ont prévenu qu’ils bloqueraient l’évacuation imminente de leurs corps.

« Nous travaillons contre la montre pour trouver une solution responsable, qui est acceptable par tous », a déclaré Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dimanche, « et j’attends que tous les ministres et tous les députés la respectent. »

Son appel intervient alors qu’un habitant d’Amona lui a envoyé une lettre prévenant qu’ils bloqueraient physiquement une tentative d’évacuation.

« Dans le cas où une lourde machinerie arriverait pour nous retirer de la montagne, nous et nos enfants bloqueront les bulldozers avec nos corps », est-il écrit dans la lettre envoyée jeudi à Netanyahu et rendue publique samedi soir.

« Nous appelons tous nos partisans à rejoindre la lutte. »

Une rencontre entre Netanyahu et Naftali Bennett, qui dirige le parti HaBayit HaYehudi qui fait pression pour annuler le démantèlement, s’est terminée sans accord samedi soir. Une source interne à HaBayit HaYehudi a déclaré au Times of Israël qu’une réunion supplémentaire, qui devait prendre place dimanche, n’aurait pas lieu.

Vue d'une rue et des caravanes dans l'avant-poste juif d'Amona en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Vue d’une rue et des caravanes dans l’avant-poste juif d’Amona en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le procureur général, Avichai Mandelblit, avait proposé un compromis dans lequel les habitants d’Amona seraient temporairement déplacés vers trois terrains adjacents régis par la loi israélienne sur la propriété des absents, et vivraient là-bas le temps que leurs nouvelles maisons soient terminées dans une implantation du nord de la Cisjordanie.

Les habitants d’Amona ont cependant rejeté cette offre, écrivant dans leur lettre au Premier ministre qu’elle impliquerait un important gaspillage de fonds publics et les forcerait tout de même à quitter leurs maisons.

« Il est tout simplement absurde que l’Etat d’Israël soit prêt à dépenser cinquante millions de shekels pour déplacer les habitants d’Amona vers une colline voisine où ils ne pourraient rester que huit mois, après quoi le gouvernement dépensera encore plus d’argent pour les expulser à nouveau », ont-ils écrit.

Avicahi Baron, qui dirige la Campagne pour Amona, a déclaré dimanche matin à la radio publique israélienne que l’accord n’était qu’une tactique pour gagner du temps, et que les habitants s’y opposeraient avec la même force qu’à la destruction totale de l’implantation.

Nachum Schwartz, Israélien de 42 ans, installé dans l'avant-poste d'Amona, dans sa ferme, le 7 septembre 2016. (Crédit :AFP/Menahem Kahana)
Nachum Schwartz, Israélien de 42 ans, installé dans l’avant-poste d’Amona, dans sa ferme, le 7 septembre 2016. (Crédit :AFP/Menahem Kahana)

« Nous parlons de nous mettre dehors, de nous déraciner, a-t-il déclaré. Nous protesterons passivement avec nos corps à cet accord. Nous ne prévoyons pas d’utiliser la violence, mais oui, nous l’empêcherons avec nos corps. »

Actuellement, les forces de sécurité israéliennes se préparent à la possibilité de violents affrontements qui accompagneraient la démolition de l’avant-poste.

Lundi dernier, quelque 120 rabbins, qui s’associent au camp religieux national, ont appelé « tous ceux qui sont capables » de venir à Amona pour « protester vigoureusement à la destruction de l’implantation, par la résistance passive et sans violence. »

Cet appel a eu lieu un jour avant que des dizaines de jeunes israéliens brûlent des pneus et bloquent une importante route de Cisjordanie pour protester contre le démantèlement prévu.

Des policiers israéliens affrontent des habitants juifs sur une barricade en feu dans l'avant-poste non autorisé d'Amona, en Cisjordanie, le 1er janvier 2006. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)
Des policiers israéliens affrontent des habitants juifs sur une barricade en feu dans l’avant-poste non autorisé d’Amona, en Cisjordanie, le 1er janvier 2006. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)

En 2006, plus de 220 personnes avaient été blessées pendant des affrontements contre les forces de sécurité pendant la destruction de plusieurs maisons de l’avant-poste.

Pour éviter un scénario similaire, les forces israéliennes – soldats, garde-frontières, et policiers en uniforme et en civil – essaieront probablement d’éloigner autant de personnes que possible de la zone, qui sera déclarée « zone militaire fermée », dans les jours précédant la date limite du 25 décembre.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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