Netanyahu et Gantz incapables de former une coalition
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Netanyahu et Gantz incapables de former une coalition

Après le décompte de plus de 90 % des voix, aucun ne semble parvenir à réunir la majorité absolue (61 députés) avec ses alliés naturels, plusieurs scénarios se dessinent

Montage de personnalités politiques israéliennes avant les élections du 17 septembre (Crédit : Flash90)
Montage de personnalités politiques israéliennes avant les élections du 17 septembre (Crédit : Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son principal rival, le dirigeant centriste Benny Gantz, sont à égalité selon les résultats presque définitifs publiés mercredi matin dans les médias israéliens.

Les deux seraient donc pour l’instant incapables de former avec leur seul parti ou alliés naturels un gouvernement selon les règles en cours en Israël.

Quelles sont les possibles étapes vers un nouveau gouvernement ?

Qu’est-ce qui ressort des urnes ?

Les résultats devraient être annoncés officiellement jeudi après-midi.

Mais après 92 % des bulletins dépouillés, le Likud, le parti de M. Netanyahu, et Kakhol lavan de Benny Gantz sont à égalité, avec chacun 32 sièges sur les 120 de la Knesset.

Aucun ne parvient à réunir la majorité absolue (61 députés) avec ses alliés naturels.

Chaque tête de liste va bientôt faire savoir au président israélien Reuven Rivlin ses recommandations en vue de former un gouvernement. Le chef de l’Etat confiera alors à l’un des candidats le soin de réunir une coalition.

Qu’est-ce qui bloque côté Netanyahu ?

Benjamin Netanyahu devrait naturellement s’allier avec les partis religieux qui devraient compter à présent neuf (Shas) et huit sièges (Yahadout Hatorah). A cela s’ajoutent les sept députés de Yamina, parti de droite radicale sous l’égide des anciens ministres Naftali Bennett et Ayelet Shaked. En tout : 56 sièges, pas assez pour rester Premier ministre.

Le chef du gouvernement devra s’en remettre principalement à un seul homme s’il veut garder son poste : Avigdor Liberman et son parti Yisrael Beytenu, ancien allié qui l’a fait échouer en refusant de s’allier avec lui après les élections d’avril dernier. Son parti est crédité de neuf sièges.

Mais nouvelle complication : Liberman a exprimé très clairement qu’il s’opposerait à la présence de partis religieux dans le gouvernement auquel il prendrait part.

En avril dernier, c’est sur cette exigence que les négociations en vue de former une coalition avaient achoppé.

Liberman est pour beaucoup considéré comme étant à l’origine du nouveau scrutin de mardi, ayant entravé les efforts livrés par Netanyahu pour établir un gouvernement suite au précédent vote qui avait été organisé au mois d’avril en raison de ses querelles avec les factions ultra-orthodoxes.

D’autres considèrent que ce sont les ultra-orthodoxes qui n’ont pas cédé à la loi sur le service militaire des étudiants de yeshiva. D’autres encore estiment que c’est Netanyahu qui n’a pas su laisser la main à un autre pour former une coalition.

Qu’est-ce qui bloque côté Gantz ?

Côté Gantz, l’alliance Kakhol lavan pourrait s’allier avec les partis de gauche – cinq sièges pour le Camp démocratique et six pour les travaillistes.

Auxquels viendraient hypothétiquement s’ajouter les 12 députés de la Liste arabe unie, la troisième force du Parlement. Eux ont indiqué qu’ils ne soutiendraient pas une coalition dirigée par M. Netanyahu mais ne sont pas sûrs de rejoindre encore une alliance avec Benny Gantz.

Les partis arabes n’ont jamais participé à un gouvernement, mais ont déjà apporté leur soutien à une coalition, au moment des accords de paix israélo-palestiniens d’Oslo.

Le chef d ela Liste arabe unie, Ayman Odeh, réagit à l’annonce des sondages de sortie des urnes des élections législatives, le 17 septembre 2019. (Crédit : Basel Awidat/FLASH90)

Ayman Odeh, dirigeant de la Liste arabe unie, a fait savoir qu’il pourrait envisager de proposer Benny Gantz pour former une coalition.

Même fort de ce soutien, Benny Gantz ne réunirait pas plus de 55 députés.

Il aurait alors lui aussi besoin de se tourner vers Avigdor Liberman, mais il semble impossible que celui-ci consente à une coalition avec des partis arabes et de gauche.

Vers un gouvernement d’union nationale ?

Avigdor Liberman a indiqué qu’il ne se joindrait qu’à une coalition d’union nationale. « Il n’y a qu’une option pour nous et c’est la formation d’un large gouvernement d’union nationale et libéral avec Yisrael Beytenu, le parti Bleu-blanc et le Likud », a-t-il ainsi résumé.

Mais qui prendrait alors la tête d’un tel gouvernement ? Benny Gantz a affirmé pendant la campagne qu’il ne siégerait pas avec Benjamin Netanyahu – sans pour autant écarter l’idée d’un gouvernement d’union.

Le président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a voté le 17 septembre 2019. (Crédit : autorisation d’Yisrael Beytenu)

Mercredi, le dirigeant de « Bleu blanc » a d’ailleurs expliqué : « Nous allons attendre les résultats définitifs (…) Nous allons attendre un jour, deux, et souhaiter à Israël un bon gouvernement d’union ».

Vers une troisième élection ?

Netanyahu pourrait à nouveau ressortir la carte des élections pour tenter de dégager une majorité qui lui soit favorable.

Mais le président Reuven Rivlin a souligné – à plusieurs reprises – le besoin de former un gouvernement « le plus rapidement possible » et l’impératif « d’éviter une troisième élection ».

Pour éviter cela, celui qu’il désignera aura 28 jours pour présenter un gouvernement.

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