Netanyahu dit avoir choisi son successeur, « mais je ne veux pas fixer de délai »
Le Premier ministre dit avoir abordé la question avec la personne concernée ; selon lui, le projet de migration volontaire vers Gaza est toujours d'actualité malgré les promesses du plan de Trump
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Dans une interview qui a été diffusée jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé avoir choisi la personne capable de lui succéder à la tête du gouvernement. Il a toutefois refusé de révéler son identité.
« Il existe une personne à laquelle je suis prêt à confier les rênes du pays. Je lui en ai parlé, mais je ne veux pas fixer de délai », a expliqué Netanyahu, qui n’a pas dévoilé le nom de cette personne, pendant le podcast « Dans le salon de Sharon » animé par Sharon Gal sur i24news.
Netanyahu a ainsi laissé entendre qu’il avait déjà choisi le député à qui il apportera son soutien pour le poste de Premier ministre. En effet, les Premiers ministres israéliens ne désignent pas officiellement leur propre successeur.
Netanyahu, qui est le dirigeant israélien ayant passé le plus de temps au pouvoir – il exerce de manière quasi ininterrompue depuis 2009 -, n’a jusqu’à présent donné aucun signe indiquant qu’il prévoyait de se retirer. Il semble d’ailleurs déjà en campagne, alors même que la date des élections, qui doivent avoir lieu avant le 27 octobre, n’a pas encore été officiellement fixée.
Sa gestion du pays devrait être un enjeu majeur de la campagne électorale. Beaucoup le considèrent en effet comme le principal responsable des échecs stratégiques qui avaient précédé le pogrom perpétré par le Hamas, le 7 octobre 2023. Ses adversaires l’accusent par ailleurs de mener une politique partisane, de corruption et de mettre à mal les institutions démocratiques israéliennes.
Netanyahu, dans l’interview qui a été diffusée jeudi, a également indiqué que les projets visant à encourager les Gazaouis à quitter l’enclave ravagée par la guerre, considérés comme moribonds, étaient en réalité toujours d’actualité.
« Je veux que le Hamas soit désarmé. Je veux permettre aux Gazaouis qui souhaitent vivre ailleurs de faire valoir ce droit », a affirmé Netanyahu.
Les responsables israéliens se sont à plusieurs reprises prononcés en faveur de la promotion de l’ »émigration volontaire » des Gazaouis, alors même que le plan de paix pour Gaza qui a été présenté en septembre par le président américain Donald Trump s’engage à « encourager la population à rester » et à « lui offrir la possibilité de reconstruire une meilleure Gaza ». Certains membres du gouvernement ont également promis de rétablir des implantations juives dans l’enclave palestinienne – un objectif jusqu’à présent désavoué par Netanyahu.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a annoncé en février 2025 la création d’une administration chargée de promouvoir l’émigration des Gazaouis.
Même si rien n’indique que cette administration ait pris des mesures concrètes, un reportage qui a été diffusé le mois dernier par la Treizième chaîne a révélé qu’Israël cherchait à relancer ces projets. Le nouveau conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu, Shmuel Ben Ezra, aurait d’ailleurs convoqué une réunion d’urgence sur la question de « l’encouragement à l’émigration volontaire » des Palestiniens de la bande de Gaza.
En outre, dans cette interview, Netanyahu a affirmé qu’il avait eu des difficultés à nommer des personnalités à des postes clé dans le domaine de la sécurité, invoquant un système à la « structure fermée », dominé par des responsables animés par une « pensée collectiviste ».
« Il ne faudrait nommer que des gens issus des rangs du système », a-t-il expliqué.
« Faire venir quelqu’un de l’extérieur s’est avéré être très difficile », a-t-il déclaré, rappelant qu’il avait dû se battre pour nommer le nouveau directeur du Mossad, Roman Gofman, malgré l’héroïsme dont celui-ci avait fait preuve lors du pogrom du 7 octobre 2023.
Au cours de ce massacre, Gofman, qui était alors commandant de la base d’entraînement de Tzeelim, s’était précipité vers la frontière avec Gaza. Il avait été grièvement blessé lors d’un échange de tirs avec des terroristes du Hamas au carrefour de Shaar Hanegev, à la périphérie de Sderot.
La procédure judiciaire tumultueuse qui a entouré la nomination de Gofman avait été déclenchée par une campagne d’influence controversée menée par l’armée israélienne en 2022, alors que Gofman était commandant de la 210e division régionale « Bashan » sur le plateau du Golan.
En tant que commandant, Gofman avait accepté de faire appel à Ori Elmakayes, un adolescent de 17 ans, dans le cadre d’une opération d’influence en langue arabe visant l’Iran, le Hezbollah et le Hamas – ce qui avait conduit à la détention prolongée de l’adolescent par les autorités de sécurité, après qu’il a été accusé d’avoir publié des informations classifiées.
Gofman a affirmé qu’il ne connaissait pas l’âge de l’adolescent, et qu’il avait ordonné que seules des informations non classifiées lui soient transmises pour être diffusées sur les réseaux sociaux.
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