Netanyahu confirmé comme ministre de la Défense par la Knesset
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Netanyahu confirmé comme ministre de la Défense par la Knesset

L'opposition s'insurge après la nomination du Premier ministre à une majorité de 59 contre 56. Les ministres de HaBayit HaYehudi, qui voulaient s'abstenir, ont soutenu la motion

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle avec les soldats durant une visite à la base du commandement du nord à Safed, le 11 décembre 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle avec les soldats durant une visite à la base du commandement du nord à Safed, le 11 décembre 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Les membres de la Knesset ont voté lundi l’officialisation de la nomination du Premier ministre Benjamin Netanyhau au poste de ministre de la Défense permanent.

Ce vote a eu lieu un mois après que le Premier ministre a revendiqué cette fonction après la démission d’Avigdor Liberman, qui voulait par ce geste dénoncer la politique israélienne envers le groupe terroriste palestinien à Gaza.

Malgré les critiques entraînées par ses différentes casquettes ministérielles, Netanyahu avait à ce moment-là expliqué qu’Israël se trouvait au beau milieu d’une campagne militaire, ajoutant qu’il était le seul en mesure de mener le pays à bon port dans ces circonstances.

En plus d’être Premier ministre, Netanyahu est actuellement également chef du Likud, ministre des Affaires étrangères, de la Défense, de la Santé  et de l’Immigration.

Après le départ de Liberman, le 18 novembre, Netanyahu avait assumé cette fonction depuis en tant que remplaçant temporaire – un arrangement qui ne peut excéder trois mois.

Cette nomination permanente a été adoptée à la Knesset à une majorité de 59 voix contre 56.

Les ministres du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett et Ayelet Shaked, qui avaient fait savoir qu’ils s’abstiendraient, ont finalement soutenu Netanyahu.

Le mois dernier, Bennett avait demandé à être désigné ministre de la Défense, menaçant de quitter la coalition le cas échéant et de renverser le gouvernement. Il était revenu plus tard sur cet ultimatum.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle avec des soldats lors d’une visite à la base du commandement du nord à Tzfat, le 11 décembre 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Les députés de l’opposition ont âprement critiqué cette désignation.

« L’Etat d’Israël ne peut pas se permettre de le garder comme ministre de la Défense », s’est exclamé le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, qui a ajouté que Netanyahu s’est montré incapable de contenir une vague d’attentats terroristes commis lors de ses trente premiers jours en tant que chef de la Défense.

La cheffe de l’opposition Tzipi Livni a pour sa part qualifié « d’effrayante » cette nomination, disant que « la faiblesse politique » de Netanyahu – elle a alors évoqué les capitulations du Premier ministre devant les demandes émanant des habitants d’implantations comme du groupe terroriste du Hamas – « est tout, sauf un gage de sécurité ».

La semaine dernière, Netanyahu avait fait savoir à son cabinet qu’il ferait sa prestation de serment en tant que ministre de la Défense cette semaine en fonction d’un vote au Parlement, et qu’il prévoyait de désigner rapidement une personnalité qui lui succéderait aux postes de l’Immigration et de l’Intégration ainsi qu’au ministère des Affaires étrangères.

Netanyahu est ministre des Affaires étrangères depuis la formation de son gouvernement en 2015, une initiative qu’il avait initialement justifiée en affirmant qu’il conserverait la fonction pour le chef de l’Union sioniste d’opposition – dans une tentative visant à rattacher la formation au gouvernement.

Plusieurs membres de son propre parti avaient été furieux de ne pas avoir été désignés à la barre du ministère. D’éminentes personnalités du Likud, notamment Gilad Erdan et Israel Katz, avaient affirmé que le portefeuille leur avait été promis par Netanyahu.

Au mois d’avril 2016, le parti Yesh Atid avait déposé plainte devant la Haute-cour de justice, dénonçant le nombre de portefeuilles que Netanyahu s’était réservés à ce moment-là : La Santé, la Coopération régionale, les Communications et les Affaires étrangères en plus de sa fonction de Premier ministre.

Le tribunal avait statué à quatre avis contre un que le Premier ministre pouvait conserver toutes ses fonctions mais trois magistrats lui avaient donné huit mois pour réduire ses charges, disant qu’ils pourraient réexaminer la situation s’il ne le faisait pas, avait noté Haaretz.

Les juges avaient indiqué qu’il était difficile de croire que Netanyahu pourrait gérer l’ensemble de ces ministères avec efficacité et que cette situation n’était guère souhaitable dans une démocratie.

Le Premier ministre dirige la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 16 décembre 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Suite à la démission de Liberman en raison de la « capitulation devant le terrorisme » à Gaza, le chef du parti HaBayit HaYehudi, Bennett, avait initialement demandé à être nommé ministre de la Défense, sa formation faisant savoir qu’elle quitterait la coalition s’il n’accédait pas au poste. Bennett, qui est ministre de l’Education, avait finalement renoncé à son ultimatum.

Dimanche, Bennett et 7 autres ministres du gouvernement ont participé à un mouvement de protestation à Jérusalem qui a réclamé des réponses plus dures après une série d’attentats terroristes menés en Cisjordanie, indiquant que Netanyahu avait « promis un changement de politique, de restaurer la puissance israélienne » face aux ennemis de l’Etat juif, notant que « ce n’était manifestement pas encore arrivé ».

Il s’est ensuite querellé avec le Premier ministre lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, lui reprochant une recrudescence des attaques et une possible éruption de nouvelles violences graves et régulières dans la région.

Un autre coup a été porté à Netanyahu, plus tard dans la journée, lorsque la chaîne Hadashot a rendu public un sondage montrant qu’une majorité des Israéliens sont insatisfaits de son travail à la tête de l’establishment militaire du pays.

Selon l’enquête, seulement 7 % des sondés ont indiqué être « très contents » de Netanyahu au poste de ministre de la Défense, 26 % s’estimant « satisfaits ». 25 % se sont dits pour leur part « insatisfaits » et 33 % « très mécontents ».

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